Lyon Cri d’alarme des étudiants sur leurs conditions d’études

Des amphithéâtres remplis moitié moins pour respecter la distanciation sociale. Quelques étudiants préfèrent rester assis en groupe. Photo Lou VINCENT
Des amphithéâtres remplis moitié moins pour respecter la distanciation sociale. Quelques étudiants préfèrent rester assis en groupe. Photo Lou VINCENT

Avec la Covid, la vie étudiante en prend un coup. Un manque cruel de lien social, un suivi des cours compliqué, et une inquiétude croissante pour leur avenir : les étudiants ne voient pas le bout du tunnel. Focus sur cette rentrée universitaire chamboulée.

« Ils ont divisé la promo en deux. J’ai cours une semaine sur deux en distanciel : c’est-à-dire que je regarde une vidéo de la classe en train de faire cours, mais moi je ne peux pas poser de questions. C’est comme si on regardait une vidéo YouTube », témoigne Laury, étudiante en troisième année de licence information-communication à Lyon II.

Le 6 octobre dernier, les universités placées en zone d’alerte renforcée et maximale ont eu 24 heures pour s’organiser et diviser par deux les étudiants présents sur les campus : un semblant d’explication pour un bilan chaotique. Étudiants comme professeurs souffrent du manque d’interaction.

« Beaucoup de professeurs ne savent pas comment s’y prendre : ils ne sont pas formés à ça et n’ont pas les outils nécessaires pour nous faire cours à distance », rappelle Erika, en troisième année de Science politique à Lyon II.

« Certains jouent le jeu et s’investissent vraiment », affirme Grégory en prépa CAPES, mais d’autres ont déjà « baissé les bras et nous envoient tous leurs cours en PDF », confient trois étudiants en master Relations Internationales à Lyon III.

Des lenteurs administratives et des incohérences d’emploi du temps

À cela s’ajoutent des problèmes d’emploi du temps qui perturbent le bon suivi des cours : « J’ai un cours en présentiel et 15 minutes plus tard un cours en distanciel sauf que je n’ai pas le temps de rentrer chez moi, donc je suis obligée de le suivre assise dans le couloir », affirme Laury, décontenancée.

Cette alternance entre présentiel/distanciel est un véritable « casse-tête » et beaucoup d’étudiants se retrouvent dans une situation anxiogène. « Rien est fixé administrativement j’ai l’impression. On est prévenu au dernier moment et c’est compliqué de s’organiser », livre Guillaume, en première année de master Archéologie à Lyon II.

 

Une place sépare ces étudiants en cours de Science politique à Lyon II.   Photo Lou VINCENT
Une place sépare ces étudiants en cours de Science politique à Lyon II.   Photo Lou VINCENT

Des relations sociales presque inexistantes

 

En classe, les mesures sanitaires et la distanciation sociale sont respectées. D’après les derniers chiffres, 121 étudiants de Lyon I et Lyon II ont été testés positifs depuis le 14 septembre.

Lyon III ne recense pour l’heure aucun cluster. Mais l’absence de lien social se fait cruellement ressentir : « Toute la journée on ne nous parle que de sanitaire mais jamais de social », déplore Laury. Le port du masque, les cours en distanciel, l’interdiction de se réunir : tout ceci renforce déjà l’isolement étudiant.

« Ils ont divisé ma promo en quatre : moi qui suis nouvelle à Lyon II c’est compliqué de faire des connaissances, je me sens de plus en plus seule », affirme Emma, en licence Science de l’éducation. Pour les travaux de groupe, les étudiants rusent un peu pour se voir : « Ils ont fermé les salles de groupe à la bibliothèque, donc on va se réunir dans un café, mais avec le couvre-feu qui s’ajoute cela devient compliqué, confie Alice en dernière année d’Économie-gestion.

La seule solution : les groupes Facebook, les discussions en ligne. Tout devient impersonnel ».

« Ce n’est pas la vie universitaire dont je rêvais »

« Je crains mon arrivée en master avec cette année chaotique : que va valoir mon diplôme ? », affirme Laury, soucieuse. L’inquiétude face à l’avenir se fait de plus en plus pesante chez les étudiants les plus fragiles.

« Moi je suis en colocation donc ça va je ne me sens pas seule : mais beaucoup ont déjà décroché », déplore Erika. « Ce n’est pas la vie universitaire dont je rêvais. On ne voit pas le bout du tunnel », rajoute Laury.

Un cri d’alarme de ces jeunes, qui pourtant seront les futurs travailleurs de demain.

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