Lyon 1er Affaire de la pizzeria Carlino : la bataille juridique continue

La pizzeria Carlino est fermée depuis l’évacuation des gérants le 5 août 2019 et les trois salariés ont été licenciés.  Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
La pizzeria Carlino est fermée depuis l’évacuation des gérants le 5 août 2019 et les trois salariés ont été licenciés.  Photo Progrès /Nadine MICHOLIN

Un an après leur expulsion le 5 août 2019, les époux de la pizzeria éponyme rue de l’Arbre-Sec ne baissent pas les bras. En raison de la crise sanitaire, leurs deux procédures ont été reportées, l’une au 21 octobre, l’autre le 14 décembre 2020.

L’affaire de la pizzeria Carlino, enseigne mythique fondée en 1965 rue de l’Arbre-Sec (Lyon 1er) avait fait grand bruit et mobilisé une solidarité sans précédent des commerçants, riverains, associations de la Presqu’île voire certains élus politiques à l’image de Nathalie Perrin-Gilbert alors maire du 1er  et David Kimelfeld, président de la Métropole. Une pétition en ligne frôlait même les 6 000 signatures.

Évacués manu militari le 5 août 2019 en présence d’une trentaine de policiers, Nathalie et Charles Carlino continuent de contester un an après la procédure d’expulsion menée le fonds souverain d’Abu Dhabi, propriétaire des lieux en raison de loyers impayés. Qu’importe si en décembre 2019, le fonds Abu Dhabi Investment Authority (Adia) a vendu à Amundi Immobilier et le Crédit Agricole Centre-Est un portefeuille de 38 actifs immobiliers dans la Presqu’île pour un total de 71 744 m² dont leur local commercial  fait partie.

 Le four du pizzaïolo et gérant Charles Carlino ici aux manettes courant 2919, a été détruit. Cela a provoqué l’effondrement partiel du plancher haut du local commercial de la pizzeria Carlino, 15 rue de l’Arbre-Sec. Archive Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
Le four du pizzaïolo et gérant Charles Carlino ici aux manettes courant 2919, a été détruit. Cela a provoqué l’effondrement partiel du plancher haut du local commercial de la pizzeria Carlino, 15 rue de l’Arbre-Sec. Archive Photo Progrès /Nadine MICHOLIN

«Mise en danger de la sécurité des occupants»

« Notre avocat maître Thierry Dumoulin conteste l’ordonnance de référé rendue dans des conditions procédurales gravement irrégulières. La procédure de remise au rôle était prévue le 25 mars. En raison du confinement, elle a été reportée au 21 octobre. On l’attend avec impatience dans l’espoir d’une justice » se désespère Charles Carlino. Pour sa part, son épouse Nathalie est aujourd’hui conseillère d’opposition en mairie du 2e  arrondissement (Lyon en Commun, union de la gauche). Plutôt que de déposer le bilan, le couple gérant a licencié leurs trois employés pour faciliter leur droit au chômage.

À ce jour, leur ancien restaurant est toujours fermé : « Ils ont cassé le four à pizzeria à l’intérieur en 2019, a priori sans l’avis de la copropriété, sans permis de construire et sans la présence d’un huissier. Cela a provoqué l’effondrement partiel du plancher haut de notre local commercial » mentionne Charles Carlino. Un désordre qui a conduit l’ancien adjoint à la sécurité de Lyon, Jean-Yves Sécheresse a publié un arrêté le 23 octobre 2019 pour mise en danger de la sécurité des occupants de l’immeuble sis 4 rue de la République-15 rue de l’Arbre-Sec avec évacuations du local commercial et des appartements du 3e  et 4e  étage et interdiction d’accès aux locaux.

Quant au recours pour se porter acquéreurs de leur commerce lors de la revente par ANF Immobilier à Adia en 2013 et qui devait être jugé le 10 octobre devant la 6e chambre de la Cour d’appel de Lyon, il a été différé au 14 décembre 2020. Les époux Carlino estimant ne pas avoir pu exercer leur droit de préemption.

Nadine MICHOLIN

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