BROCANTE Mais qu’est-ce qui vous attend ce dimanche aux Puces du canal?

Stephan Blanchet, directeur des Puces du canal, a commandé des masques pour les marchands.  Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Stephan Blanchet, directeur des Puces du canal, a commandé des masques pour les marchands. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

A Villeurbanne, les responsables du 2e marché de France ont mis en place de nouvelles règles sanitaires, les exposants sont heureux de reprendre une activité, la marchandise est là. Ne manquent que les visiteurs qu’ils espèrent motivés.

De nouvelles règles

Il y aura une seule entrée et une seule sortie aux Puces du canal de Villeurbanne. La jauge sera limitée à 5 000 personnes, c’est-à-dire moitié moins qu’habituellement. Des sens de circulation ont été tracés dans les allées et dans les boutiques. Du gel hydro alcoolique sera disponible dans les sanitaires. Les déballeurs extérieurs seront installés en quinconce.

Tous les exposants sont fortement incités à porter un masque. Les visiteurs aussi. Stephan Blanchet, directeur des Puces, avait commandé des masques pour les marchands. La livraison a été différée à la semaine prochaine. Heureusement, il a été sauvé par la Région qui lui a fourni 500 unités pour ce dimanche 17 mai.

La brasserie Oscar et les guinguettes seront ouvertes mais avec de la vente à emporter seulement. La boulangerie et le marchand de primeurs seront eux aussi au rendez-vous.

Des exposants motivés

Tous ceux que nous avons interrogés sont heureux de se retrouver. « Pour certains, c’est vital, le dimanche est le seul jour de salaire », note Alain Bernard, président de l’UNAB (Union nationale des antiquaires et brocanteurs).

Pierre-Alain Gadéa, spécialisé dans le mobilier et les accessoires de l’univers école, bistrot et garage (dans le bâtiment de l’école) a bien travaillé sur internet, mais il avait « envie de retrouver un lien social. On est autant un musée qu’un commerce, J’aime faire voyager dans le temps, provoquer des souvenirs. Il me manquait l’humanité de la chose », reconnaît-il.

Et la marchandise ?

Ils n’ont pas forcément chiné pendant cette période, mais ils reprennent avec du stock.

« J’ai rangé mon garage, ce que je n’avais pas fait depuis cinq ans. J’ai trié mes réserves, j’ai découvert des choses que j’avais oubliées », indique Mickaël Verger, spécialisé dans le mobilier des années 50 et 60.

Sur son stand Histoire(s) de Mode , Anne a investi dans un défroisseur à vapeur. Les vêtements essayés par les clientes seront traités puis mis de côté jusqu’à la semaine suivante. « Je veux qu’elles se sentent rassurées », dit-elle. Elle agence des carrés Hermès, des sacs Ines de la Fressange et des vêtements Saint Laurent et Burberry.

Philippe Gallardo, le président de la nouvelle association, l’Union des marchands des puces du Canal (lire par ailleurs), n’a pas reçu tout le mobilier ancien himalayen qu’il a réservé. Les intéressés devront revenir.

5, rue Eugène Pottier, Villeurbanne. Ouvert le jeudi de 7 à 13 heures, le samedi de 9 à 13 heures et le dimanche de 7 à 15 heures. www.pucesducanal.com

Philippe Gallardo a créé l’Union des marchands des Puces du Canal un mois avant le confinement. Son stand, Un dimanche aux Puces, se trouve sous la halle Louis la Brocante.  Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Philippe Gallardo a créé l’Union des marchands des Puces du Canal un mois avant le confinement. Son stand, Un dimanche aux Puces, se trouve sous la halle Louis la Brocante. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

Une nouvelle association «pour aider la profession et la réinventer»

Philippe Gallardo a créé l’Union des marchands des Puces du canal un mois avant le confinement. Ce passionné de voyages et d’antiquités s’est reconverti dans la brocante (meubles ethniques, art africain et asiatique, objets de curiosité) après trente années passées chez Xerox.

Pourquoi cette association?
« Pour développer notre business de façon positive. Être pris en compte, être force de propositions et amener des idées. Notre profession doit se réinventer.»

Comment a-t-elle traversé la crise?
« Il y a un fossé entre ceux qui travaillent avec internet et les autres. Il y a une grande disparité entre les marchands, certains sont autoentrepreneurs, d’autres en sociétés, etc. Certains sont dans la précarité, le fossé risque de se creuser. Mais cette diversité peut être une richesse et une source de créativité. »

Comment envisagez-vous l’avenir?
« Notre première action a été de réaliser un tutoriel pour aider nos membres à bénéficier de l’aide du fonds de solidarité. La seconde sera de négocier la question des loyers avec le propriétaire des Puces. L’avenir va se jouer cet été. Si la clientèle régionale vient et achète, cela passera. Sinon, septembre et octobre seront dramatiques. »

Isabelle BRIONE

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