Lyon Sophie Bazou : « On perd 4,2 millions d’euros sans la billetterie des Enfoirés »

Sophie Bazou : « La générosité des gens est toujours aussi présente, elle se transmet de génération en génération »  Photo DR /Joanne Azoubel
Sophie Bazou : « La générosité des gens est toujours aussi présente, elle se transmet de génération en génération »  Photo DR /Joanne Azoubel

Alors que le tournage s'est tenu à la Halle Tony-Garnier, la productrice du spectacle des Enfoirés au sein des Restos du cœur évoque l’importance de ce moment de partage ritualisé, qu’il n’était pas question de supprimer cette année.

La crise sanitaire actuelle a-t-elle failli remettre en question l’édition 2021 des enfoirés ?

Non. Le dernier CD/DVD est sorti en mars 2020, quinze jours avant le confinement. Très vite, on a commencé à envisager toutes les options. On a vite compris que l’année serait très compliquée. On a travaillé sur des possibilités différentes : avec ou sans public, avec un public en distanciation, ou même un enregistrement uniquement sur CD. Mais on savait qu’on ferait quelque chose. Parce que c’est fondamental pour les Restos.

Une année sans les Enfoirés, ce ne serait pas possible pour vous ?

Non, c’est bien trop important pour les Restos. D’un point de vue financier, bien évidemment. Mais pas uniquement. Au lancement de la campagne, le Premier ministre a dit que c’était « un rendez-vous national ». Si moi je le disais, ça paraîtrait pompeux, mais c’est quand même un peu ça, un moment de partage, à travers des artistes qui rassemblent tout le monde. Même si cette année, il manque le public, qui est un élément essentiel.

L’absence de public, c’est un challenge ?

Artistiquement oui, symboliquement oui. Et aussi financièrement : On va perdre 4,2 millions d’euros sans la billetterie des Enfoirés. Ça va être une année compliquée pour nous. Ça représente un tiers des revenus du spectacle des enfoirés.

Est-ce que le budget des restos du cœur est sanctuarisé, à long terme ?

Non, pas du tout. Chaque année, on repart de zéro, sur une feuille blanche. Mais la générosité des gens est toujours aussi présente, toujours aussi incroyable. C’est quelque chose qui se transmet de génération en génération. Récemment, on a fait une opération avec David Guetta, sur son concert du nouvel an, et on a eu beaucoup de petits dons, de la part de jeunes gens de son public. C’est très réconfortant.

Cette année de pandémie a-t-elle créé une plus forte fréquentation des Restos du cœur ?

C’est assez variable d’une région à l’autre. Pour les gens qui sont à la rue, c’est bien plus difficile encore cette année. Ce n’est pas aussi net sur les centres, mais ça reste une année particulière.

Quel est votre rôle au sein des Enfoirés, dans le spectacle et dans l’organisation ?

Dans le spectacle, aucun. Je ne chante pas ! Je suis une bénévole des Restos du cœur et je suis responsable du service Enfoirés. Les Restos du cœur sont producteurs de cet événement : on le gère, on l’organise. On négocie avec TF1, avec les salles, avec les collectivités locales…

Recueilli par T.M.

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