Société Avec le Covid, les tatoueurs avancent masqués

Diane, dans son salon de piercing et tatouage, Diamond Flash, situé dans le 1 er arrondissement   de Lyon.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON Pour un tel tatouage, c’est près de quatre heures de travail.  Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Diane, dans son salon de piercing et tatouage, Diamond Flash, situé dans le 1 er arrondissement de Lyon.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON Pour un tel tatouage, c’est près de quatre heures de travail.  Photo Progrès /Joel PHILIPPON

Déjà soumis à des règles d’hygiène strictes, les tatoueurs doivent se plier à un protocole sanitaire encore plus rigoureux du fait de la pandémie. La reprise est quand même là.

Bien que faisant partie des métiers où les contacts physiques ne peuvent être évités, les salons de tatouage ont pu rouvrir dès le 11 mai. «Comme beaucoup de confrères, nous avons été étonnés de pouvoir reprendre lors du déconfinement alors que certaines boutiques devaient rester porte close», nous dit-on chez A color trip, un salon de tatouage situé dans le 1er arrondissement de Lyon.

Il faut dire que les tatoueurs sont déjà soumis à des obligations réglementaires strictes «en temps normal» car tenus de déclarer leur activité auprès de l’ARS (Agence régionale de santé) et de respecter ainsi les règles d’hygiène et de salubrité rigides auxquelles ils sont formés.

Un protocole sanitaire particulièrement strict

Crise sanitaire oblige, le ministère de la Santé a élaboré un protocole sanitaire encore plus strict à appliquer rigoureusement pour rouvrir. Selon celui-ci, la personne se faisant tatouer ne peut plus être accompagnée. Par ailleurs, les tatoueurs ne peuvent plus accueillir le public dans les salons. «Avant, j’ouvrais ma boutique en même temps que je faisais un tatouage. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Je prends plusieurs rendez-vous avec les clients, un pour le dessin et ensuite un autre pour le tatouage. Avant le premier rendez-vous, tout se fait par téléphone, avec internet…», explique Diane, qui possède son propre salon, Diamond Flash, dans le 1er arrondissement lyonnais.

Selon le protocole du ministère de la Santé, le port du masque doit être doublé d’une visière lorsque le tatouage est fait à proximité du visage. Et tout doit être désinfecté de fond en comble entre chaque client, les ustensiles évidemment, comme c’est toujours le cas, mais aussi les locaux. « Nous nettoyons encore plus qu’avant », estime Diane.

Se faire tatouer pour oublier ?

Face la crainte d’un redémarrage timide dû à toutes ces contraintes supplémentaires, le Syndicat national des artistes tatoueurs a rappelé sur son site les règles élémentaires afin de rassurer les clients. En indiquant, par exemple, qu’«un tatouage par effraction cutanée ne constitue pas, en soi, une porte d’entrée du Covid-19, qui est un virus respiratoire».

La reprise se fait pour la plupart en douceur : «On redistribue les clients de mars petit à petit sur l’agenda et aujourd’hui, nous avons des nouveaux clients, ça reprend tout doucement», explique-t-on chez A color Trip.

Diane, elle, ne s’attendait pas à reprendre aussi bien : «Je stressais que les gens aient peur et qu’ils n’aient pas envie de venir mais finalement ils ont vite envoyé des messages quand on a commencé à savoir que nous allions être déconfinés. Le temps que je me fasse livrer et j’ai repris le 26 mai et depuis je n’arrête pas!».

Se faire tatouer pour oublier ? «Globalement, les gens ont quand même le cafard, mais ils ont envie de se faire plaisir. J’ai fait une croix pour une infirmière. Les soignants ont vu des choses difficiles…».

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?