Lyon Le fascinant polar historique de Gwenaël Bulteau

Gwenaël Bulteau, auteur de  La République des faibles, un passionnant premier roman historique.  Photo Progrès /D.R.
Gwenaël Bulteau, auteur de La République des faibles, un passionnant premier roman historique.  Photo Progrès /D.R.

Premier roman de Gwenaël Bulteau, La République des faibles , est un polar historique qui nous immerge dans le Lyon, dur et brutal, de la fin du XIX e. Passionnant !

Votre roman est issu d’une nouvelle récompensée par le festival lyonnais, Quais du Polar…

« Oui, j’ai participé à un concours de nouvelles organisé par Quais du Polar en 2017. C’est ce qui m’a permis de m’intéresser à la Belle Époque, mais aussi à la ville de Lyon, puisque je suis venu de Vendée, où je réside, pour recevoir mon prix. Lyon est une ville qui suscite énormément d’images, de résonances. Les canuts, la Croix-Rousse, Guignol, les « gones »…»

Pourquoi avoir choisi d’ancrer votre récit en 1 898 ?

« C’est une époque qui résonne avec la nôtre. On retrouve encore aujourd’hui de nombreuses lois encore en vigueur, nées lors de la Troisième République, comme la séparation de l’Église et de l’État. Je voulais aussi prendre le contre-pied de cette image un peu faussée de ce que l’on a nommé « la Belle Époque ». Les Brigades du Tigre ont concouru à cette vision. Je voulais faire quelque chose de plus noir. C’est une époque qui se caractérise aussi par son anti-germanisme, son antisémitisme. Une époque de tensions, ou le rapport à la mort n’était pas le même. La mort d’un enfant ne déclenchait pas toute une procédure judiciaire comme aujourd’hui. Ça faisait partie de la vie quotidienne. »

C’est aussi pour cela que vous avez situé le roman en pleine affaire Dreyfus ?

« Oui, il faut bien s’imaginer qu’à ce moment-là vous aviez des candidats aux élections qui se revendiquaient ouvertement antisémites. L’affaire Dreyfus a révélé combien l’antisémitisme était présent dans l’armée et dans toutes les institutions. »

Vous êtes-vous documenté sur cette période ?

« J’ai lu des historiens comme Jean-Baptiste Duroselle ou Dominique Kalifa qui ont écrit sur la Belle Époque. Je me suis appuyé sur leurs ouvrages pour connaître les faits historiques mais aussi l’ambiance d’alors. Pour ce qui concerne Lyon, je me suis basé sur des cartes d’époque. Des noms de rue ont pu changer, je ne voulais pas commettre d’impair ! Il fallait aussi que je tienne compte des modes de déplacement, se déplacer en voiture à cheval est beaucoup plus lent ! »

Vous mettez en scène les investigations de toute une brigade…

« Je voulais éviter le cadre classique avec un seul enquêteur, ou un couple de policiers. Avoir plusieurs policiers me permettait de multiplier les points de vue, les destins en jeu. »

La République des faibles , Gwenaël Bulteau, éditions La Manufacture de Livres, 368 p., 19, 90 €.

Propos recueillis par Nicolas BLONDEAU

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