Lyon Le plus grand collectionneur de Barbie en France est Lyonnais

Eric possède plus de 400 poupées Barbie et de nombreux accessoires. Ses préférées datent des années 1960-1970. Photo Richard MOUILLAUD
Eric possède plus de 400 poupées Barbie et de nombreux accessoires. Ses préférées datent des années 1960-1970. Photo Richard MOUILLAUD

À 56 ans, Eric est considéré comme le plus grand collectionneur de Barbie en France. Dans son appartement de Lyon, une pièce de 9 m² héberge ses 400 poupées, soigneusement installées derrière des vitrines. Suivez le guide.

« Je sais très vite si on veut m’inviter à un dîner de cons ou si ma passion intéresse. » Eric voit venir de loin les moqueurs. Un homme, de plus de 50 ans, qui collectionne les Barbie. Forcément, ça intrigue certains. « Non, je ne joue pas à la poupée, j’ai passé l’âge, insiste ce commercial, qui vit à Lyon. Après une journée stressante dans les chiffres, réparer une Barbie qui ne parle plus, me renseigner sur un modèle, ça me plaît. Et socialement, c’est intéressant. Je ne serais jamais allé en Allemagne ou en Belgique, sans les conventions. »

Ici, pas besoin de voyage. Dans son appartement décoré avec soin, une pièce de 9 m² dédiée à ses poupées nous emmène dans un autre monde, peuplé de plus de 400 Barbie. De la première avec son maillot de bain rayé de 1959 à la dernière Fashionistas, en passant par les plus insolites Chantal Goya, le Ken Johnny Hallyday ou encore des modèles parlants, chacune a son histoire.

Une référence en France

Son impressionnante collection a fait de lui une référence en France. Pas le plus grand en nombre. « Mais quand Mattel (le fabriquant allemand) a besoin de renseignements sur la France, c’est moi qu’ils appellent. » Eric a construit sa réputation à coups de conventions, de conférences, de littérature (lire par ailleurs) et de sérieux. La preuve avec cette dédicace personnalisée de Ruth et Elliot Handler, les créateurs de Barbie, accrochée au mur. Certaines pièces d’Eric ont même figuré au Musée des Arts décoratifs de Paris pour une exposition. « On aurait dit qu’ils venaient chercher des tableaux. »

Les débuts

Le point de départ ? Sa poupée pour garçons Big Jim (sorte d’ancêtre de Ken) avait besoin de compagnie. La Barbie des années 60 de sa tante Nicole passait par là, ils allaient bien ensemble. Une romance est née, si marquante que, plusieurs années plus tard, lorsqu’il retombe sur le modèle de sa tante au Musée de la poupée à Paris en 1995, Eric veut à tout prix retrouver cette Barbie. « J’en ai achetées qui lui ressemblaient mais je ne trouvais pas exactement celle-ci. Je me disais qu’une fois que je l’aurais, j’arrêterais. Mais, j’ai mis le doigt dans l’engrenage. » À 31 ans, sa collection commençait. Et ne s’est plus jamais arrêtée.

 Toutes ses Barbie sont rangées soigneusement dans des vitrines. Photo Richard MOUILLAUD
Toutes ses Barbie sont rangées soigneusement dans des vitrines. Photo Richard MOUILLAUD
La Barbie Ultra Chevelure de 1992, la plus vendue de l’histoire. Photo Richard MOUILLAUD
La Barbie Ultra Chevelure de 1992, la plus vendue de l’histoire. Photo Richard MOUILLAUD
La première Barbie. Elle date de 1959. Photo Richard MOUILLAUD
La première Barbie. Elle date de 1959. Photo Richard MOUILLAUD
Les derniers modèles, les Barbie Fashionistas. Photo Richard MOUILLAUD
Les derniers modèles, les Barbie Fashionistas. Photo Richard MOUILLAUD
 Toutes ses Barbie sont rangées soigneusement dans des vitrines. Photo Richard MOUILLAUD La Barbie Ultra Chevelure de 1992, la plus vendue de l’histoire. Photo Richard MOUILLAUD La première Barbie. Elle date de 1959. Photo Richard MOUILLAUD Les derniers modèles, les Barbie Fashionistas. Photo Richard MOUILLAUD

La traque

Pour dégotter ses modèles, Eric ne lésine pas sur les moyens. « C’est une traque de tous les instants », indique-t-il. En soirée, il parle de sa collection, en espérant qu’un des invités possède une Barbie spéciale, il passe au peigne fin les stands des Puces du canal, à Villeurbanne, écume les conventions aux quatre coins de l’Europe, sans oublier les petites annonces sur Internet. « Je recherche seulement des modèles en parfait état, comme s’ils étaient neufs. » Avec une attention très poussée sur les détails, les accessoires et bien sûr les habits.

Et question argent ? « Je ne fais pas de folie. Ma dernière acquisition, c’est cette Barbie de 1968, qui parle français, montre Eric, toujours à la recherche de bonnes affaires. Je l’ai achetée aux puces, à 30 €. Et celle-ci : un euro ! »

Pas si machiste la Barbie

Si Eric a craqué pour Barbie, c’est aussi pour les valeurs que la marque véhicule. Depuis ses débuts, la poupée n’a cessé d’évoluer : la première Barbie noire est apparue en 1968, la silhouette des poupées n’est plus la même, plus en rondeur aujourd’hui, il en existe des toutes petites, des chauves, des non-genrées… « Avant, les Barbie étaient dans leur robe de soirée, aujourd’hui, elles sont médecins ou pilotes d’avion, détaille le collectionneur. C’est le message de la marque : ne pas se fixer un plafond de rêve. Barbie veut montrer aux petites filles qu’elles peuvent être tout ce qu’elles veulent. »

En 2020, Mattel a créé une Barbie en l’honneur de la footballeuse de l’OL Amandine Henry pour incarner les femmes d‘exception à travers le monde. Il ne reste pas une petite place derrière les vitrines ?

Un succès français à Lyon

Eric est un véritable historien de Barbie. Il a même écrit le livre Barbie en France (Éditions Dolexpo), une enquête sur plusieurs années, qui regroupe des photos inédites et des témoignages de ceux qui ont fait l’histoire de la poupée de Mattel.

Dans son ouvrage, il s’est intéressé à l’arrivée de Barbie en Europe et surtout en France, qui a été le premier pays européen à l’importer. À Lyon aussi, quand, après le salon du jouet en 1963, un article de presse vante cette nouvelle poupée jusqu’alors pas si bien accueillie en France.

À croire donc que le succès a débuté ici, dans la capitale des Gones, avant de prendre, finalement, une ampleur nationale. Mattel a ensuite produit des mallettes Barbie dans la région, à Oyonnax (Ain) dans les années 1960, avant des poupées dans les années 1980. En sortiront notamment des modèles collectors, made in France.

H. Po.

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