Musique Woodkid revient et laisse plus de place aux mots

Woodkid sur la scène de Fourvière en 2013.  Photo d'archives Pierre AUGROS
Woodkid sur la scène de Fourvière en 2013.  Photo d'archives Pierre AUGROS

Après sept ans d’absence, le musicien lyonnais propose un nouvel album “S16” où le chanteur se fait « violence » et se « dévoile » comme lors « d’une longue nuit d’insomnie dans les bras de quelqu’un ».

« Je dis des choses avec ma musique que je n’arrive pas à dire aux autres », avoue Yoann Lemoine, alias Woodkid, artiste lyonnais, qui a notamment réalisé des clips pour Rihanna, Moby ou encore Lana del Rey.

C’est tout l’objet de S16. « Si mon premier album (Golden Age, 800 000 albums vendus, 200 concerts dans le monde, ndlr) était une espèce de blockbuster hollywoodien où je raconte la vie de manière plus fantasmée, avec S16 je parle de choses plus réalistes et concrètes », précise Woodkid.

Homophobie, identité, relation à l’addiction, le chanteur-réalisateur de 37 ans laisse « plus de place aux mots » dans S16 pour aborder des thèmes de manière « crue et sans filtre ».

 

 

“What have you done ?” ( “Qu’as-tu fait ?”) se demande-t-il dans le titre Shift. Répétée comme un mantra, d’une voix puissante, cette interpellation est accompagnée simplement au piano et d’instruments à cordes.

« Je l’ai écrite quelques semaines après les attentats de Paris de 2015 », confie le chanteur. Lorsqu’il apprend ce qu’il se passe à Paris, il était alors en tournage à Los Angeles. Après la peur, il se pose la question du « chemin à apprendre ».

C’est l’une des premières chansons qu’il écrit, « sûrement l’élément déclencheur » de son désir de revenir avec un nouvel album.

 

Si Shift est une ballade mélancolique, Goliath est rythmée par des percussions métalliques et des explosions de cuivres. Une atmosphère menaçante, à l’image du clip dévoilé au printemps et tourné il y a un an par Woodkid, où l’on voit des engins dévorant la terre à la recherche de charbon.

« J’ai décidé que c’était sous l’enveloppe sonore et visuelle que j’allais placer le degré de surréalisme et de fantaisie pour permettre plusieurs grilles de lecture », annonce le chanteur.

 

 

Infiniment grand et petit, univers industriels et éléments naturels, responsabilités collectives et individuelles, les lectures de S16 sont multiples. C’est aussi le lieu de l’émergence d’une conscience politique chez Woodkid. Chanter ce qu’il n’avait pu dire.

Dans Minus Sixty One, accompagné par le chœur d’enfants du Suginami Junior Chorus de Tokyo, il évoque une « déroute », d’un « monde au bord du gouffre » et d’une « humanité en tension ». S16 est conçu pour la scène, affirme-t-il.

Mais la situation sanitaire a déjà repoussé des dates de sa tournée, prévue pour passer par les Nuits de Fourvière l’an passé, laissant plus de temps au chanteur pour « peaufiner les visuels de sa scénographie ». Mais pour le live, il promet un orchestre encore plus important que pour Golden Age.

 

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