Environnement La Métropole de Lyon, celle qui se réchauffe le plus en France

« En comparaison, malgré une banlieue grandissante, Paris ne se réchauffe “que” de 1,3 °C », explique Frédéric Decker, météorologue, consultant météo médias et conférencier. Photo Maxime JEGAT
« En comparaison, malgré une banlieue grandissante, Paris ne se réchauffe “que” de 1,3 °C », explique Frédéric Decker, météorologue, consultant météo médias et conférencier. Photo Maxime JEGAT

La Métropole de Lyon détient un record qu’aucune autre collectivité lui envie. Avec un réchauffement de 1,7 °C, « elle est légèrement devant Bordeaux, Montpellier et Grenoble », constate Frédéric Decker, météorologue, consultant météo médias et conférencier.

Lyon-Bron, station de référence locale de la Métropole de Lyon, connaît un réchauffement de 1,7 °C entre les trentaines d’années de références pour déterminer les « normales climatiques », à savoir les périodes 1951-1980 et 1991-2020.

Selon Frédéric Decker, météorologue, consultant météo médias et conférencier, « il s’agit du réchauffement le plus important en Métropole, légèrement devant Bordeaux, Montpellier et Grenoble (+1,6 °C), ou encore Bourg-Saint-Maurice et Saint-Étienne (+1,5 °C) ».

Réchauffement des villes : Bourg-Saint-Maurice, en Savoie, en tête avec +2,0 °C

Concernant les températures minimales (nocturnes), le réchauffement est de 1,7 °C à Lyon, de 1,8 °C à Bordeaux (Gironde), de 1,9 °C à Montpellier (Hérault). Lons-le-Saunier (Jura) est au même niveau que Lyon.

Sur les températures maximales moyennes, Lyon connaît un réchauffement de 1,6 °C, comme Grenoble (Isère), Agen (Lot-et-Garonne), Gourdon (Lot) et Langres (Haute-Marne). Ce chiffre est toutefois dépassé par Chamonix (Haute-Savoie) avec +1,9 °C et Bourg-Saint-Maurice (Savoie) avec +2,0 °C.

Outre le réchauffement climatique global, certaines stations font aussi les frais du réchauffement climatique urbain, en particulier les grandes villes ayant connu une forte étendue (Lyon, Bordeaux, Grenoble, Montpellier…). Les deux phénomènes s’ajoutent. « En comparaison, malgré une banlieue grandissante, Paris ne se réchauffe “que” de 1,3 °C. Située au cœur d’un parc boisé, arrosé durant les périodes sèches, Paris Montsouris bénéficie d’une atténuation du réchauffement, contrairement à d’autres postes météo situés en milieu urbain plus chauds », précise Frédéric Decker.

Les alarmes ne cessent de se répéter, au rythme des nouveaux rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le réchauffement climatique devient de moins en moins abstrait et son évolution s’accélère comme on le constate depuis des années.

Il n’y a rien d’inéluctable

Le CO2, dioxyde de carbone, est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique actuel, d’origine humaine. Si chaque territoire peut à son niveau faire des efforts, la problématique est mondiale. 80 % du CO2 injecté dans l’atmosphère provient des combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon). « Notre économie et la croissance démographique couplée à notre mode de vie favorisent la production de CO2, développe Chloé Maréchal, paléoclimatologue au laboratoire de géologie de Lyon - Terre, Planètes, Environnement. Stabiliser le climat implique que nous n’émettions plus de gaz à effet de serre, donc que notre production d’énergie à partir des combustibles fossiles devienne minimale. Plus vite nous atteindrons ce but, moins le réchauffement final sera grand. »

« À +2 °C par rapport à l’époque préindustrielle, notre adaptation est encore possible. Au-delà, le réchauffement entraînera de très sévères conséquences, irréversibles. La principale inconnue dans l’évolution future du climat est la capacité de l’Homme à modifier son comportement. Il n’y a rien d’inéluctable », estime Chloé Maréchal. Le verdissement des villes et la protection des forêts jouent également un rôle important pour limiter la hausse des températures.

Damien LEPETITGALAND

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