Société Ils se conduisent au bord du Rhône comme à la plage, malgré l’interdiction et le danger

Conscients du danger, certains Lyonnais se baignent quand même dans le Rhône. Photo Progrès /Jérôme GALLO
Conscients du danger, certains Lyonnais se baignent quand même dans le Rhône. Photo Progrès /Jérôme GALLO
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Conscients du danger, certains Lyonnais se baignent quand même dans le Rhône. Photo Progrès /Jérôme GALLO Photo Progrès /Jérôme GALLO

Alors que se baigner dans le Rhône est strictement interdit, nombreux sont les Lyonnais qui s’installent sur les berges du Rhône, entre le parc de la Feyssine et le parc de la tête d’Or, comme à la plage. Et piquent une tête dans les eaux du fleuve. La plupart affirment être conscients du danger.

« Il y a quelques jours, j’ai sauvé une femme de la noyade », raconte Noé, 18 ans, en maillot de bain, le long du Rhône. Il n’est pas seul. Des jeunes, des familles, des amis qui profitent comme lui, de ce qui ressemble à un coin de plage. L’eau est presque turquoise. Le soleil, chaud, dans le ciel... Il n’en faut pas plus pour donner à l’après-midi de ce dimanche-là, des airs de vacances.

Chaque été, c’est la même chose. Le long du Rhône, entre le parc de la Tête d’or et le parc de la Feyssine, ils sont nombreux à venir s’installer sur une serviette. Et à piquer une tête. L’interdiction, par arrêtés municipaux et préfectoraux, ne les freinent pas.

«Ici, j’ai l’impression d’être à la plage»

Noé, pour sa part, est bien conscient du danger qu’il encourt en se baignant ici, mais il le fait quand même : « Je ne peux pas partir en vacances cette année. Ici, j’ai l’impression d’être à la plage. Je reste au bord, là où j’ai pied, mais je sais bien que même là, il y a du courant », admet-il. Il n’y a pas que ça.

Outre les courants, donc, la baignade est jugée dangereuse, en raison de son régime hydrographique irrégulier, de l’existence de remous, de tourbillons et de troncs d’arbres immergés (voire de carcasses de voitures ), d’absence fréquente de transparence de l’eau, de profondeur du fleuve très variable.

Sans compter la qualité de l’eau : même si le fleuve Rhône gagne en qualité ces dernières années, selon un rapport de l’agence de l’eau, il n’en demeure pas moins que la pollution est toujours présente tout comme la liste des bactéries dangereuses susceptibles d’être dans ces eaux est longue...

Malgré les nombreux panneaux indiquant l'interdiction, nombreux sont les Lyonnais qui se baignent dans le Rhône en été. Photo Progrès /Marion MAYER
Malgré les nombreux panneaux indiquant l'interdiction, nombreux sont les Lyonnais qui se baignent dans le Rhône en été. Photo Progrès /Marion MAYER

« On sait tous nager et on ne va pas loin»

Sofiane a 44 ans et vient ici depuis une vingtaine d’années avec des amis et leurs familles. Depuis sa serviette, il jette un œil sur les enfants dans l’eau. « On sait tous nager et on ne va pas loin. Ce qui est bien ici, c’est que tout le monde surveille tout le monde. »

Les habitués le savent, se baigner ici n’est pas sans risque. Ils ont à l’esprit les tragiques faits divers qui ont émaillé l’actualité ces dernières semaines. Depuis le début de l’année, douze personnes se sont noyées dans le Rhône, la plupart en raison des courants dangereux.

Ce n’est pas pour rien que les panneaux affichent clairement la couleur : «Baignade interdite.» En cas de contrôle, les baigneurs encourent une amende de 69 euros. Mais selon ceux que nous avons croisés ce dimanche-là, « la police ne passe jamais ».

« S’il y avait plus de places dans les piscines, on irait »

Sofiane préfère venir ici plutôt que d’aller à la piscine : « Je me sens plus libre au grand air. Et puis avec le coronavirus, je n’ai pas trop envie de m’enfermer. »

Pour Dan et Mouna, 24 et 25 ans, les berges du Rhône font office de plage : bières, enceinte, ballons… Le groupe de jeunes passe certaines après-midi et soirées ici, lorsqu’il fait très chaud. « S’il y avait plus de places dans les piscines, on irait là. Mais c’est toujours complet », explique Mouna, assise au bord de l’eau avec ses amies. « Il faudrait qu’il y ait des plages artificielles à Lyon  ! Comme ça, il n’y aurait plus de problèmes », réclame Dan.

Pour cela, mieux vaut aller au lac de Miribel, à 15 minutes de Lyon ou trois quarts d’heure en vélo. Les baignades y sont autorisées et les plages surveillées.

Marion MAYER

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