Lyon La pollution a retrouvé ses niveaux d’avant le confinement

«Il reste des points noirs au niveau de la pollution», analyse Gérard Françon président de l’Air des Lyonnaises et des Lyonnais. Photo Richard MOUILLAUD
«Il reste des points noirs au niveau de la pollution», analyse Gérard Françon président de l’Air des Lyonnaises et des Lyonnais. Photo Richard MOUILLAUD

Durant le confinement, si le dioxyde d’azote a baissé en raison d’une circulation moindre, c’est reparti de plus belle depuis. Le secteur Lyon centre est le plus touché.

Souhait de récolter plus d’écoute chez les élus écologistes

Gérard Françon président de l’Air des Lyonnaises et des Lyonnais espère un peu plus d’écoute de la part des élus écologistes. « Depuis 2013, il reste des points noirs au niveau de la pollution et de la température. J’espère que les nouveaux élus vont construire un plan d’actions au niveau de la Ville et de la Métropole et qu’ils vont prendre en compte nos propositions.

Jusqu’à présent, on était plutôt ignorés » précise le président, prêt à apporter sa contribution. Lui qui possède une connaissance détaillée de la pollution au niveau de la petite couronne autour de Lyon et Villeurbanne.

Un bon point pour l’association, Rémi Zinck, le nouveau maire de la Croix-Rousse est un ancien membre de l’Air des Lyonnaises et des Lyonnais : « Il est toujours destinataire et je sais qu’il nous suit » avance Gérard Françon qui a noué des contacts avec les élus du 4e et de la Ville de Lyon et va rencontrer Yasmine Bouagga, maire du 1er pour évoquer le cas de l’école Michel-Servet.

Un sursis pendant le confinement

Circulation en berne oblige, il a été constaté durant le confinement (mars à mai), une baisse très significative du dioxyde d’azote (N02) de 40 % au niveau des stations de type trafic et 51 % sur les stations de fond urbain. A contrario, les particules fines sont remontées mi-mars et avril sur tous les points de l’agglomération. Et ce, bien que le trafic routier présente un impact plus faible en raison du renouvellement du parc. (1)

Le chauffage au bois ou au fuel néfaste pour l’air

Confinés chez eux, les Lyonnais ont fait fonctionner leur chauffage. La Métropole de Lyon estime que 8 % des foyers défavorisés utilisent du chauffage au bois ou du fuel : « C’est ce qu’il y a de pire en milieu urbain » analyse Gérard Françon.

Hors période de confinement, la baisse en moyenne annuelle du dioxyde d’azote n’est pas suffisante et les valeurs limites autorisées par l’Union Europénne sont encore dépassées sur les stations de type trafic. Peu après le déconfinement, le niveau du dioxyde d’azote est remonté rapidement sur les stations de type trafic et a retrouvé fin août, les valeurs de 2019. « Il n’y a pas de miracle et tout est en train de revenir comme avant. Tout reste en œuvre pour faire baisser durablement ce niveau ».

Canicule et pollution à l’ozone

Si l’on compare les épisodes caniculaires en 2019 et 2020, la courbe de l’ozone grimpe et plus particulièrement sur Lyon-Centre (exit la Part-Dieu, son béton et son manque d’espaces verts), d’avantage que sur Gerland. Des pics d’ozone en relation avec les journées déclarées en vigilance canicule par la Préfecture.

Avec une moyenne mensuelle autorisée par l’union européenne inférieure à 40 microgrammes, elle se situe entre 55 et 60 à Lyon. « Et on s’attend à une mauvaise moyenne en septembre » explique le président de l’association « Même si les niveaux atteints en 2002 sont inférieurs de 15 à 20 % par rapport à ceux de 2019. »

L’association adhère au collège ATMO

Depuis décembre 2019, l’association l’Air des Lyonnaises et des Lyonnais est entrée dans le collège ATMO-Auvergne-Rhône-Alpes qui permet d’évaluer la qualité de l’air dans les zones habitées par au moins 100 000 personnes.

En tant qu’adhérente, elle a désormais un droit de vote au conseil d’administration et a accès aux spécialistes en direct. Pour Gérard Françon, c’est enfin l’occasion d’obtenir des réponses. « L’an dernier, plusieurs bénévoles équipés de capteurs nomades se sont prêtés à une opération de mesure citoyenne participative de la qualité de l’air à travers des parcours dans le Vieux Lyon et la Presqu’île. On aimerait bien récolter les données ! »

(1) Depuis le 1er janvier 2020, les véhicules utilitaires (VUL) et poids lourds (PL) avec une vignette Crit’Air 4 et 5 ne sont plus autorisés à circuler. Au 1er  janvier 2021, ce sera au tour des VUL et PL équipés d’une vignette Crit’Air 3.

Nadine MICHOLIN

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?