Rhône Une Lyonnaise au chevet des chimpanzés

« Sensibiliser le public à la cause des singes est important. Ils sont menacés de disparition par la déforestation et le braconnage », souligne la primatologue Amandine Renaud. Photo Wilfried. A. DESVEAUX
« Sensibiliser le public à la cause des singes est important. Ils sont menacés de disparition par la déforestation et le braconnage », souligne la primatologue Amandine Renaud. Photo Wilfried. A. DESVEAUX

La primatologue Amandine Renaud, fondatrice de l’association française P-WAC, mène un combat au profit de la biodiversité en République démocratique du Congo. Explications.

P-Wac - Project for Wildlife and Apes Conservation - est un projet de préservation des chimpanzés et de leur habitat naturel que sont les forêts tropicales. S’il est mené en République démocratique du Congo (RDC), une Lyonnaise en est à l’origine.

Amandine Renaud, 38 ans aujourd’hui, a grandi à Décines, avant d’étudier à Lyon, ainsi qu’en Angleterre. Son sujet de thèse passée à l’Université Lyon 2 portait déjà sur l’étude des relations humains/animaux sauvages dans un projet de conservation. De là à franchir des milliers de kilomètres et embrasser une vie très à part…

« Mes parents ont eu du mal à accepter mon choix. Jusqu’à ce qu’ils me rendent visite », confie Amandine. « C’est là qu’est ma place. À la beauté des villes, je préfère celle de la nature », souligne encore celle qui s’était rendue une première fois en Afrique à la découverte des chimpanzés à l’âge de 22 ans. Une expérience concluante.

Amandine Renaud qui s’imaginait vétérinaire, a opté pour primatologue. Ses premières missions bénévoles auprès des grands singes l’ont menée au Congo Brazzaville, puis en République démocratique du Congo où elle s’est installée en 2017.

 Amandine Renaud, une Lyonnaise doctorante en Anthropologie de la nature, en RDC. /Photo Wilfried. A.Desveaux
Amandine Renaud, une Lyonnaise doctorante en Anthropologie de la nature, en RDC. /Photo Wilfried. A.Desveaux

Un centre de sauvegarde

« Depuis, on a bien avancé. On a construit des structures et accueilli des orphelins. Il a fallu obtenir des autorisations pour s’installer et être reconnu juridiquement. Le chimpanzé est protégé. On n’a pas le droit d’en posséder. Il fallait devenir centre de soin et de réhabilitation. Maintenant, les autorités nous soutiennent », détaille la jeune femme. Qui reconnaît que rien n’est simple. Pas même de convaincre les populations locales que la déforestation qui favorise le réchauffement climatique, mais aussi les inondations, est néfaste.

Associer les communautés locales est pourtant essentiel. « La réussite du projet dépend de leur implication. On n’arrive pas comme ça en disant que l’on souhaite s’occuper des singes lorsque des gens n’ont pas suffisamment à manger. Il faut montrer la valeur économique que peut représenter la protection d’espèces menacées d’extinction. Montrer que des revenus peuvent être générés à travers des postes d’éco-gardes ou des activités comme la reforestation et le tourisme vert ». À son actif également, la création d’un Groupement de femmes rurales pour le reboisement.

Parrainée par le groupe Shaka Ponk

En attendant, Amandine Renaud consacre toute son énergie à recueillir des singes victimes de braconnage et capturés pour être vendus, à les soigner et les préparer au retour à la liberté. « Petite, j’ai toujours été intéressée par les animaux. D’après mes parents, j’aurais eu un déclic en regardant Gorilles dans la brume. Il paraît que je n’arrêtais pas d’en parler. Mais, je ne m’en souviens pas », confie encore la jeune femme.

À des milliers de kilomètres, ses soutiens lyonnais restent nombreux. L’action d’Amandine Renaud, lauréate du Prix Terre de femmes 2019 créé par la Fondation Yves Rocher est, en outre, parrainée par le groupe Shaka Ponk qui partage ses valeurs. Le groupe de rock compte, d’ailleurs, un membre virtuel : le singe Goz, lui aussi très concerné par le sort de ses cousins d’Afrique.

Dominique MENVIELLE

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?