Rhône Les festivals de jazz espèrent rebondir

Jazz à Vienne, une institution depuis près de 40 ans.  Photo Progrès /Frédéric BRUKERT
Jazz à Vienne, une institution depuis près de 40 ans.  Photo Progrès /Frédéric BRUKERT

Contraints d’annuler pour cause de crise sanitaire liée au coronavirus, de nombreux festivals, comme Jazz à Vienne, se sont déjà tournés sur l’année 2021, avec pas mal d’incertitudes notamment financières.

Plusieurs directeurs de festivals de jazz, grands ou modestes, contraints d’annuler leur rendez-vous estival car prisonniers des mesures de lutte contre l’épidémie de coronavirus, espèrent rebondir en 2021, même s’il sera difficile de retrouver la confiance des partenaires privés et des festivaliers.

Ces annulations en chaîne ont de lourdes conséquences financières, surtout lorsque ces festivals aux budgets conséquents (6 millions d’euros pour Jazz in Marciac, 5 millions pour Jazz à Vienne) sont organisés en zone rurale comme à Marciac dans le Gers, ou dans une petite ville de l’Isère comme Vienne.

 Festival Jazz à Vienne 2018. Photo Progrès /Pierre AUGROS
Festival Jazz à Vienne 2018. Photo Progrès /Pierre AUGROS

Jazz à Vienne : c’est 17 millions d’euros de retombées économiques

« Un événement comme celui-là dans une petite ville de 30000 habitants, ça a un retentissement très très fort », déclare Samuel Riblier, directeur depuis 2016 de l’établissement public Jazz à Vienne , rattaché juridiquement à l’agglomération Vienne-Condrieu. Une étude faite en 2014 par l’agglomération avait chiffré à 17 millions d’euros les retombées économiques du festival.

Ces annulations ont aussi une conséquence directe sur l’emploi. « Il y a une dizaine de salariés, que nous avons tous mis au chômage partiel d’avril à septembre », poursuit Samuel Riblier. « Nous avons sept salariés, et pour certains nous allons prendre des mesures de chômage partiel », confie M. Guilhaumon, maire de Marciac. Malgré l’électrochoc, aucun n’envisage cependant de mettre la clé sous la porte. Déjà, les pouvoirs publics les ont rassurés : les subventions publiques de ces festivals seront maintenues cette année.

Retrouver la confiance

Ces subventions représentent environ 20 % des budgets de Jazz à Vienne et Jazz au Phare (Ile de Ré) et 10 % à Marciac. Pour les partenaires privés, c’est plus délicat. Même si, affirme le responsable viennois, « il y a une vraie solidarité qui se crée ».

Mais l’essentiel du financement est constitué par la billetterie et recettes annexes : 50 % à Jazz au Phare , 60 % à Vienne, près de 70 % à Marciac.

Mais une reprise d’activité ne pourra se faire sans le retour de la « confiance », « la clé » selon Samuel Riblier et Jean Chavinier, président de Jazz au Phare. « J’espère qu’à un moment donné, on l’aura ( le virus ) oublié et qu’on ira dans les festivals ou les concerts sans avoir peur de frôler quelqu’un », note Samuel Riblier. En attendant, « l’été risque d’être très long  », redoute-t-il.

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