Enseignement supérieur Comment les universités gèrent la rentrée en temps de Covid ?

Université Lumière Lyon 2. Photo d'archives Eric BAULE
Université Lumière Lyon 2. Photo d'archives Eric BAULE

Les universités de Lyon et Saint-Etienne concentrent environ 100 000 étudiants qui sont aussi consommateurs de sorties, de fêtes entre amis, d’activités collectives, sportives… Comment éviter la contamination ?

Ils peuvent être sages, mais pas toujours… C’est de leur âge ! Tout en enregistrant relativement peu de cas d’étudiants dépistés positifs à la Covid19, les universités lyonnaises se tiennent sur le qui-vive. Pour le moment, Lyon 2 ne signale aucun malade, Saint-Etienne une dizaine, Lyon 3 une quinzaine, et Lyon 1 une vingtaine.

Selon les présidents des universités, pour ces cas recensés, les contacts ont eu lieu à l’extérieur. Dans les locaux, que ce soit en cours ou dans les couloirs, la discipline est appliquée, remarquent-ils aussi. « Sauf au moment des repas, c’est un problème, avec des difficultés à prendre des distances… Ou quand on se rapproche sans masque pour fumer une petite cigarette » tempère Jacques Comby, président de l’université Jean-Moulin Lyon 3.

Depuis plusieurs semaines, les universités lyonnaises ont prévu la possibilité de punir des désobéissants ou des imprudents, en inscrivant l’éventualité dans leur règlement intérieur. « Nous préférons évidemment ne pas arriver à cela et nous travaillons à la sensibilisation des étudiants » souligne Nathalie Dompnier, présidente de Lumière Lyon 2. Pour l’heure, aucune sanction n’a dû être prononcée à Lyon, comme à Saint-Étienne.

Partout, des masques sont distribués. Lyon 1 et Saint-Etienne en donnent dix par étudiant, Lyon 2 commence par cinq avec un deuxième kit possible. Lyon 3 cible « les boursiers et les étudiants en difficulté ». « Pas pour des raisons de coût mais parce que nous n’aurons pas forcément les moyens humains d’assurer le renouvellement pour tous » précise Jacques Comby. Toujours sur le plan sanitaire, des chaînes de dépistage ont été mises en place sur le campus de Grenoble et de Lyon1.

Ces campus sont bien moins fréquentés que d’ordinaire, même si, en théorie, la rentrée universitaire devait avoir lieu en présentiel « très demandé » comme le remarque Jacques Comby. Mais il faut déjà s’adapter. « On se rend compte qu’on est obligé d’aller de plus en plus vers de l’hybride » indique le président de Lyon 3. À Claude-Bernard Lyon 1, Frédéric Fleury reconnaît avoir « vite basculé en hybride, voire en distanciel ».

L’expérience du confinement

On ne part pas de rien, soufflent les responsables d’université, qui ont visiblement beaucoup échangé sur les pratiques, les coûts, les questions à régler. Tous les établissements ont développé leur parc informatique, certains ont distribué des ordinateurs aux étudiants en difficulté. Autre chantier, le projet « Hybrid it » porté par les trois universités lyonnaises et celle de Saint-Étienne bénéficie d’un million d’euros afin de « former les enseignants à une évolution des pratiques pédagogiques » comme l’explique Nathalie Dompnier. Et afin de permettre aux étudiants de travailler dans des conditions paisibles, Lyon 1 va élargir les horaires d’ouverture de ses trois bibliothèques de 7 heures du matin à minuit. De quoi rester sage, même en soirée !

M. F.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?