Politique Grégory Doucet joue au Père Noël

Le maire de Lyon à l’hôtel de Ville. Photo archives Joël PHILIPPON
Le maire de Lyon à l’hôtel de Ville. Photo archives Joël PHILIPPON

Le maire de Lyon a décidé d’« octroyer » un jour de congé supplémentaire aux fonctionnaires municipaux. Sauf que c’est… illégal.

Cadeau ! La « journée du maire » est bien maintenue pour 2020. Ainsi en a décidé Grégory Doucet début novembre en « octroyant » (sic) un jour de congé « exceptionnel » aux quelque 8 500 fonctionnaires de la Ville. « Un maire qui distribue des journées, c’est la résurgence de l’ancien régime ! », avait brocardé Étienne Blanc, chef de file de la droite, lors du conseil municipal du 19 novembre dernier.

Ce fait du prince n’est pas nouveau, datant d’au moins le mandat de Raymond Barre (1995-2001). Les maires précédents décidaient toutefois d’octroyer un, deux voire trois jours « du maire », au printemps. C’est à l’approche de Noël que le nouveau premier magistrat écologiste, arrivé à la tête de l’Hôtel de Ville le 4 juillet, a finalement glissé ce jour de bonté dans les souliers des agents lyonnais. « Cette année a été fortement marquée par une mobilisation exceptionnelle des agents du service public sur les deux périodes de confinement » répond le service presse de la Ville de Lyon, pour justifier de cette félicité d’un coût de quelque 1,5 million d’€. Un repos totalement mérité abonde un syndicat, contacté, en raison de l’alourdissement de la charge de travail due au Covid.

Reculer pour mieux sauter ?

Ce n’est pas comme si la chambre régionale des Comptes, pointant un temps de travail inférieur à la durée légale à la ville de Lyon, s’échinait depuis trois rapports (2005- 2010- 2019), à demander à la municipalité de se « conformer » à la loi, « en supprimant la journée de congé du maire », « sans fondement », entre autres avantages temporels. Car cette « journée du maire » n’est, en effet, pas décomptée du quota des jours de vacances (1) auxquels ont droit les fonctionnaires municipaux.

Après les vaines promesses de Gérard Collomb durant trois mandats et la mansuétude d’une préfecture censée faire respecter la loi, « le nouvel exécutif a pris acte des remarques de la chambre régionale des Comptes et souhaite s’engager dans un processus de régularisation de la durée légale annuelle du travail  », temporise le service presse. « Dans ce contexte, la seule suppression de la journée du maire ne correspondait pas aux objectifs que s’est fixés à la Ville » ajoute-t-on, de même source. Sauf si mettre les syndicats dans de bonnes dispositions avant les grandes discussions, est une bonne stratégie…

(1) Contactée pour connaître le nombre de jours de congés et de RTT auxquels ont droit aujourd’hui les fonctionnaires municipaux, la Ville n’a pas répondu.

Sophie MAJOU

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