Evénement La mairie de Lyon prépare déjà… la fête des Lumières 2020

À Lyon, rue Victor-Hugo, le 8 décembre 2019.  Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
À Lyon, rue Victor-Hugo, le 8 décembre 2019. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON

Un appel à concurrence a été lancé le 25 mai pour trouver les artistes-concepteurs chargés d’illuminer six sites emblématiques lyonnais du 5 au 8 décembre 2020, alors qu’on ne sait pas encore si le festival sera maintenu.

On pensait la France corsetée par les annonces liées à la crise sanitaire et à la crainte d’une deuxième vague meurtrière en fin d’année. Mais du côté de la mairie de Lyon, l’optimisme est de rigueur.

On y prépare, en effet, activement l’édition 2020 de la fête des Lumières, prévue du samedi 5 au mardi 8 décembre. Le festival, paré du nom « Lyon by Light ! », compte manifestement attirer toujours plus de touristes étrangers. Combien de volontaires pour déambuler, collés serrés dans les rues lyonnaises pour la fête des Lumières ?

« Un parallèle entre la peste au XVIIe siècle et le Covid-19 »

Le 25 mai 2020, la Ville mettait en ligne un appel à concurrence pour la programmation artistique de six lieux emblématiques, sur sa plateforme numérique consacrée aux marchés publics. Il y a la colline de Fourvière, pour laquelle la « piste créative proposée » n’hésite pas à « aborder la notion de fin de pandémie […] en faisant le parallèle entre la peste au XVIIe siècle et le Covid-19 ». Un budget « estimatif » de 240 000 € TTC y sera consacré. Sur la cathédrale Saint-Jean, « la proposition créative (100 000 € TTC) pourra aborder les notions thématiques de lumière en tant qu’espoir, ouverture ou optimisme ».

Thème « potentiellement relié au confinement »

Pour la place des Terreaux, le « propos » (sic) « pourra traiter des thématiques du monde de demain et du nouveau vivre ensemble […] » (200 000 € TTC) envisage la Ville. Sur la place des Célestins, petit clin d’œil là-encore, au Covid-19, puisqu’un « thème potentiellement relié au confinement comme les solidarités, le rapport au temps ou à l’espace […] » (70 000 € TTC), est suggéré. Même posture pour la place des Jacobins (90 000 € TTC), toute proche. De quoi tirer une larme aux spectateurs. Avec ou sans masque ?

Au parc de la Tête d’Or, en revanche, c’est une « proposition contemplative (sur les pelouses) permettant une déambulation apaisée », qui devra être soumise (75 000 €). À admirer, si on n’est pas, à nouveau confinés bien sûr.

Tant pis pour les écolos

La continuité du service public permet la poursuite de la vie municipale, malgré la tenue d’un scrutin électoral. On peut toutefois s’interroger sur l’opportunité et l’urgence à lancer un appel à concurrence, avec une réponse, au plus tard, le 17 juin, tandis que l’examen des offres est prévu le 18 juin, soit… dix jours avant le deuxième tour de l’élection municipale. La mairie n’a pas accéléré le processus par rapport à l’an dernier ; elle l’a même repoussé pour cause de confinement. Quant au projet lui-même, il est revu à la baisse avec « 50 » installations contre 65 lors de la précédente édition. Les places Bellecour et Sathonay passent, en particulier, à la trappe.

En ces temps électoraux, la décision de lancer le processus de la fête des Lumières prend une coloration politique. Les écologistes, arrivés en tête au premier tour, avaient annoncé durant la campagne, vouloir « repenser » la fête des Lumières en la déconcentrant davantage dans les arrondissements, et en la rendant davantage « écologique ».

Contactés, Yann Cucherat, l’adjoint en charge des grands événements et candidat LaREM à la ville de Lyon, et le cabinet du maire de Lyon, n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Sophie MAJOU

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