Musique Sara Costa: «J’ai profité de cet arrêt forcé pour créer»

Sara Costa: un groove élégant et nonchalant.  Photo Progrès /Juliette VALERO
Sara Costa: un groove élégant et nonchalant.  Photo Progrès /Juliette VALERO

La DJ lyonnaise garde le tempo malgré l’interruption de toutes ses prestations en public, et publie un nouveau morceau, gorgé de soul et de soleil.

Comment vit-on cette période particulière quand on est DJ ?

« Tous les endroits où je travaille habituellement sont fermés, déconfinement ou pas. C’est un peu minant, parce que c’est la période la plus importante de l’année. Mais j’ai profité de cet arrêt forcé pour travailler et créer. Mes journées ont été très occupées, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer. C’était une opportunité à saisir, mettre à profit ces événements et rester positif. »

Comment avez-vous occupé vos journées ?

« J’ai pris le temps de réaliser des choses que je n’ai pas le temps de faire habituellement. J’ai la chance d’avoir un petit studio à la maison, j’ai pu composer, écouter de la musique, chercher des sons… »

Votre travail sera différent après cet épisode ?

« Pour être franche, je ne sais pas trop, je ne peux pas l’anticiper. Je ne prépare jamais trop mes sets, quand je mixe, pour rester à l’écoute du public et de ses attentes. Que je mixe en club, en entreprise ou en festival, chaque situation est différente. En entreprise, je sais globalement ce que je vais jouer. En club, c’est plus au feeling, on attend la réaction des gens. Quant aux festivals, c’est différent, on joue davantage nos productions, c’est beaucoup plus personnel. »

Vous avez un nouveau morceau, «  My Way  », qu’est-ce qu’il raconte ?

« Je n’avais rien publié depuis un an, sinon des remix pour d’autres groupes. Grâce au confinement, j’ai eu du temps pour peaufiner quelque chose, et j’ai voulu à nouveau travailler avec Opé Smith. Je voulais quelque chose de coloré, de funky, de très happy. J’avais envie d’évoquer une certaine élégance, une rondeur, un détachement un peu classe, qui évoque davantage une coupe de champagne qu’un demi de bière… »

Qu’est-ce qui est le plus important pour vous dans ce morceau ?

« Je suis très attachée au groove, évidemment, parce que je suis une fan de jazz et de funk. Mais il y a aussi un petit côté gospel, grâce à la voix d’Opé Smith. C’est très important pour moi, on retrouve ce groove dans tous ce que je fais ».

Du violoncelle aux platines

Fille d’une professeure de musique et d’un collectionneur de disques, Sara Costa a fait ses premières gammes au violoncelle au conservatoire de Lille.

À l’adolescence, la jeune fille découvre le hip-hop, et commence à filer sur Paris voir des concerts de rap et hanter les disquaires spécialisés. « C’est cette passion qui m’a propulsée derrière les platines, je n’ai pas du tout une culture de club. Je voulais être DJ comme ceux que je voyais sur scène, dans les concerts hip-hop », explique Sara Costa.

Elle viendra à Lyon très rapidement pour intégrer “l’école des DJ” de l’UCPA. « C’était une formation très complète qui m’a ouvert des portes. La semaine, on travaillait sur la technique, la production ou les lumières, et on était dans les clubs le week-end. C’est comme ça que j’ai pu jouer à L’Imprévu. Avant cette école, je ne pensais même pas que ma passion pouvait déboucher sur un métier, et gagner ma vie avec la musique », confie Sara Costa. Depuis elle a publié cinq singles, et joué partout dans l’Hexagone.

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