Politique L'histoire de Lazare Goujon, maire de Villeurbanne pendant 17 ans

Lazare Goujon a été maire de Villeurbanne pendant 17 ans en deux fois sur une période de 30 ans entre 1924 et 1954.  Photo d'archives Le Progrès
Lazare Goujon a été maire de Villeurbanne pendant 17 ans en deux fois sur une période de 30 ans entre 1924 et 1954. Photo d'archives Le Progrès

Le docteur villeurbannais a été maire de 1924 à 1935 puis de 1947 à 1954. Il reste comme l’édile qui a encadré les parenthèses communiste et vichyste, et construit le quartier des Gratte-ciel. Une œuvre urbanistique hygiéniste qui traverse encore le temps.

Lazare Goujon est le prototype même de la méritocratie républicaine. Fils d’ouvrier au Creusot, il est devenu médecin grâce au concours des Bourses. Alors qu’adolescent, il était apprenti-maçon pour aider ses parents, il a été repéré et a pu rentrer au collège de Louhans puis au lycée de Mâcon. Par la suite, il a rejoint la faculté de médecine, cursus qu’il a financé en devenant surveillant.

Lazare Goujon est né en 1869 et est décédé en 1960 à l’âge de 91 ans. Photo Le Rize
Lazare Goujon est né en 1869 et est décédé en 1960 à l’âge de 91 ans. Photo Le Rize

Il glisse du Guedisme au socialisme réformiste

Entre-temps, il s’était éveillé à la question sociale. Il a mis la barre complètement à gauche en adhérant au Parti ouvrier français (POF) de Jules Guesde qui prônait un socialisme révolutionnaire, quand Jean Jaurès militait pour le socialisme par la réforme au sein du Parti social de France (PSF).

Les deux tendances devaient se regrouper en 1905 pour fonder la SFIO (Section française de l‘Internationale ouvrière). La doctrine est au départ guesdiste : « Le nouveau parti socialiste veut transformer la société capitaliste en société collectiviste ou communiste ». Goujon est en phase.

 

La place Lazare-Goujon est le grand lieu de rassemblement de Villeurbanne.  Photo Progrès /Joel PHILIPPON
La place Lazare-Goujon est le grand lieu de rassemblement de Villeurbanne.  Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Le théâtre de Villeurbanne est un des éléments constituant de l’œuvre de Lazare Goujon. Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Le théâtre de Villeurbanne est un des éléments constituant de l’œuvre de Lazare Goujon. Photo Progrès /Joel PHILIPPON
La place Lazare-Goujon est le grand lieu de rassemblement de Villeurbanne.  Photo Progrès /Joel PHILIPPON Le théâtre de Villeurbanne est un des éléments constituant de l’œuvre de Lazare Goujon. Photo Progrès /Joel PHILIPPON

Mais le docteur qui exerce à Villeurbanne va suivre l’évolution du parti devenu parlementaire. Au congrès de Tours, Goujon est devenu réformiste, quand Jules Grandclément, le maire de Villeurbanne depuis 1908 décide de devenir communiste. L’affrontement entre les deux docteurs ne tarde pas.

Alors que Goujon est conseiller municipal depuis 1922, il prend la tête de la liste SFIO aux élections partielles d’octobre 1924 et bat son homologue communiste. Goujon a toutefois bénéficié des divisions chez les révolutionnaires. Si Grandclément a présenté une liste SFIC, il a été grévé par la candidature d’une liste socialo-communiste dissidente.

Il perd les élections de 1935 en raison de la crise

Le médecin villeurbannais met tout de suite en place son programme de socialisme municipal, lançant nombre d’œuvres en direction des plus miséreux. L’époque est aussi à l’hygiénisme. Il élabore le nouveau quartier des Gratte-ciel , avec théâtre, logements sociaux, piscine, etc. Mais la mise en œuvre est rendue très délicate à partir de 1931 avec l’arrivée de la crise.

Le grand projet urbanistique des Gratte-ciel a été réalisé entre 1931 et 1934. Photo DR
Le grand projet urbanistique des Gratte-ciel a été réalisé entre 1931 et 1934. Photo DR
Les Gratte-Ciel du docteur Lazare Goujon ont forgé l’identité de Villeurbanne. Photo Progrès/Charles-Yves GUYON
Les Gratte-Ciel du docteur Lazare Goujon ont forgé l’identité de Villeurbanne. Photo Progrès/Charles-Yves GUYON
Le grand projet urbanistique des Gratte-ciel a été réalisé entre 1931 et 1934. Photo DR Les Gratte-Ciel du docteur Lazare Goujon ont forgé l’identité de Villeurbanne. Photo Progrès/Charles-Yves GUYON

Il rencontre de larges difficultés financières. Celles-ci lui sont reprochées par les communistes qui ont le vent en poupe au milieu des années 30. Grandclément qui termine sa traversée du désert, compte se présenter en 1935, alors qu’il a gagné les cantonales de 1934.

Mais il meurt deux mois avant les municipales. C’est son disciple Camille Joly qui mène la liste et gagne la mairie pour écrire un nouveau chapitre.

Christophe GALLET

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