Humanitaire Crise alimentaire dans les squats et bidonvilles de la Métropole: la Croix-Rouge en première ligne

Des pommes de terre, du riz, de l’huile, du fromage, des produits hygiéniques sont distribués… De quoi faire un repas par jour, durant une semaine.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Des pommes de terre, du riz, de l’huile, du fromage, des produits hygiéniques sont distribués… De quoi faire un repas par jour, durant une semaine.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
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Des pommes de terre, du riz, de l’huile, du fromage, des produits hygiéniques sont distribués… De quoi faire un repas par jour, durant une semaine.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ

17 000 repas sont distribués chaque semaine par l’organisation humanitaire à des populations à la rue, encore plus fragilisés par la crise sanitaire. Reportage avec une équipe de bénévoles.

Sur le parking du Transbordeur, les barrières ont été posées. Les bénévoles de la Croix-Rouge viennent d’arriver. Une fois par semaine, comme depuis le début de la crise sanitaire, ils viennent distribuer des colis alimentaires aux habitants du bidonville coincé sous la bretelle d’accès du périphérique, entre le rond-point et la salle de spectacle. Une centaine de personnes, des Roms pour la plupart, y vivent dans des cabanes de fortune en bois et en tôle. On y dénombre une quinzaine d’enfants. En quelques semaines, chacun a pris ses marques.

A l’entrée du campement, on vérifie les présents, on relève les cartes d’alimentation. Il y a la bénévole qui régule la circulation le temps que les habitants traversent et rejoignent le parking. Toutes les précautions qui s’imposent, avec des gants, des masques et du gel hydroalcoolique, sont prises. La queue est fluide. On s’avance entre les barrières, on récupère son sac de nourriture puis on se retire. Des pommes de terre, du riz, de l’huile, du fromage, du savon, des produits hygiéniques pour les femmes… De quoi faire un repas par jour, durant une semaine.

 Dans l’entrepôt de la Croix-Rouge, les bénévoles viennent récupérer les colis alimentaires.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Dans l’entrepôt de la Croix-Rouge, les bénévoles viennent récupérer les colis alimentaires.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
 Distribution de paniers dans le squat du cours Lafayette.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Distribution de paniers dans le squat du cours Lafayette.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
 La distribution a lieu chaque mardi dans ce squat occupé par des migrants d’Afrique de l’Ouest.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
La distribution a lieu chaque mardi dans ce squat occupé par des migrants d’Afrique de l’Ouest.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
 Sur le parking du Transbordeur, les bénévoles distribuent une centaine de colis aux habitants du bidonville coincé sous le périphérique.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Sur le parking du Transbordeur, les bénévoles distribuent une centaine de colis aux habitants du bidonville coincé sous le périphérique.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
 17 000 repas sont distribués chaque semaine dans les squats et bidonville de la Métropole.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
17 000 repas sont distribués chaque semaine dans les squats et bidonville de la Métropole.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
 Les gestes barrière sont mis en place.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Les gestes barrière sont mis en place.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
 Dans l’entrepôt de la Croix-Rouge, les bénévoles viennent récupérer les colis alimentaires.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ  Distribution de paniers dans le squat du cours Lafayette.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ  La distribution a lieu chaque mardi dans ce squat occupé par des migrants d’Afrique de l’Ouest.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ  Sur le parking du Transbordeur, les bénévoles distribuent une centaine de colis aux habitants du bidonville coincé sous le périphérique.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ  17 000 repas sont distribués chaque semaine dans les squats et bidonville de la Métropole.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ  Les gestes barrière sont mis en place.   Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ

Parer à la situation d’urgence

Mardi 19 mai, les bénévoles seront de retour. Ici, comme sur le cours Lafayette où une trentaine de jeunes réfugiés africains vivent dans un squat. Ici, comme à Saint-Fons, pour venir en aide à des prostituées. Ici, comme à Villeurbanne, Lyon 9e, Caluire , Vaulx-en-Velin ou encore Feyzin où l’on trouve des personnes vivant dans des bidonvilles, campements illicites et autres squats. Une nouveauté pour l’organisation humanitaire qui se retrouve à parer à la situation d’urgence dans laquelle se retrouvent des populations, en situation de grande précarité, livrées à elles-mêmes, depuis le début de la crise.

L’épidémie de Covid-19 a fait naître de nouveaux besoins en termes de solidarité, mettant à mal et désorganisant aussi les dispositifs d’aide que pouvaient remplir jusque-là certaines associations. Confinement, risques sanitaires, difficulté d’approvisionnement en vivre, ces dernières se sont, du jour au lendemain, retrouver freiner dans leurs actions. La Croix-Rouge, qui depuis huit semaines a mis sur pied une structure de gestion de crise , a alors pris le relais, coordonnant et assurant une distribution grandeur nature de paniers alimentaires dans les squats et bidonvilles de la Métropole. Chaque semaine aujourd’hui près de 17 000 repas sont distribués dans ces lieux-là.

« Le tissu associatif lyonnais est efficace. L’idée n’est pas de prendre la place des associations, précise Samuel Dauphin, directeur des opérations Croix-Rouge pour le département du Rhône, mais de fournir des moyens de subsistances élémentaires aux populations les plus précaires et les plus démunies face à l’épidémie. » Il dit aussi : «  On monte de nombreuses actions, nouvelles , sans savoir combien de temps, cela va durer. La question se pose de savoir si nous poursuivrons, et comment, cette distribution après l’épidémie. » Il salue la mobilisation, énorme, des bénévoles sur le terrain depuis le début de la crise. Ceux-là ne comptent pas leurs heures et les tournées s’enchaînent.

« Aide inconditionnelle »

Ce mardi 12 mai, ils sont une petite quinzaine à rejoindre le vaste entrepôt de la Croix-Rouge où sont stockées les denrées et autres produits. Il faut remplir les camions avant la distribution. Il y a aussi les bénévoles qui gèrent la logistique, l’approvisionnement par la banque alimentaire, les dons de la grande distribution et autres partenaires privés, la création des colis…

Amélie est à la manœuvre. Professionnelle de l’humanitaire, elle est arrivée, bénévole, à la Croix-Rouge, il y a quelques mois, pour coordonner la distribution de l’aide alimentaire dans les squats et bidonvilles. Elle parle de sa mission et les mots « neutralité », « impartialité », « aide inconditionnelle » et encore « accompagnement social » résonnent.

Tatiana VAZQUEZ

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