Patrimoine L’horloge aux Guignols entre les mains de l’Horloger de Saint-Paul

Philippe Carry s’occupe de la rénovation de l’horloge Charvet.  Photo Progrès /Marion MAYER
Philippe Carry s’occupe de la rénovation de l’horloge Charvet. Photo Progrès /Marion MAYER

La rénovation de l’horloge Charvet avance. C’est Philippe Carry qui a la charge de la remettre en état. Elle sera installée en janvier 2021 sur la façade de l’Hôtel Gadagne.

L’Horloger de Saint-Paul est un laboratoire. Un tout petit atelier tenu par Philippe Carry, au sein d’un hôtel particulier du XVIe siècle, rempli d’horloges, de tic-tac et de coucous. Au sol, le cadran de l’horloge Charvet , immense.

Après avoir été achetée par la mairie de Lyon en 2012 pour 100 000 € et à la suite de longues années d’atermoiements juridiques, elle déménage. De la rue de la Poulaillerie, petite rue de la Presqu’île qui l’a vu naître en 1864, elle s’en va découvrir l’Hôtel Gadagne , qui abrite notamment le Musée des Arts de la Marionnette (MAM) , dans le Vieux-Lyon. Mais avant cela, une étape s’impose : la rénovation.

À gauche du cadran, la machinerie. Avec ses dizaines de roues, elle dispose d’un nombre impressionnant de chaînes, bien plus qu’il n’en faut pour faire rouler un vélo. Mais Arlequin, Polichinelle, Guignol et Gnafron manquent à l’appel. « C’est normal, rassure Philippe Carry, ils sont entre les mains de Fanny Gruet, restauratrice spécialisée ».

La mission de l’horloger est de rénover tout le reste : décaper les couches de peinture successives, traiter le bois et le métal, puis repeindre en suivant le modèle original. Une fierté pour lui, mêlée à beaucoup d’admiration. Alors qu’il soulève des fixations en fer forgé d’époque, il s’émerveille : « Ça a été pensé pour résister à tous les séismes possibles, c’est incroyable ! »

 L’horloge est rénovée chez L’Horloger de Saint-Paul dans le Vieux-Lyon.   Photo Progrès /Marion MAYER
L’horloge est rénovée chez L’Horloger de Saint-Paul dans le Vieux-Lyon.   Photo Progrès /Marion MAYER
 Le grand cadran est posé à même le sol, en attendant d’être traité.   Photo Progrès /Marion MAYER
Le grand cadran est posé à même le sol, en attendant d’être traité.   Photo Progrès /Marion MAYER
 Les aiguilles et les cloches vont faire peau neuve.   Photo Progrès /Marion MAYER
Les aiguilles et les cloches vont faire peau neuve.   Photo Progrès /Marion MAYER
 Les fixations sont encore en excellent état, selon Philippe Carry.   Photo Progrès /Marion MAYER
Les fixations sont encore en excellent état, selon Philippe Carry.   Photo Progrès /Marion MAYER
 La machinerie de l’horloge est impressionnante.   Photo Progrès /Marion MAYER
La machinerie de l’horloge est impressionnante.   Photo Progrès /Marion MAYER
 C’est sur la façade de l’Hôtel Gadagne que sera installée l’horloge, une fois rénovée.   Photo Progrès /Marion MAYER
C’est sur la façade de l’Hôtel Gadagne que sera installée l’horloge, une fois rénovée.   Photo Progrès /Marion MAYER
 L’horloge est rénovée chez L’Horloger de Saint-Paul dans le Vieux-Lyon.   Photo Progrès /Marion MAYER  Le grand cadran est posé à même le sol, en attendant d’être traité.   Photo Progrès /Marion MAYER  Les aiguilles et les cloches vont faire peau neuve.   Photo Progrès /Marion MAYER  Les fixations sont encore en excellent état, selon Philippe Carry.   Photo Progrès /Marion MAYER  La machinerie de l’horloge est impressionnante.   Photo Progrès /Marion MAYER  C’est sur la façade de l’Hôtel Gadagne que sera installée l’horloge, une fois rénovée.   Photo Progrès /Marion MAYER

L’horloge n’a pas sonné depuis 2005

L’horloge est aussi très bien pensée, en termes techniques. « Des petits ressorts présents dans les supports des cloches permettent de jouer avec le son. Ça va nous permettre de rendre la sonnerie un peu plus feutrée et de moins embêter les habitants du quartier », explique-t-il. Un élément important à prendre en compte, puisque les cloches sonnent tous les quarts d’heure en journée.

D’ailleurs, quelle sera la sonnerie de « l’horloge aux Guignols » ? « Alors ça, c’est un mystère ! », s’exclame Philippe Carry. « Elle n’a pas sonné depuis 2005, alors personne ne se souvient de la mélodie. Certains disent que c’était une marche militaire, d’autres Le Chant des Canuts… » Un défi, donc, pour l’artisan qui tient à rendre l’horloge comme neuve , et comme avant.

Des travaux sous le signe de la précision

L’installation de l’horloge sur la façade du Musée des Arts de la Marionnette est confiée à des architectes de l’agence Repellin Larpin & Associés, spécialisées dans la rénovation de monuments historiques. Elles s’occupent également de la rénovation du mur de la rue de la Poulaillerie. Avec elles, un tailleur de pierre, un serrurier-métallier et des représentants de la ville. « On attend vos mesures précises, Monsieur Carry, pour commencer les travaux », lance Maïe Kitamura, l’une des architectes.

La précision est de rigueur, car l’horloge sera encastrée entre la première marche de l’entrée de l’hôtel et la fenêtre du premier étage, ce qui laisse peu de marge de manœuvre. Le coût total des travaux est estimé à 200 000 €.

Marion MAYER

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