Rhône A Lyon, un cimetière sous-marin de Vélo'v au pied du pont Lafayette

Une vue de près du tas de Vélo'v empilé pont Lafayette… malgré une très mauvaise visibilité dans l’eau  Photo Progrès /Odysseus 3.1
Une vue de près du tas de Vélo'v empilé pont Lafayette… malgré une très mauvaise visibilité dans l’eau  Photo Progrès /Odysseus 3.1
Nettoyage dans le Rhône vers le pont de la Guillotière ce dimanche par l'association Odysseus 3.1   Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Nettoyage dans le Rhône vers le pont de la Guillotière ce dimanche par l'association Odysseus 3.1 Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Une vue de près du tas de Vélo'v empilé pont Lafayette… malgré une très mauvaise visibilité dans l’eau  Photo Progrès /Odysseus 3.1 Nettoyage dans le Rhône vers le pont de la Guillotière ce dimanche par l'association Odysseus 3.1   Photo Progrès /Joel PHILIPPON

Après avoir découvert au pied d’un pilier du pont Lafayette une grosse quantité de Vélov’ empilée à cause du courant, l’association Odysseus a proposé ses services à JC Decaux pour les enlever. Les propriétaires, ravis, ont accepté. Reste à fixer la date de cette pêche qui pourrait être impressionnante…

Depuis qu’elles ont débarqué à Lyon, les trottinettes sont souvent pointées du doigt. Une pollution visuelle mais également concrète puisque des centaines ont été sorties du Rhône lors de différents nettoyages.

Sauf que dimanche, l’association Odysseus 3.1, qui a nettoyé le Rhône au niveau de la Guillotière a mis à jour une autre pollution « mode doux » : les Velo'v. Car si certains ont été repêchés çà et là jusqu’à présent, la découverte faite le jour du 2e  tour des municipales a de quoi faire pâlir tous les écologistes : une vingtaine de vélos de location, entassés sur une des piles du pont Lafayette.

 Nettoyage dans le Rhône vers le pont de la Guillotière ce dimanche par l'association Odysseus 3.1   Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Nettoyage dans le Rhône vers le pont de la Guillotière ce dimanche par l'association Odysseus 3.1   Photo Progrès /Joel PHILIPPON

« Déjà, nous avons été choqués en ressortant ce dimanche un vélo, accroché à sa base » explique Lionel Rard d’Odysseus 3.1. « À 15 heures, nous sommes repartis à trois vers le pont Lafayette. On nous avait parlé d’un tombant au pied d’une des piles du pont, créé par une barge dans les années 90 et le courant a creusé un trou. Et effectivement, sur place, en bordure du chenal, il y avait un trou d’environ 16-17 mètres. La visibilité était très mauvaise et le courant violent. J’ai perdu de vue mes deux collègues et je me suis retrouvé dans le tombant où j’ai en effet découvert des Vélo'v entassés sur 4 ou 5 mètres. Certains semblaient être là depuis très longtemps » explique Lionel Rard.

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Les Vélo'v non gênant pour la circulation dans le chenal

Si la Métropole est compétente pour la gestion des bas-ports qu’elle a réaménagés, la gestion du Rhône (en amont de la confluence) comme de la Saône, relève, pour ce qui concerne le lit du fleuve jusqu’à la pierre de rives, de Voies navigables de France (VNF) au titre de la gestion du domaine public fluvial. Leur rôle est de s’assurer que la navigation sur le chenal ne soit pas entravée. « Nous organisons fréquemment des campagnes bathymétriques afin de vérifier si les bateaux ne seront pas gênés pour avancer justement dans le chenal. Et nous n’avions pas connaissance de ce tas de vélos pour la bonne et simple raison que nous effectuons nos relevés au cœur du chenal » explique VNF. Et les Velo'v, entassés au pied du pont ne gênent pas, pour le moment, la circulation fluviale.

Il n’empêche… un cimetière de Vélo'v, ça fait désordre comme le concède JC Decaux , propriétaire des deux roues. Se pose évidemment la question de ce qu’il faut faire pour retirer les vélos. « Nous avons leur écrit pour leur montrer les vidéos mais également leur proposer notre expertise pour nettoyer le tombant et les aider à récupérer leurs véhicules. On met en place une barge, on fixe deux tendeurs avec des binômes… C’est jouable. Évidemment, l’été ce sera plus simple car la visibilité sera meilleure » poursuit le Lyonnais.

Et il a eu raison… JC Decaux lui a rapidement répondu et a accepté la proposition d’intervention. Reste à déterminer la date du nettoyage qui sera certainement impressionnant et qui pourrait dévoiler d’autres surprises au fond du trou…

"Un milier de vélo'v sont dans la nature"

Pour Raynald Boidin, directeur d’exploitation chez JCDecaux à Lyon, le vandalisme est toujours important: meilleur exemple ce week-end avec ce vélo découvert avec sa borne  Photo Progrès /Maxime JEGAT
Pour Raynald Boidin, directeur d’exploitation chez JCDecaux à Lyon, le vandalisme est toujours important: meilleur exemple ce week-end avec ce vélo découvert avec sa borne Photo Progrès /Maxime JEGAT

On parle beaucoup du vandalisme des trottinettes en free-floating, mais Velov’ est également très concerné

« Velov’ est à Lyon depuis 2005, nous avons donc une quinzaine d’années de recul aujourd’hui concernant le vandalisme. Durant les cinq premières années, les vélov’ volés ont été très nombreux. Nous en avons retrouvé une majorité, dans l’eau, hors de Lyon et même à l’étranger… mais il y en a toujours environ 20 % qui sont toujours dans la nature».

Comment faire face?

« On a progressé sur les plans de l’infrastructure et de la logistique. L’an passé, nous avons eu une énorme vague de disparitions et plusieurs centaines n’ont pas été retrouvées. Dès qu’on nous en signale un, on intervient. C’est le cas un peu tous les jours mais on peut quand même bien tabler sur un millier de Velov’ non retrouvés depuis notre arrivée à Lyon… »

Que faites-vous lorsqu’on vous en signale dans l’eau?

« Notre politique est claire : on va les récupérer, la plupart du temps au grappin. Une à deux fois par an, quand les eaux du Rhône et de la Saône sont basses, on les inspecte de l’extérieur. On en sort ainsi une quinzaine par an. Mais nous n’avons pas de moyens spécifiques en interne pour les sortir ».

Et dans ce cas précis, qu’allez-vous faire?

«  Il va falloir évidemment s’en occuper ! Au départ, on nous avait parlé de deux seulement, dont un avec une borne d’attache. Nous étions contents, même si c’est relatif… Évidemment, cette colline de Velov’, c’est différent : C’est du plastique, de l’acier avec une carte électronique, mais heureusement pas de batterie comme sur les trottinettes. Toutefois, les Vélov’ ne sont pas bio-dégradable, et il faut les récupérer pour les démanteler ».

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