Lyon Nettoyage du Rhône : les trottinettes sorties, pas les Velov’

Au milieu des morceaux de ferrailles, une roue géante et un panneau d’affichage. Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Au milieu des morceaux de ferrailles, une roue géante et un panneau d’affichage. Photo Progrès /Joel PHILIPPON

Une douzaine de plongeurs ont renouvelé l’opération de septembre 2019 dans le Rhône, mais cette fois-ci, dans le quartier de la Guillotière. Peu de trottinettes, mais un vrai cimetière de Velov au pied du pont Lafayette… pour lequel ils n’ont rien pu faire.

Vélos, trottinettes, chariots de grande surface, téléphones en pagaille mais également un panneau de signalisation, une pompe à bière ou une énorme roue en métal… Voici une petite partie de ce que les plongeurs d’Odysseus 3.1 ont repêché dans le Rhône à la fin du mois de juin.

Une pêche « miraculeuse » dans le mauvais sens du terme, avec certes moins de trottinettes, mais avec la découverte de dizaines de Velov entassés sous l’eau au niveau d’une des piles du Pont Lafayette… qu’ils n’ont pas pu bouger à cause du courant.

Une nouvelle opération, autour du quartier de la Guillotière, semblable à celle effectuée côté Presqu’ile en 2019 où ils avaient, sorti une centaine de trottinettes. « À l’époque, c’était une opération sentinelle, de nettoyage… Là on va plus loin » explique Lionel Rard, président de l’association.

Double objectif

« On a appelé cette opération Revers’ô car elle a un double objectif : nettoyer le fleuve se déroulera entre le pont Guillotière et le pont Wilson pour sortir du fond de l’eau le maximum de déchets, avec la participation de bénévoles. Mais si nettoyer c’est bien, parler avec le public, c’est encore mieux. Nous avons contacté l’association Des Espèces Parmi’Lyon, dont le Gabiodiv est à une centaine de mètres (lire par ailleurs) : c’est l’occasion de mettre en avant cette initiative Lyonnaise qui sensibilise le public à la biodiversité en milieu urbain ».

 Des chariots pleins de déchets. Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Des chariots pleins de déchets. Photo Progrès /Joel PHILIPPON

Dès 10 heures, le briefing effectué, la douzaine de plongeurs a commencé le nettoyage. Parmi eux, Cédric, un nouveau. « J’ai découvert l’association lors de son travail au lac du Parc de la Tête-d’or. J’avais déjà participé à des nettoyages en mer, mais jamais en rivières ou fleuve. C’est très différent et il faut se méfier des courants. Mais c’est tellement important de montrer au public que ce qu’il jette reste dans l’eau… ou va polluer la mer ».

Et pendant que les plongeurs sont dans l’eau, sous l’œil attentif des sapeurs pompiers et aidés par le bateau de l’association l’Arioste, plusieurs étudiantes bénévoles de l’association @lyondepollution sont venues spontanément donner la main pour sortir les morceaux de métal.

Carton rouge aux « Sapiens »

Positionnée en bordure de piste cyclable, la présence de l’association interpelle. Passants et cyclistes sont nombreux à s’arrêter pour regarder les déchets sortis de l’eau. Ça questionne, ça interroge, ça réagit. Finalement, certains ont même donné la main pour aider les bénévoles. « Mais toujours dans le bon sens », ajoute Lionel. « Et si finalement on a trouvé moins de déchets qu’on le pensait, la découverte de ce tas de Velov qu’on ne peut pas bouger fait froid dans le dos et nous pousse à mettre un gros carton rouge aux « Sapiens » ».

Le Gabiodiv, la biodiversité qui fait parler…

Le biologiste et photographe Vincent Maran est venu photographier les fonds autour du Gabiodiv.  Photo Progrès /David TAPISSIER
Le biologiste et photographe Vincent Maran est venu photographier les fonds autour du Gabiodiv.  Photo Progrès /David TAPISSIER

Contactés par Lionel Rard pour participer à la journée de sensibilisation et de nettoyage, Quentin Brunelle et Victorine De Lachaise, co-fondateurs de l’association Des espèces parmi’lyon sont aux anges. Le photographe et biologiste Vincent Maran venu pour les rencontrer et faire des photos du Gabiodiv’.

Le projet a en effet emballé le spécialiste et les échanges ont été nombreux et enrichissant. « L’accueil du public est très sympa » explique Victorine. « Évidemment, notre objectif, c’est de montrer l’importance du Gabiodiv pour le renouvellement de la faune et de la flore dans le Rhône. On a recensé pas moins de 70 espèces et le castor, qui venait le soir pendant le confinement revient très tôt le matin ».

La jeune association qui est en pourparlers avec la Métropole pour des aménagements espère également multiplier les Gabiodiv autour du Rhône et de la Saône. Et ils espèrent que le nouveau maire prêtera une oreille attentive à leurs projets…

D.T.

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