Lyon Après la double greffe bras épaules, des nouvelles du patient islandais

D’origine islandaise, Felix Gretarsson avait choisi de vivre à Lyon pour pouvoir y être opéré. C’est ici qu’il a rencontré celle qui est devenue sa femme.  Photo Progrès / D. R.
D’origine islandaise, Felix Gretarsson avait choisi de vivre à Lyon pour pouvoir y être opéré. C’est ici qu’il a rencontré celle qui est devenue sa femme. Photo Progrès / D. R.
Rien n’aurait pu dissuader Felix Gretarsson, amputé des deux bras à 26 ans, de tenter l’opération. C’est en 2011 que des médecins lyonnais ont donné leur accord pour celle-ci. Photo Progrès/DR
Rien n’aurait pu dissuader Felix Gretarsson, amputé des deux bras à 26 ans, de tenter l’opération. C’est en 2011 que des médecins lyonnais ont donné leur accord pour celle-ci. Photo Progrès/DR
D’origine islandaise, Felix Gretarsson avait choisi de vivre à Lyon pour pouvoir y être opéré. C’est ici qu’il a rencontré celle qui est devenue sa femme.  Photo Progrès / D. R. Rien n’aurait pu dissuader Felix Gretarsson, amputé des deux bras à 26 ans, de tenter l’opération. C’est en 2011 que des médecins lyonnais ont donné leur accord pour celle-ci. Photo Progrès/DR

«Moralement, il va très bien», annonce Sylwia, son épouse. Mercredi à Lyon, Felix Gretarsson, amputé des deux bras à l’âge 25 ans, a reçu une double greffe. Retour sur une semaine qui a vu une nouvelle prouesse de la part de médecins lyonnais.

 «Notre vie était en attente», souligne Sylwia en pensant aux cinq dernières années sur liste d’attente pour l’obtention d’une greffe. Photo Progrès /D. R.
«Notre vie était en attente», souligne Sylwia en pensant aux cinq dernières années sur liste d’attente pour l’obtention d’une greffe. Photo Progrès /D. R.
Felix et Sylwia. Photo Progrès/DR
Felix et Sylwia. Photo Progrès/DR

« 23 ans après son accident, mon mari, une personne extrêmement courageuse, vient de recevoir une greffe de bras et c’est une première mondiale en ce genre », a écrit Sylwia, vendredi, sur Facebook.

Tout s’est joué quelques jours avant. Felix Gretarsson a reçu un appel l’informant d’un donneur potentiel lundi soir. Manquait la confirmation d’un accord de la famille, obtenue le lendemain en fin de matinée. L’homme de 48 ans d’origine islandaise, a, alors, rejoint l’hôpital Edouard-Herriot mardi après-midi pour une batterie de tests, de prises de sang.

« Il est émerveillé par ses cicatrices »

« On a commencé à le préparer à partir de 5 h 30 mercredi. L’opération a débuté à 10 heures et s’est terminée vers minuit. J’ai eu quelques nouvelles vers 15 heures, puis vers la fin », raconte son épouse détentrice de bonnes nouvelles.

« Ca a l’air d’avancer assez rapidement. Felix a commencé à se réveiller jeudi. J’ai pu lui rendre une première visite le lendemain. Moralement, il va très bien. Physiquement, il est encore un peu « shooté » par les médicaments. Mais déjà, lorsque ses bras bougent au moment de faire les pansements, il dit ressentir des sensations au niveau des épaules », détaille celle qui connaît la force mentale de son mari.

« Avant même que je lui parle, j’avais reçu des photos de lui, tout sourire. Le moral est bon, même s’il y a beaucoup d’inconfort à ce stade. Le reste sera un long voyage mais il est content et émerveillé par ses cicatrices. Il s’attendait à quelque chose de moche. Il est épaté par le travail des médecins », raconte encore celle qui enseigne le yoga. Sans taire la peur, présente elle aussi : « Bien sûr qu’il a eu peur au moment d’y aller, mais sa détermination et sa persévérance sont sans faille. Il n’aurait pas renoncé ».

Beaucoup de gratitude envers les médecins

Cette prouesse chirurgicale réalisée par des équipes de plusieurs établissements hospitaliers, Felix Gretarsson en rêvait depuis des années. L’électricien islandais traversé par un courant de 11 000 volts en 1998, et qui s’était réveillé dans un hôpital, trois mois plus tard, les deux bras amputés, a tout fait pour la rendre possible.

Une étape essentielle a été sa rencontre avec le professeur Dubernard lors d’une conférence donnée en Islande par le spécialiste des greffes des mains , auteur lui-aussi d’une première mondiale. C’était en 2007. L’accord pour une opération date, lui, de 2011. Trois années plus tard, Felix Gretarsson a fait le choix de s’installer en France et à Lyon. La véritable attente aura duré cinq ans. Cinq ans émaillés de plusieurs faux espoirs.

« Il est arrivé qu’on nous informe d’un donneur potentiel, mais la famille ne donnait pas son accord. Une telle greffe est compliquée, encore plus que lorsqu’il s’agit d’un organe », précise Sylwia qui tient à saluer ceux qui ont opéré son mari. « Je ressens beaucoup de gratitude pour les médecins qui ont accepté de relever un tel challenge. Mon mari s’était tourné vers d’autres pays, mais personne n’était d’accord pour le tenter. Cette opération constitue un grand pas en avant dans le domaine de la médecine ».

Bricoler à nouveau

« Notre vie était en attente.  C’est le début d’un changement énorme. Je vois ça comme un bouleversement positif », livre encore la jeune femme. Le départ vers l’Islande, longtemps envisagé, n’aura cependant pas lieu. Felix Gretarsson a choisi Lyon pour pouvoir un jour bénéficier d’une opération. C’est ici qu’a eu lieu leur rencontre. « Cela fait sept ans que nous construisons notre vie ici. Il y aura aussi toujours des contrôles médicaux. Au moins les premières années, nous resterons », pense Sylwia

Sait-elle ce que voudra faire son mari en retrouvant l’usage de nouveaux bras ? L’enlacer déjà, sans doute ? « Certainement. Mais moi, je réponds qu’il bricolera. C’est un passionné de bricolage. Il adore les outils et n’arrête pas d’en accumuler. Jusqu’à présent, c’était moi qui les utilisais. Il me guidait. C’était mes mains et son cerveau ».

Dominique MENVIELLE

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