Société Rue d’Algérie : l’expo photos, miroir du quartier

Depuis quelques jours, des collages photographiques s’offrent au regard rue d’Algérie. Un projet intitulé « Rue d’Algérie » que l’on doit à Jim Lasouille, de son nom de photographe. Photo Tatiana VAZQUEZ
Depuis quelques jours, des collages photographiques s’offrent au regard rue d’Algérie. Un projet intitulé « Rue d’Algérie » que l’on doit à Jim Lasouille, de son nom de photographe. Photo Tatiana VAZQUEZ

Les collages photographiques sont à voir rue d’Algérie. Une trentaine de portraits en noir et blanc s’affiche à l’image de la mixité de ce quartier du 1er arrondissement. Une expo sauvage, urbaine, qui traite de liberté autant que d’identité.

Rue d’Algérie, à l’angle de la rue Terme. Des portraits en noir et blanc attirent le regard. Ils sont une trentaine à vous regarder de haut, fixement. Yeux perçants. Expression impassible. Ni gueule, ni sourire. Des visages qui racontent ce quartier du 1er arrondissement. Ils sont jeunes, vieux, hommes, femmes, blanc, noir, cosmopolite. À y regarder de plus près, ils ont été shootés devant la vieille porte de bois juste en face puis collés sur l’échafaudage de réfection de façade. Une expo urbaine, sauvage, à la sauce « street art », qui s’invite dans le paysage depuis quelques jours et parle de liberté et d’identité. Son nom, « rue d’Algérie ».

On la doit à Jim Lasouille, de son nom d’artiste. Autodidacte, passionné de photo et design, l’homme travaille chez Shoez Gallery, aux premières loges de la petite vie du quartier. À la fois acteur et spectateur, il expose, pour la première fois, librement sur les murs de la rue. « L’idée m’est venue à la sortie du confinement, avec le parallèle de la remise en liberté », décrypte-t-il avant d’ajouter : «Le message de mixité mêlé au nom de cette rue est assez fort. »

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Vivre-ensemble

Le projet est, dans le jargon à la mode, « créateur de lien social » et incite à la réflexion sur les préoccupations actuelles comme le vivre-ensemble, ou la tolérance.

Des portraits qui s’inscrivent surtout dans l’histoire du quartier. « Ici, on est une communauté. Une grande famille. Tout le monde se connaît », explique Jim. Ce sont ces visages que le photographe a fixés. Il y a le patron de shoez galery, la boutique qui fait l’angle. Son épouse qui tient la boutique textile en face. Il y a aussi Markus, le bouquiniste aux mille vies. D’autres encore qui ont pignon sur rue.

Il y a les « lascars », surnom amical donné par Jim, aux jeunes qui viennent souvent dans le quartier, des CSP ++ et des SDF, des punks, des enfants, des visages de riverains que l’on a déjà croisés… trottoirs animés. « Le projet n’existerait pas sans eux. Pour moi, c’est une grosse fierté de les voir ainsi. C’est une manière de leur rendre hommage », confie encore l’artiste.

 Lieu de passage

Le projet, sous-titré « La rue te refait le portrait », déborde sur Instagram, Toujours en noir et blanc, les photos qui sont publiées sur le profil de @rued’Algérie montrent d’autres facettes de l’arrondissement. Les portraits se multiplient, bigarrés, des focus sur des tronches et des tranches de vie. Carmen, figure du coin, promène son dos voûté les yeux irrémédiablement rivés au sol. La réfugiée qui fait la manche devant l’épicerie, tous les jours par tous les temps, est immortalisée. Et les gens qui passent.

À l’écart de l’agitation des Terreaux, la rue d’Algérie est ainsi. C’est sur ce lieu à la croisée des Pentes de la Croix-Rousse, de la Presqu’île, et des quais de Saône, que Jim a posé son regard.

Tatiana VAZQUEZ

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