Transports À Lyon, les ventes de vélos électriques font des étincelles

L’aide financière pour l’achat d’un vélo électrique a sans doute boosté les ventes. Mais ce n’est pas l’unique raison de cet engouement…  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
L’aide financière pour l’achat d’un vélo électrique a sans doute boosté les ventes. Mais ce n’est pas l’unique raison de cet engouement… Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

Peur de prendre les transports en commun, augmentation des pistes cyclables, prime de 500 euros pour l’achat d’un vélo : c’est le rush sur la petite reine, et notamment sur les VAE (vélos à assistance électrique).

L’engouement pour le vélo électrique était déjà là depuis quelques années. Depuis 2017 précisément, date à laquelle la prime à l’achat, allant jusqu’à 200 euros, avait boosté les ventes. En 2019, ce que l’on pouvait jusqu’alors considérer comme un effet de mode était déjà bien ancré dans les mœurs : le marché du VAE représentait déjà 40 % des ventes totales de vélo.

Mais ces chiffres sont sans commune mesure avec l’après déconfinement : la crainte de prendre les transports en commun, les pistes cyclables crées temporairement (ou pas) et aussi la nouvelle aide à 500 euros de la part de la métropole lyonnaise ont créé un engouement sans précédent. L’enseigne Go Sport parle d’un boom des ventes de l’ordre de 300 %, alors que Décathlon vient de lancer la location de vélos électriques à partir de 27,90 euros par mois avec abonnement.

Des files d’attente dans la rue

Axel, l’un des gérants d’ ECOX (spécialiste du vélo électrique situé dans le 6e arrondissement de Lyon) confirme le rush : « C’est à 15 jours du déconfinement que les choses se sont emballées. Et après le 11 mai, on a été complètement débordés. Il y avait des files d’attente de plusieurs mètres dans la rue. Au point que depuis 15 jours, nous avons bloqué l’atelier les réparations (sauf pour les réparations de nos clients et leur suivi) et nous ne faisons plus que de la vente ».

Effet déconfinement, mais aussi effet prime : « Le mois de mai est toujours le mois le plus gros de l’année. Mais là, on a dû entamer les stocks qui ont vite saturé. Et les sites des fournisseurs ont été embouteillés par une arrivée de commandes inhabituelles. On fait des journées de 12 heures ! On n’a pas vu ça depuis 2017, date de la première prime vélo. »

Tout le monde veut faire du vélo. L’électrique le rend accessible aux moins sportifs et plus âgés.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Tout le monde veut faire du vélo. L’électrique le rend accessible aux moins sportifs et plus âgés.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Une aide financière de 50 euros a également été votée par la Métropole de Lyon pour réparer un vélo.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Une aide financière de 50 euros a également été votée par la Métropole de Lyon pour réparer un vélo.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Une file d’attente devant Etabli cyclette, un atelier associatif et professionnel d’auto-réparation de vélos.   Photo Progrès /Sandrine RANCY
Une file d’attente devant Etabli cyclette, un atelier associatif et professionnel d’auto-réparation de vélos.   Photo Progrès /Sandrine RANCY
Tout le monde veut faire du vélo. L’électrique le rend accessible aux moins sportifs et plus âgés.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD Une aide financière de 50 euros a également été votée par la Métropole de Lyon pour réparer un vélo.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD Une file d’attente devant Etabli cyclette, un atelier associatif et professionnel d’auto-réparation de vélos.   Photo Progrès /Sandrine RANCY

La boutique a vu son chiffre d’affaires augmenter de près de 40 % : « Alors que nous avions entre 12 et 15 personnes par jour, aujourd’hui c’est entre 30 et 40. On a doublé les ventes, voire triplé. Les samedis c’est de la folie… », lance Axel. De deux salariés, ECOX est passé à trois : « C’est une embauche qui ne devait se faire qu’en septembre… », selon lui.

Une dame d’une cinquantaine d’années essaie un vélo « urbain confort ». « Notre clientèle se situe dans une tranche d’âge située entre 40 et 60 ans », précise-t-il. Tout le monde veut faire du vélo. L’électrique le rend accessible aux moins sportifs et plus âgés. Mais attention si vous voulez vous y mettre : « D’habitude on a une semaine de délai pour avoir un vélo, aujourd’hui c’est 15 jours », estime le jeune homme.

Une rue plus loin d’ECOX, une file d’attente s’est formée devant Etabi cyclette. Un atelier associatif et professionnel d’auto-réparation de vélo. Preuve que l’univers du vélo a de très beaux jours devant lui.

Combien ça coûte un vélo électrique ?

En 2019, il s’est vendu 400 000 vélos électriques sur les 2,6 millions de vélos vendus en France. En moyenne, un vélo électrique revient à 1 700 €, contre 360 € pour un vélo « mécanique ».

Le budget classique chez les marchands de cycles de la Métropole tourne plutôt « autour de 2 500 € », assure Pierre-Louis Lanier, le gérant des cycles Blain. « Un bon vélo de ville, c’est un vélo avec un seuil de franchissement assez bas - la barre située devant la selle - pour respecter le Code de la route dans de bonnes conditions, des freins hydrauliques à disques, mais pas nécessairement une batterie surdimensionnée ».

Sandrine RANCY

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