Politique Elections à la Métropole de Lyon : ils sont sur les listes… mais ne le veulent pas !

Lors des vœux de Bernard Bochard (à gauche de Gérard Collomb, ici au pupitre), en janvier 2020. A droite, Karine Dognin-Sauze.  Photo d'archives Progrès/ Sophie MAJOU
Lors des vœux de Bernard Bochard (à gauche de Gérard Collomb, ici au pupitre), en janvier 2020. A droite, Karine Dognin-Sauze. Photo d'archives Progrès/ Sophie MAJOU

L’alliance de Gérard Collomb avec la droite fait des dégâts dans les listes métropolitaine et municipale qu’il chapeaute. Trois de ses colistiers auraient bien voulu déserter pour le deuxième tour, mais le droit électoral les en empêche. Explications.

« J’ai envoyé un pli par huissier à Gérard Collomb, vendredi dernier, pour qu’il me retire de ses listes ! ». Bernard Bochard, le maire (PS) sortant du 9e  arrondissement de Lyon ne décolère pas. L’alliance avec la droite, il n’en voulait pas.

« Quitte à perdre, il fallait le faire avec la tête haute ! », souffle-t-il, alors que les listes Collomb (9e arrondissement de Lyon et circonscription métropolitaine Ouest) sont arrivées en deuxième position derrière les Verts, au premier tour.

Impossible de se retirer

« Le 16 mars, nous actons, Gérard Collomb et moi qu’il ne peut y avoir d’accord avec la droite » accuse Bernard Bochard. Selon l’élu, un « nivellement des valeurs » décrédibilise l’action politique, amenant inévitablement « aux extrêmes ».

Sa démarche d’être gommé des deux listes est toutefois vouée à l’échec. Le code électoral prévoit en effet qu’un candidat ne peut pas se retirer de sa liste initiale si cette dernière se maintient au deuxième tour sans fusion avec une autre liste.

Or, Gérard Collomb, à la tête des deux listes, n’a pas conclu d’accord… avec la droite , tout en la prônant partout ailleurs ! Bernard Bochard n’a donc pas pu s’échapper. Il y est pourtant en terre connue, puisque l’intégralité de ses co-listiers, comme lui, est restée. Pas de nouveaux venus de la droite, donc.

Démission ?

De la même manière, c’est bien toujours Yann Cucherat, le candidat officiellement fléché pour être le maire de Lyon, en cas de victoire du camp Collomb. Ce qui a changé, en revanche, c’est l’annonce, par l’ancien ministre de l’Intérieur d’un accord de gouvernance avec la droite, tant à la mairie qu’à la Métropole, en cas de victoire.

Du coup, Bernard Bochard annonce qu’il ne « fera pas campagne » et promet qu’il « ne participera pas à une majorité avec la droite de Wauquiez ». Pour autant, irait-il jusqu’à démissionner, une fois au conseil municipal ? L’élu ne se prononce pas, pour l’heure.

« Non, merci. Ce sera sans moi »

Autre « malgré elle », sa colistière Karine Dognin-Sauze , sur la liste métropolitaine Ouest. Cette vice-présidente sortante de la Métropole de Lyon, demeurée dans l’exécutif de David Kimelfeld, et candidate, l’été dernier, au poste de référente de La République en Marche dans le département et la Métropole de Lyon jette, elle aussi, l’éponge.

Peu limpide sur son positionnement, elle a observé, par communiqué, « regretter le manque de responsabilités qui a sans doute aussi heurté nombre de grands lyonnais » avant de faire état de « responsabilités professionnelles » à venir. Contactée, elle n’a pas répondu à nos sollicitations.

Dernier candidat piégé sur la liste métropolitaine Ouest : Freddy Bouchet. Ce climatologue, directeur de recherche au CNRS, rejette l’alliance « conservatrice avec Les Républicains qui s’oppose à l’écologie et éloigne Lyon du monde de demain », comme il l’a indiqué sur son compte Twitter. « Non, merci. Ce sera sans moi », a-t-il conclu.

S. M.

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