Insolite Un Givordin cuisinier du consulat de France à Hong Kong

Franck Bessi, en novembre 2016, dans les cuisines de l’ambassade de France près le Vatican, à Rome. Photo Joël PHILIPPON
Franck Bessi, en novembre 2016, dans les cuisines de l’ambassade de France près le Vatican, à Rome. Photo Joël PHILIPPON

Franck Bessi vient de quitter les fourneaux de l’ambassade de France au Vatican à Rome. Une carrière que n’avait pas tout à fait prévue ce Givordin, « ancien » de l’école privée de Vernaison et du lycée Rabelais de Dardilly.

Au téléphone, il s’exclame : « Il faut savoir prendre le train quand il passe ! » Et en l’occurrence, ce sera plutôt l’avion : Franck Bessi est recruté comme cuisinier du consulat général de notre pays, à Hong Kong, après dix-huit années derrière les fourneaux de l’ambassade de France près le Saint-Siège, à Rome.

Ce natif de Givors commence son contrat ces jours-ci dans cette représentation diplomatique à l’intense activité administrative. Quelque 20 000 citoyens français - parmi lesquels de nombreux jeunes expatriés - travaillent dans la ville célèbre pour sa vaste baie donnant sur la mer de Chine. « Je suis hyper content ! », s’enthousiasme le presque quinquagénaire, qui ne s’attendait pas à officier un jour en Asie.

Il avait regardé un match de foot de l’équipe de France avec Macron

L’aventure avait débuté par sa rencontre avec une Italienne en région lyonnaise, il y a plus de 20 ans. « J’avais décidé de la rejoindre près de Rome. Au bout du compte, je suis resté en Italie. Hasard total, l’ambassade de France près le Saint-Siège recherchait un cuisinier. Je venais de m’immatriculer. Ils ont repéré mon métier et m’ont tout de suite contacté », raconte l’ex-élève du lycée François-Rabelais de Dardilly, spécialisé dans les métiers de bouche.

À la Villa Bonaparte - le nom de cette ambassade romaine - Franck Bessi aura vu défiler quelques grands de ce monde, du cardinal Ratzinger (pas encore devenu le pape Benoît XVI) au président de la République Emmanuel Macron et à son épouse, Brigitte, en 2018. « Ils m’avaient fait des compliments et on avait regardé ensemble un match de foot de l’équipe de France mais je ne tiens pas à me mettre en avant : les mondanités ne sont pas mon truc », souligne-t-il.

 La Villa Bonaparte abrite l’ambassade de France près le Saint-Siège, à Rome.   Photo Progrès /Joël PHILIPPON
La Villa Bonaparte abrite l’ambassade de France près le Saint-Siège, à Rome.   Photo Progrès /Joël PHILIPPON

En Italie, il privilégiait des plats digestes

En Italie, Franck Bessi aura surtout mis au menu des plats méditerranéens, légers et digestes. « J’adore la cuisine lyonnaise traditionnelle, comme les tripes, mais ici, il fait chaud et ce serait trop lourd », relève-t-il. Et au dessert, pas de religieuses au chocolat non plus. « Cela pourrait être mal perçu, à juste titre. Vers 2002-2003, j’avais créé une pâtisserie que j’avais eu la maladresse d’appeler “Cardinal au cassis”, pour un repas avec un cardinal. J’avais donc changé in extremis le nom en “biscuit Joconde à la mousse au cassis” », raconte-t-il.

Le Givordin ignore encore ce qu’il devra cuisiner pour son arrivée à Hong Kong. Mais là-bas, ses vingt années d’expérience culinaire à haut niveau n’ont pas fini de ravir les papilles.

 

Son grand-père tenait une boulangerie à Givors Canal

Franck Bessi a 49 ans. Il est né en 1971 à la maternité de Givors. Son grand-père paternel tenait une boulangerie à Givors Canal. Son père y a fait son apprentissage, tandis que sa mère venait d’Oullins. « Je me rappelle qu’on allait à Givors chez un médecin qui s’appelait Michel Dieu », sourit-il.

Franck Bessi est passé par l’école privée de Vernaison, le collège Jules-Michelet de Vénissieux et celui de Notre-Dame des Minimes à Lyon 5e , puis par le lycée professionnel François-Rabelais de Dardilly.

Ses parents géraient la boulangerie-pâtisserie Bessi avenue Jean-Jaurès à Vénissieux et rue Victor-Hugo à Lyon 2e.

Nicolas BALLET

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