Insolite L’aventure incroyable du petit faucon pèlerin de la Part-Dieu

Comme le montre le cliché de Pascal Galguen, bénévole à la LPO, le jeune faucon vient juste d’être déposé sur le toit terrasse du silo de la bibliothèque de la Part-Dieu. Il va bien.  Photo Pascal Galguen
Comme le montre le cliché de Pascal Galguen, bénévole à la LPO, le jeune faucon vient juste d’être déposé sur le toit terrasse du silo de la bibliothèque de la Part-Dieu. Il va bien. Photo Pascal Galguen

Découvert par une passante sur un trottoir du boulevard Vivier-Merle à Lyon, le petit rapace âgé de six semaines a réintégré le nid familial installé sur le silo de la bibliothèque de la Part-Dieu. Après un détour par une clinique vétérinaire et un aller-retour à Saint-Forgeux, il est revenu indemne grâce à la mobilisation de plusieurs personnes.

Imaginez… Vous êtes en plein quartier des Affaires, vous marchez d’un pas rapide sur le trottoir du boulevard Vivier-Merle et là, juste devant surgit un petit rapace, de la taille d’un gros pigeon un rien perdu entre le bruit et la fureur de la ville. Vous faites quoi ?

Cette situation pour tout dire quasi inédite, une passante l’a vécue en direct. En découvrant l’animal, elle prend une photo. Le document a-t-il circulé ? Toujours est-il que le centre de soins pour oiseaux sauvages du Lyonnais, l’Hirondelle, basé à Saint-Forgeux, alerte la LPO Auvergne-Rhône-Alpes qui se rend sur place un vendredi après-midi. L’oiseau est en danger, il peut à tout moment tomber sur une voiture. Trop tard, il s’est… envolé.

Envolé n’est pas tout à fait le bon terme, avancent les spécialistes de Ligue pour la Protection des Oiseaux, car c’est un jeune faucon pèlerin de six semaines qui volette plus qu’il ne vole, d’immeuble en immeuble. Il est bien connu des services de la LPO qui le surveillent depuis qu’il est né, là-haut dans le nid qu’ils ont installé sur la façade de la bibliothèque de la Part-Dieu. Et le périple ne s’arrête pas là.

Il ne sait pas encore chasser

Le lendemain, samedi, « nous apprenons qu’il est au centre de soins, après avoir été rapporté par une personne inconnue à une clinique vétérinaire du quartier de la Part-Dieu. Il n’était ni blessé, ni affaibli », indique Cyrille Frey, chargé d’études. Mais à partir de là, il leur faut faire vite. Le petit doit être replacé dans le nid, afin que les adultes puissent le nourrir à nouveau.

À cet âge-là, il ne sait pas encore chasser. Aussitôt, la LPO contacte la bibliothèque de la Part-Dieu, car il leur faut accéder au toit.

 Un adulte en train de nourrir un jeune dans le nichoir de la Part-Dieu, sur la façade de la bibliothèque.   Photo Pascal Galguen
Un adulte en train de nourrir un jeune dans le nichoir de la Part-Dieu, sur la façade de la bibliothèque.   Photo Pascal Galguen

Surveillance accrue

Cyrille Frey raconte : « Les équipes de la bibliothèque se sont immédiatement mobilisées pour préparer l’accès au toit et samedi à 14 h 30 l’oiseau venu du centre de soins était déposé sur le toit terrasse du silo de la bibliothèque, quelques mètres au-dessus du nichoir qui l’a vu naître ». C’est Lætitia du centre de soins qui a ramené l’oiseau et procédé à sa libération.

L’affaire n’était pas si simple. Le petit est robuste et a protesté avec vigueur… Mais les parents sont toujours là, perchés souvent sur le Crayon. Reste à savoir comment ils accueilleront le retour de leur progéniture après 24 heures d’absence… C’est là tout l’objet de la surveillance organisée cette semaine par la LPO. « Si le nourrissage ne reprend pas, il faudra ramener le petit rapace au centre de soins pour l’alimenter. Mais c’est une situation désespérée, poursuit Cyrille Frey, car si là-bas on peut le gaver, on ne peut pas lui apprendre à chasser »…

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