Événement Fête des Lumières: faire le pari qu’elle pourra « traverser la crise »

La Fête des Lumières, édition 2019. Photo Stéphane GUIOCHON
La Fête des Lumières, édition 2019. Photo Stéphane GUIOCHON

Pour que la Fête des Lumières puisse avoir lieu, il faudrait que la jauge pour les rassemblements, remonte à 5 000 personnes pour les grands événements. C’est à ce scénario que travaillent actuellement les services de la ville en prévoyant, notamment, de déplacer les œuvres en des lieux où le public pourra être compté.

Quoi qu’il arrive, il y aura les lumignons aux fenêtres. C’est même la seule certitude dont le maire de Lyon peut faire état aujourd’hui lorsqu’il évoque l’édition 2020 de la Fête des lumières. Des lumignons pour remercier les soignants. Des lumignons pour éclairer le 8-Décembre. « J’espère que l’on pourra aller au-delà… », lâche Grégory Doucet, qui a redit, ce lundi, en conférence de presse, préalable au conseil municipal, qu’« actuellement les contraintes liées à la crise sanitaires ne nous mettent pas en possibilité d’organiser la fête des lumières. »

Des contraintes sanitaires qui tiennent, essentiellement, en une restriction particulière. Celle qui prévoit que les rassemblements pour les grands événements soient limités à 1 000 personnes dans les départements en alerte renforcée : Lyon et sa Fête des Lumières sont en plein dedans.

La mairie se laisse jusqu’à mi-novembre pour décider si la fête aura lieu ou non

Pour autant, pas question pour l’instant de « renoncer » à cet événement , « l’un des plus importants pour les Lyonnais qui fait la renommée de la ville […] malgré les nombreux appels à l’annulation de cette fête que j’ai pu recevoir, y compris des plus hautes autorités » affirme encore le maire. Il dit : « Si on peut faire le pari d’endiguer la maladie et si on peut faire repasser la jauge à 5 000 on pourra organiser la Fête des lumières », avant de concéder, que de toute manière « cette année, on ne va pas accueillir des centaines de milliers de touristes. »

Le casse-tête de l’organisation

Un pari qu’il veut gagner pour se « donner la chance de bénéficier d’une Fête des Lumières ». Un appel à la responsabilité des Lyonnais. Un appel du pied, aussi peut-être au Préfet et plus globalement aux services de l’État et au gouvernement, seuls maîtres en la demeure pour influer sur les restrictions sanitaires.

Voilà pour le cap politique. La mairie se laisse jusqu’à mi-novembre pour décider si la fête aura lieu ou non. D’ici là, reste l’opérationnel à gérer. Et l’on imagine aisément le casse-tête que la Fête des Lumières, même dans une configuration de jauge à 5000, peut représenter. Pourra-t-il y avoir des illuminations place des Terreaux, sur la Cathédrale Saint-Jean ou même place Bellecour, autant de sites prisés par le public, noir de monde au plus fort de la fréquentation ? On en doute. En tout cas sans doute pas comme on les connaît. Alors ?

Yann Cucherat : « Cette fête a toujours traversé les crises »

On sait que les services de la ville planchent sur une fête « polycentrée » et travaillent sur des lieux où il sera possible de compter les spectateurs… et d’avoir suffisamment de puissance électrique pour recevoir les illuminations. Le parc de la Tête-d’or ou le parc Blandan sont des possibilités à l’étude. D’autres parcs dans Lyon pourraient aussi être concernés où les œuvres prévues pourraient être déplacées. « Trente projets auraient dû voir le jour dans la ville. Le contexte nous pousse à trouver une formule plus adaptée », indique en conseil municipal, l’adjointe au Tourisme solidaire, Victoire Goust.

« Cette fête a toujours traversé les crises, notamment après les attentats de 2015 », rebondit Yann Cucherat, aujourd’hui élu d’opposition (Pour Lyon), mais en charge des grands événements dont la Fête des Lumières, jusqu’aux dernières élections. «Il s’agit de nos racines  et de nos  traditions ». L’occasion aussi, pour lui, de s’interroger sur « le devenir de la fête, après la crise ».

Tatiana VAZQUEZ

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