Solidarité Après le jean le Gaulois, il produit des masques solidaires

Entouré de son équipe de couturières qui ne cesse d’augmenter, Jean-Charles Tchakirian veut produire entre 4 000 et 5 000 masques. Photo Progrès /DR
Entouré de son équipe de couturières qui ne cesse d’augmenter, Jean-Charles Tchakirian veut produire entre 4 000 et 5 000 masques. Photo Progrès /DR
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Entouré de son équipe de couturières qui ne cesse d’augmenter, Jean-Charles Tchakirian veut produire entre 4 000 et 5 000 masques. Photo Progrès /DR Photo Progrès /DR Photo Progrès /DR

Avec Le Gaulois, le Lyonnais Jean-Charles Tchakirian avait relancé l’an passé le jean 100 % français. Aujourd’hui, il embauche des couturières pour fabriquer des masques lavables à un tarif préférentiel pour plusieurs mairies du Grand Lyon. Explications.

Tout débute par une belle histoire : l’été dernier, Jean-Charles Tchakirian relançait l’entreprise familiale de fabrication de jeans fermée depuis 2004. Le Lyonnais, dont les parents avaient des boutiques rue Sergent-Blandan relançait du coup l’atelier, situé à Décines et fermé depuis plus de quinze ans. Depuis, plus d’un millier de pièces estampillées le Gaulois a été fabriqué par les couturières qui ont toutes été embauchées …

« Le masque va devenir une expression de soi… »

Mais avec l’arrivée de l’épidémie, le vent tourne. Pour Jean-Charles qui a déjà connu des hauts et des bas, impossible d’être insensible. Sa fibre solidaire prend immédiatement le dessus : il arrête les pantalons et va fabriquer des masques. « J’ai vu cette inquiétude grandissante et je ne voulais pas rester les bras croisés. J’ai décidé avec deux couturières de fabriquer des masques solidaires (lire par ailleurs) » explique-t-il.

Il décide donc d’en fabriquer et de les vendre à un prix « juste » et s’inscrit sur la plateforme Savoir faire ensemble, qui regroupe des entreprises de la filière mode. L’objectif, en cette période où les frontières sont fermées, est de mettre en relation les besoins et les attentes du milieu. « Rapidement, je trouve du travail et nous fabriquons environ 1 000 masques tous les trois jours. Les masques étaient agréés DGA et j’étais payé à façon » rajoute-t-il.

150 000 demandes en quelques heures

Mais le 10 avril, tout s’accélère : les maires vont devoir fournir des masques à la population. Et en quelques heures, Jean-Charles Tchakirian est débordé d’appels : les maires des communes du coin l’appellent et il se retrouve avec une demande de 150 000 masques.

« J’avais beau augmenter ma capacité de production, je ne pouvais pas en accepter plus ». Il passe rapidement à 15 couturières et espère encore en recruter une dizaine. « La difficulté, c’est qu’en même temps, on est entré dans la spéculation : le prix du tissu a doublé, celui des élastiques a pris 50 %. Et moi, je tenais malgré ça, à conserver mon prix solidaire ».

 Des centaines de masques sont produites tous les jours et expédiés aux mairies   Photo Progrès /DR
Des centaines de masques sont produites tous les jours et expédiés aux mairies   Photo Progrès /DR

Pas de ventes.. mais des commandes à honorer jusqu’à mi-juin

Si l’agrément de son masque est encore en cours, celui-ci est sur la bonne voie. Le chef d’entreprise a d’ailleurs déjà commencé à produire ses protections lavables, à la demande des maires de Décines, Jonage, Jons, Meyzieu et Saint-Priest. Et il faut aller vite pour fournir tout le monde d’ici le 11 mai…

« Je vais livrer un peu à tour de rôle et ça va être comme ça jusqu’à mi-juin. On n’a pas de stock : sitôt fabriqués, sitôt livrés… » rajoute le chef d’entreprise. « Je tiens à préciser que je n’en vends pas ! Toute ma production est réservée pour les maires… Une fois cette commande passée, je vais essayer d’en vendre, nos plus à un prix solidaire, mais juste. Et nous allons le rajouter à la collection Le Gaulois : je suis convaincu qu’à l’avenir, il va falloir vivre avec. Et le masque va devenir une expression de soi… » conclut-il.

David TAPISSIER

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