Lyon| Exploit Grégor Ozbolt : « Aider les Lyonnais à réaliser leur propre traversée »

À quelques dizaines de mètres du Graal… la terre ferme en France est proche !  Photo Progrès /DR
À quelques dizaines de mètres du Graal… la terre ferme en France est proche ! Photo Progrès /DR

Le 21 août 2019, le Lyonnais Grégor Ozbolt traversait la Manche à la nage en 14 h 01, simplement vêtu d’un bonnet et d’un maillot de bain. Une expérience que le coach de 32 ans partage, un an plus tard, avec les Lyonnais lors de conférences.

Gregor, cette traversée de la manche, c’était il y a tout juste un an. Pouvez-vous revenir dessus ?

« Je devais nager avant le 14 août. La traversée a été décalée à cause d’un typhon. Je suis finalement parti le 21 août 2019 à 2 h 04 du matin d’Angleterre, pour 14 heures de natation ».

Quels souvenirs  ?

« Un départ dans de l’eau noire comme de l’encre. Puis six heures de nuit, dans des vagues de 1,50 mètre pour commencer. Puis croiser, simplement vêtu d’un maillot de bain, le 2e  plus grand porte container du monde… Les piqûres de méduse au visage ou encore l’interminable arrivée, en longeant la plage de Wissant ».

Premier ressenti en mettant le pied à terre ?

« De la rage… mais aussi de l’amour en tombant dans les bras de ma fiancée. Également beaucoup de fraternité avec mon coach qui m’a aidé bénévolement pendant un an ».

« Pour réaliser un tel challenge, il faut y croire et bien le préparer »

Considérez-vous cette traversée comme un exploit ?

« Pas vraiment. Certes, on n’est que 33 Français à avoir traversé la Manche de cette manière et le taux d’échec est de 85 %. Mais si on est capable de se mettre au travail pour le faire et que l’on a le mental, ce n’est pas irréalisable ! Il faut être honnête, pour réussir la traversée, il faut que les astres s’alignent et il faut surtout bien la préparer. Par exemple, le choix de la réaliser fin août n’était pas dû au hasard : c’est le meilleur moment, avec les conditions météo les plus clémentes ».

Comment expliquer votre réussite ?

«  J’étais prêt et bien accompagné, par ma fiancée et mon coach, entouré par des personnes qui croyaient au projet : on a monté ça ensemble. De plus, j’ai préparé la traversée dans sa globalité et le Jour J, je n’ai rien découvert. Autre point important, il faut « désémotionner » la course : pour moi, la traversée n’était pas l’apogée, seulement une partie. Le retour en bateau, l’arrivée sur la plage mais aussi le verre au pub au retour en Angleterre en faisait également partie ».

C’est quand même une performance !

« Je ne dis pas le contraire, mais c’est aussi un exercice égoïste et solitaire. Une traversée comme celle-là, en solo, ce sont des dizaines de bains d’eau glacée, 1 300 km de natation pour s’entraîner, soit 370 heures dans l’eau. Mais pour moi, ça reste un délire, une fierté évidemment qui est devenu un socle de ma vie. Ce n’est toutefois pas ma mission de vie comme certains nageurs. Un mois plus tard, une Américaine a fait deux fois la traversée aller-retour et dans le même sens, un grand nageur en eau libre passe s’entraîne 5 000 à 6 000 km par an. Ce n’est pas la même dimension ! »

«Pour avancer dans la vie, il faut titiller ses craintes et ne pas se raconter de fausses histoires»

Qu’avez-vous retiré d’une telle expérience ?

« Une foule de choses car la Manche, c’est un comme un milieu de crise ! Il faut des projets qui vous passionnent, titiller ses craintes et ne pas se raconter de fausses histoires : la vraie question est comment faire pour réaliser ça. On a tendance à croire qu’on peut vivre sans peur, or ça apporte du sel. Cette traversée m’a appris à grandir, à tester des choses, à prendre mes responsabilités. Pour faire simple, ça m’a construit en tant qu’homme et en tant qu’Homme. Et une dernière chose, depuis je continue à prendre uniquement des douches froides… »

Du coup, quelle est votre mission de vie aujourd’hui ?

« Je fais aujourd’hui des conférences en ce sens, je monte des séminaires, je coache également. Mon but est de partager mon expérience, d’aider les gens à savoir ce qu’ils veulent faire, à se développer tout en. L’image est facile pour le coup mais tout simplement les aider à réaliser « leur traversée », qu’elle soit sportive ou non.

Pour revivre la traversée : https://www.facebook.com/GregorObjectifmanche2019/ Prochaine conférence le 11 septembre au Grand Hôtel-Dieu : https://bit.ly/3lBp92S

Propos recueillis par David TAPISSIER

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