Rhône Il entraîne Thomas Pesquet: Lionel Ferra, coach de haut vol, est lyonnais

Thomas Pesquet s’entraîne à diriger un bras articulé avec le simulateur.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Thomas Pesquet s’entraîne à diriger un bras articulé avec le simulateur.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Utilisation du bras robotique. Dans l'ISS. Lionel Ferra, entraineur de Thomas Pesquet.   Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Utilisation du bras robotique. Dans l'ISS. Lionel Ferra, entraineur de Thomas Pesquet. Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Lionel Ferra (à gauche), entraîneur de Thomas Pesquet.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Lionel Ferra (à gauche), entraîneur de Thomas Pesquet. Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Thomas Pesquet s’entraîne à diriger un bras articulé avec le simulateur.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa Utilisation du bras robotique. Dans l'ISS. Lionel Ferra, entraineur de Thomas Pesquet.   Photo Progrès /Dounia Ham Esa Lionel Ferra (à gauche), entraîneur de Thomas Pesquet.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa

Lionel Ferra n’entraîne pas des joueurs de football, mais c’est un entraîneur de haut vol. Il fait un drôle de métier. Mais pas si drôle finalement, puisqu’au bout de sa mission, il s’agit de ne pas dilapider dans l’espace des centaines de millions d’euros.

Petit, Lionel Ferra aimait bien construire des fusées de quelques centaines de grammes. À 44 ans, il s’applique pour ne pas abîmer des vaisseaux cargos de 20 tonnes. « J’entraîne Thomas Pesquet à manipuler l’immense bras qui permet aux vaisseaux de s’accrocher au bon endroit sur la station spatiale européenne » Voilà une partie de sa mission au sein de l’Agence spatiale européenne (ESA).

Devenir entraîneur à ce niveau nécessite de solides connaissances. Avant de sortir diplômé de Supélec, à Paris, Lionel Ferra a passé son Bac au lycée Saint-Exupéry (Lyon 4e) puis a continué en classe préparatoire à la Martinière Monplaisir (Lyon 8e ). Bien avant, il se contentait de jouer avec ses vaisseaux miniatures, à Caluire, commune où il est né. « J’ai toujours été attiré par l’aérospatiale, j’ai travaillé pour cela, j’ai frappé à des portes, et j’ai aussi eu de la chance », résume-t-il.

 Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic T. —   Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic T. —   Photo Progrès /Dounia Ham Esa
 Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic VR T. Pesquet  —   Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic VR T. Pesquet —   Photo Progrès /Dounia Ham Esa
 Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic VR T. Pesquet – Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic VR T. Pesquet – Photo Progrès /Dounia Ham Esa
 Dans l’ISS. Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Dans l’ISS. Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa
 Utilisation du bras robotique. Dans l’ISS. Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa
Utilisation du bras robotique. Dans l’ISS. Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa
 Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic T. —   Photo Progrès /Dounia Ham Esa  Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic VR T. Pesquet  —   Photo Progrès /Dounia Ham Esa  Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet. entraînement Robotic VR T. Pesquet – Photo Progrès /Dounia Ham Esa  Dans l’ISS. Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa  Utilisation du bras robotique. Dans l’ISS. Lionel Ferra, entraîneur de Thomas Pesquet.  Photo Progrès /Dounia Ham Esa

Un immense jeu de construction

« Manipuler le bras, c’est aussi compliqué que de faire voler un vaisseau », assure Lionel Ferra. Cette tige articulée, très fine, mesure 17 mètres, et est fabriquée au Canada. On peut la comparer à une immense pelleteuse, capable de soulever 25 tonnes.

25 tonnes pour quoi faire ? « Effectivement, dans l’espace, les objets ne pèsent rien, ils flottent, mais il y a toujours l’inertie qui doit être bien évidemment prise en compte », répond l’ingénieur.

Ce bras a servi à fabriquer la station spatiale internationale, « un immense jeu de construction qui a nécessité 50 vols ». « Le bras est accroché à la station et se saisit du vaisseau. » C’est ce qui permet au véhicule spatial, pourvoyeur en matériaux, de s’arrimer parfaitement sur la station mère. Il peut aussi servir à réparer des pièces, changer des batteries, ou déplacer une personne en sortie. Il s’agit donc d’emboîter 20 tonnes qui flottent dans l’espace. « Ce sont les dix derniers mètres d’un arrimage qui sont les plus compliqués , précise l’ingénieur. En une minute et demie, il faut se saisir du vaisseau. Aucune erreur n’est alors permise. À ce moment-là, il y a de quoi avoir les mains moites. »

Simulateur

Pendant plusieurs dizaines d’heures, Lionel Ferra a donc entraîné Thomas Pesquet à Cologne et à Houston. C’est à terre, sur des ordinateurs et avec deux joysticks que les astronautes apprennent à manipuler l’engin. « Des simulateurs permettent de restituer ce qu’on verrait dans l’espace » Les techniques d’entraînement en réalité virtuelle sont de plus en plus présentes, l’Europe est leader dans ce domaine émergeant, selon Lionel Ferra. Ces outils permettent aux voyageurs de connaître parfaitement les manœuvres à effectuer avant d’être envoyés en l’air. L’entraîneur, qui garde les pieds sur terre, se contente d’altitudes moins vertigineuses, mais plus herbeuses. « Mon autre passion, c’est la montagne », confie celui qui se ressource le plus souvent possible sur les sommets de Chartreuse. Ici, aussi, on peut voyager dans l’espace et dépasser quelques horizons.

Muriel FLORIN

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