Environnement Ils nettoient le Rhône et la Saône à l’aimant et au grappin

Après une dizaine de minutes seulement, les nettoyeurs sortent une barrière et une trottinette de la Saône, à l'aide de grappins et d'un aimant.
Après une dizaine de minutes seulement, les nettoyeurs sortent une barrière et une trottinette de la Saône, à l'aide de grappins et d'un aimant.

Depuis plusieurs semaines, un petit groupe de Lyonnais se réunit afin de nettoyer les cours d’eau de la ville, à l’aide de grappins et d’aimants. Une activité qui suscite un certain engouement auprès des habitants et des passants.

« Ah ! Je crois bien que je tiens une trottinette ! » Si vous vous promenez sur les bords de Saône ou du Rhône, vous avez probablement déjà croisé quelques pêcheurs. Mais ceux-ci sont différents. Ici, il n’est pas question de remonter un silure ou quelque poisson que ce soit mais plutôt des vélos, des barrières et autres objets insolites. Une sorte de chasse au trésor à laquelle s’adonne un groupe de jeunes Lyonnais depuis quelques semaines. Leur objectif : nettoyer les cours d’eau de Lyon avec des grappins et des aimants. « Cela fait deux mois qu’on a commencé mais ça ne fait que deux semaines qu’on l’a vraiment officialisé, avec la création d’un groupe Facebook et d’un compte Instagram dédiés », explique Nicolas Navrot, l’un des co-instigateurs de Nettoyons Lyon et de préciser : « Ici, pour l’instant, la pêche à l’aimant est tolérée mais on reste vigilants. »

 Nathalie Compiegne (en rouge) observe avant de prendre part à sa première pêche.
Nathalie Compiegne (en rouge) observe avant de prendre part à sa première pêche.
 Un objet a été aimanté… à vos paris !
Un objet a été aimanté… à vos paris !
 Une dizaine de nettoyeurs se sont retrouvés, mardi 25 août, au niveau de la passerelle de l’Homme-de la-Roche, dans le 5e arrondissement.
Une dizaine de nettoyeurs se sont retrouvés, mardi 25 août, au niveau de la passerelle de l’Homme-de la-Roche, dans le 5e arrondissement.
 Le groupe de nettoyeurs se prépare pour une session de dépollution, mardi après-midi 25 août, au niveau de la passerelle de l’Homme-de la-Roche.
Le groupe de nettoyeurs se prépare pour une session de dépollution, mardi après-midi 25 août, au niveau de la passerelle de l’Homme-de la-Roche.
 Nicolas Navrot (à droite) équipe et donne quelques consignes de sécurité à un nouveau venu.
Nicolas Navrot (à droite) équipe et donne quelques consignes de sécurité à un nouveau venu.
 En quelques minutes, le groupe a remonté une trottinette, une barrière, un petit chariot, des câbles et d’autres petits déchets.
En quelques minutes, le groupe a remonté une trottinette, une barrière, un petit chariot, des câbles et d’autres petits déchets.
 Nicolas Navrot, co-instigateur de Nettoyons Lyon.   Photo Progrès /Guillaume BOUCHUT
Nicolas Navrot, co-instigateur de Nettoyons Lyon.   Photo Progrès /Guillaume BOUCHUT
 Nathalie Compiegne (en rouge) observe avant de prendre part à sa première pêche.  Un objet a été aimanté… à vos paris !  Une dizaine de nettoyeurs se sont retrouvés, mardi 25 août, au niveau de la passerelle de l’Homme-de la-Roche, dans le 5e arrondissement.  Le groupe de nettoyeurs se prépare pour une session de dépollution, mardi après-midi 25 août, au niveau de la passerelle de l’Homme-de la-Roche.  Nicolas Navrot (à droite) équipe et donne quelques consignes de sécurité à un nouveau venu.  En quelques minutes, le groupe a remonté une trottinette, une barrière, un petit chariot, des câbles et d’autres petits déchets.  Nicolas Navrot, co-instigateur de Nettoyons Lyon.   Photo Progrès /Guillaume BOUCHUT

Des sessions de dépollution ouvertes à tous

Ce dernier, photographe à Lyon, revient sur la naissance de l’idée : « On passait plusieurs heures à chercher des endroits sympas pour prendre des photos et, pendant nos heures d’inactivité, on a commencé à pêcher à l’aimant pour s’occuper. C’est à ce moment-là qu’on s’est rendu compte que c’était une décharge. »

Depuis, ils proposent des sessions de dépollution plusieurs fois par semaine, ouvertes à tous et pour lesquelles il est possible de s’inscrire via les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs ce qu’a fait Nathalie Compiegne : « C’est la première fois que je viens. J’ai vu ça sur Facebook et je me suis inscrite la semaine dernière. » Pour elle, ces sessions sont une excellente idée : « Je trouve que c’est important ce qu’ils font et j’avais envie de les aider. » Une fois le matériel prêté et les quelques consignes énoncées, l’heure était venue pour elle de se jeter à l’eau : « On lance l’aimant le plus loin possible, à l’aveugle, et après on ferre. C’est vrai que c’est un peu comme une chasse au trésor ! »

 

 

« C’est parti très vite »

Si le groupe se concentre pour l’instant essentiellement sur les fleuves, il devrait également bientôt mettre en place des sessions nettoyages dans la ville, comme au parc de la Feyssine notamment. Par ailleurs, concernant l’avenir, le groupe voit plus loin : « On est en bonne voie pour obtenir un soutien de la part de la Métropole mais on en saura plus quand on aura monté notre association, en septembre. » Pour Nicolas, cette démarche pourrait également trouver un écho ailleurs : « Au vu de l’engouement, on pourrait imaginer un export au niveau régional et peut-être créer un modèle qui va s’étendre dans d’autres villes. » Quoi qu’il en soit c’est sûr, avec déjà près de 2 000 “J’aime” sur leur page Facebook et plus de 1 500 abonnés sur Instagram , « c’est parti très vite », se félicite le jeune Lyonnais de 23 ans.

Guillaume BOUCHUT

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