Religion Une nouvelle “candidate” au diocèse de Lyon

La Lyonnaise Sylvaine Landrivon, théologienne. Photo DR
La Lyonnaise Sylvaine Landrivon, théologienne. Photo DR

Inspiré par la démarche d’Anne Soupa, le collectif Toutes apôtres a organisé la candidature publique de sept femmes « à diverses fonctions qui leur sont interdites au sein de l’Église catholique ». La Lyonnaise Sylvaine Landrivon demande symboliquement le poste d’archevêque de Lyon.

Le diocèse de Lyon suscite une seconde ambition féminine, inspirée par le coup de communication d’Anne Soupa du 25 mai dernier. La dame se portait candidate au poste laissé vacant par Mgr  Philippe Barbarin, démarche hautement improbable puisqu’il n’y a pas d’acte de candidature possible (1) et que la charge distingue obligatoirement un prêtre, donc un homme. Ce 22 juillet, une opération médiatique nationale menée par le collectif Toutes apôtres voit sept femmes postuler publiquement « à diverses fonctions qui leur sont interdites au sein de l‘Église catholique (évêque, nonce, curé, diacre, prédicatrice laïque) », comme l’indique un communiqué de presse.

 

« Les premiers évêques n’étaient pas prêtres »

Parmi ces sept, on trouve la Lyonnaise Sylvaine Landrivon, symboliquement candidate à l’archevêché de Lyon, qui se décrit rapidement au téléphone :

« laïque, divorcée remariée, mère, grand-mère ». À 64 ans, cette détentrice d’un doctorat en théologie, qui fut maître de conférences à l’Université catholique de Lyon, a écrit « six ou sept livres sur l’absence des femmes dans l’Église catholique », dont «  deux pour montrer que Marie Madeleine était bien “l‘apôtre des apôtres”  ». « Les premiers évêques n’étaient pas prêtres, lance-t-elle. En fait, je demande un retour aux sources, avec la prise en compte des femmes, comme le faisait Jésus. »

« Strapontins »

Dans le cadre d’un féminisme différentialiste, Sylvaine Landrivon ne souhaite pas « le même poste qu’un homme pour faire pareil » ; elle est persuadée que les femmes « disent les choses autrement ». Sa démarche, dit-elle, vise à lutter contre leur invisibilité et contre les « strapontins » que l’Église leur réserve. Elle assume le coup de communication : « Puisque mes livres ne mènent à rien… Plus on sera nombreuses à avoir ces démarches n’aboutissant pas, plus on aura de chance de faire bouger les lignes ».

 

« L’Église devrait accueillir les gens »

Une ouverture de l’Église qu’elle juge nécessaire pour que l’institution survive. « Le risque, c’est qu’il ne reste que quelques happy few entre eux ; j’aimerais un diocèse rassemblant tous les gens mis à l’écart car ils n’entraient pas dans le moule clérical, exemple les divorcés remariés. L’Église devrait accueillir les gens tels qu’ils sont et non tels qu’elle voudrait qu’ils soient. »

Notons que le diocèse de Lyon n’a pas hésité à mettre des femmes en responsabilités, comme Véronique Bouscayrol, l’économe diocésain ; Sabine Couturier, délégué épiscopal Initiation et vie chrétienne ; Aude Corvaisier-Riche, délégué épiscopal à la Pastorale de la Santé.

(1) À la suite d’une enquête, l’agent diplomatique du Vatican, le « nonce apostolique » propose trois noms au Pape, lequel désigne l’heureux élu, avant que le ministre de l’Intérieur en soit avisé.

Diane MALOSSE

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