Rhône L'entreprise "Aéroports de Lyon" priée de revoir son plan de départs

L’aéroport Lyon Saint-Exupéry, qui appartient au groupe Vinci Airports, lors de la reprise des vols commerciaux en juin.  Photo Maxime JEGAT
L’aéroport Lyon Saint-Exupéry, qui appartient au groupe Vinci Airports, lors de la reprise des vols commerciaux en juin. Photo Maxime JEGAT

L’Inspection du travail a retoqué les départs sous forme individuelle et réclamé une rupture collective. Le tout dans un climat délétère lié aussi au fait que ceux qui restent ne retrouveront pas forcément leur emploi.

Alors qu’Aéroports de Lyon a signé un accord de performance collective (APC) avec les syndicats majoritaires CFE-CGC et CFDT-SNTA, le 17 juillet et que 40 départs volontaires étaient prévus dans les trois mois à venir sur quelque 420 salariés, l’Inspection du travail estimerait leur nombre trop élevé pour qu’ils fassent l’objet de ruptures conventionnelles individuelles, révèlait Médiacités, mercredi 14 octobre.

La Direccte (direction régionale des entreprises) demanderait donc à l’entreprise de négocier une rupture conventionnelle collective.

La direction d’Aéroports de Lyon nous confirme et considère, de son côté, que « pour des raisons de lisibilité, la Direccte a demandé de formaliser le dispositif de départs volontaires présent dans l’Accord de performance collective dans un accord séparé de Rupture conventionnelle collective ».

Des missions internalisées

Pas de loup, selon la direction, qui fait état de « discussions en cours avec les délégués syndicaux sur cet accord » et rappelle que « les objectifs de l’aéroport, traduits dans l’APC, restent inchangés : préserver l’emploi à travers l’internalisation de certaines missions et recourir à des départs volontaires ».

Et d’ajouter que « la mise en œuvre de ces évolutions fait l’objet d’un suivi régulier entre organisations syndicales et direction, notamment en vue d’assurer l’accompagnement adéquat des salariés concernés ».

« Nous ne retrouverons pas nos emplois ! »

Du côté des syndicats, on confirme, en revanche, qu’une alerte pour risques psycho-sociaux a été déclenchée. « Catastrophique ce qui se passe ! », confie au Progrès un syndiqué qui fait état d’« un profond malaise » : « Ceux qui restent ne retrouveront pas leurs emplois. Une bourse à l’emploi a été mise en place et une grande partie d’entre nous se retrouve à postuler sur des postes qu’Aéroports de Lyon sous-traitait.

Ainsi, tous les salariés ne trouveront pas de travail à taux plein. Certains même n’en trouveront pas du tout… Ils se sentent poussés vers la sortie. »

Rappelons qu’Aéroports de Lyon a été mis en activité partielle avec recours au chômage partiel en mars dernier dans le cadre de la crise sanitaire.

Le redémarrage des vols commerciaux date de juin.

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