Villeurbanne Huit mois après l’incendie, Bel Air Camp renaît de ses cendres

Pauline Siché-Dalibard, la directrice générale de l’incubateur de start-up Bel Air Camp, dans les nouveaux locaux de l’avenue Paul-Kruger. Photo Jérôme MORIN
Pauline Siché-Dalibard, la directrice générale de l’incubateur de start-up Bel Air Camp, dans les nouveaux locaux de l’avenue Paul-Kruger. Photo Jérôme MORIN

L’incubateur de start-up, dont le bâtiment avait été ravagé par les flammes en octobre, fourmille de projets pour se relancer. Il héberge d’ores et déjà 18 sociétés, essentiellement sur un nouveau site.

« On est content que la cicatrice puisse bientôt disparaître. » Pauline Siché-Dalibard, la directrice générale de l’incubateur de start-up Bel Air Camp, annonce que la démolition du bâtiment parti en fumée à l’automne, rue Alfred-de-Musset, débutera en juillet. « Le permis a été signé. Ce sera terminé d’ici à la fin de l’année. »

Épilogue souhaité d’une série d’épreuves pour la structure. Le 8 octobre, l’incubateur et les 58 entreprises qu’il hébergeait avaient tout perdu ou presque, avec le sinistre. À peine le temps de se relever que la crise du Covid frappe à la porte à la fin de l’hiver. « Comme après l’incendie, on relève la tête et on choisit la résilience », livre la responsable.

« Deux sites, une communauté »

« On a obtenu environ la moitié de ce qu’on attend des assurances. C’est un gros dossier, qui ne sera probablement pas terminé avant octobre ». Mais Bel Air Camp va de l’avant. Un nouveau site, le Bel Air Business, est opérationnel depuis décembre, avenue Paul-Kruger. Près de 3 000 m² de surface ont été loués ou le seront bientôt, sur quatre étages, dans un ensemble flambant neuf, avec « des bureaux privatifs pour les start-up et des espaces communs ».

Bel Air Industrie sur 7000 m2

Sur le pôle historique, un bâtiment héberge quelques sociétés et une ancienne usine de 7 000 m² va bientôt devenir le Bel Air Industrie. « Les propriétaires ont investi un peu plus d’un million d’euros » pour sécuriser ce hangar. « Les travaux viennent de se terminer. » Reste à effectuer les aménagements intérieurs avant de lancer une hardware zone. « Deux sites, une seule communauté », résume la directrice générale, soucieuse de « la qualité de vie au travail. On a des ostéos, des coiffeurs, des food-trucks… Notre rôle est aussi de rompre la solitude du chef d’entreprise. »

 Bel Air Business occupe une grande partie de ce bâtiment flambant neuf de l’avenue Paul-Kruger. Photo Jérôme MORIN
Bel Air Business occupe une grande partie de ce bâtiment flambant neuf de l’avenue Paul-Kruger. Photo Jérôme MORIN
L’un des espaces communs du Bel Air Business. Photo Jérôme MORIN
L’un des espaces communs du Bel Air Business. Photo Jérôme MORIN
 Bel Air Business occupe une grande partie de ce bâtiment flambant neuf de l’avenue Paul-Kruger. Photo Jérôme MORIN L’un des espaces communs du Bel Air Business. Photo Jérôme MORIN

« Refaire partir la communauté »

18 des 58 sociétés de l’époque poursuivent l’aventure Bel Air. Elles sont spécialisées dans la réalité virtuelle, l’événementiel, ou encore dans les sous-marins ou les fauteuils musicaux immersifs. Les autres start-up, relogées ailleurs en urgence, avec le concours des pouvoirs publics, « ne se sont pas réinstallées pour plein de raisons, notamment pour des baux qui les contraignaient », précise Sarah Isman, la responsable communication.

Actuellement, la moitié du site de Bel Air Business est occupée. « On va bientôt faire un appel à candidatures pour Bel Air Industrie. Il faut refaire partir la communauté de l’industrie de demain. Plus on est nombreux, plus elle est riche », souligne Pauline Siché-Dalibard.

Une hardware zone à Bel Air industrie

Le Bel Air Industrie, qui verra bientôt le jour, mixera espaces de stockage et ateliers sur quelque 7 000 m², à proximité immédiate du bâtiment incendié. Il proposera en outre une hardware zone , «pour passer de l’idée à l’industrialisation sur le même site», promet l’incubateur. «Bel Air Camp avait investi dans 20 machines», mais «elles ont rouillé» avec le sinistre. «Un nouvel investissement va être fait», précise Sarah Isman, la responsable communication.

Deux partenaires sont associés au projet. La société Tikam, qui accompagnera le prototypage. Et l’entreprise «Kickmaker, qui fera du débogage de produits, les testera au niveau de l’eau, de l’électricité, etc., avant de passer à la présérie.» La hardware zone «permettra de suivre toutes les étapes de production» dans un seul et même lieu.

Jérôme MORIN

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