Enseignement Deux Lyonnais proposent aux enfants un outil ludique pour apprendre à la maison

Lydie et son mari Christophe, professeur d’art plastique, travaillent sur la structure du programme pour le rendre accessible et ludique pour les élèves… Photo Le Progrès/DR
Lydie et son mari Christophe, professeur d’art plastique, travaillent sur la structure du programme pour le rendre accessible et ludique pour les élèves… Photo Le Progrès/DR

Afin d’aider son mari à rendre ses cours plus interactifs, Lydie Catalano a créé des chatbots éducatifs. Un outil qui semble idéal en cette période de confinement et qui a été testé avec succès par près de 2.000 enfants…

Comment intéresser des enfants à des cours en cette période de confinement ? Mais surtout comment utiliser aux mieux les outils à disposition de tous et notamment des enfants ? C’est en voyant son mari se creuser les têtes en début de confinement que Lydie Catalano a réfléchi sur le sujet.

Ancienne prof d’art plastique, cinéaste et réalisatrice, elle a bifurqué dans le digital et a fait son mémoire sur les agents conversationnels ou chatbots (lire par ailleurs)… et dès le 15 mars, a compris que cet outil pouvait être utilisé à destination des écoliers.

« En fait, toutes les familles n’ont pas d’imprimantes, ni d’ordinateurs à disposition des enfants. L’intérêt d’un chatbot pour suivre un cours, c’est qu’il peut être accessible sur smartphone, tablette ou ordinateur avec la même facilité. De plus, l’enfant n’est pas passif, il répond aux questions, lit et s’instruit de manière ludique, sans s’en rendre compte » explique-t-elle.

La Joconde et ses anecdotes comme premier test

En compagnie de son frère et de son mari, elle construit un premier chatbot à destination d’un public de 5e. Le « Gossip de la Joconde » , animé et interactif, est testé par une classe le 25 mars. Son objectif est de permettre aux élèves de collège de découvrir la Joconde au travers d’anecdotes ou de croyances souvent entendues dans les files d’attentes des musées ou sur internet… et ça marche !

Travail à distance oblige, Christophe étend le programme à toutes les classes de 5e  de son établissement de Saint-Genis-Laval. Les retours sont bons, les élèves vont jusqu’au bout… et en redemandent. « Nous avons donc décidé d’en parler sur Internet et plusieurs professeurs étaient enthousiastes » ajoute-t-elle.

Plus de 1.500 élèves entre 11 et 14 ans ont testé le programme en un mois si bien qu’assez rapidement, ils réfléchissent à un second, « Archibot » autour de l’architecture, non plus à travers des monuments mais à travers la manière dont le cinéma les utilise pour créer une ambiance. Sorti le 9 avril, son succès est immédiat et plus de 500 utilisateurs l’ont déjà testé.

Un réel intérêt pour le corps enseignant

Pour Lydie Catalano, l’important c’est évidemment le retour des élèves, mais aussi des enseignants. « Je pensais que certains pourraient en avoir peur, le voir comme une forme de concurrence. Or c’est le contraire qui s’est produit, comme nous l’espérions ».

Aujourd’hui, soutenus par encadrés par IBM, ils continuent de développer leurs chatbots avec comme objectif prochain de permettre aux programmes d’apprendre à partir des fautes d’orthographe des élèves.

« C’est une aventure pour nous, notre objectif, c’est que ça ne nous coûte pas d’argent. L’objectif après le 11 mai ? Certainement pas d’en faire un objet commercial, mais pourquoi pas le vendre si la demande existe… »

Un chatbot c'est quoi ?

Un chatbot aussi nommé dialogueur ou agent conversationnel, est un robot logiciel pouvant dialoguer avec un individu par le biais d'un service de conversations automatisées pouvant être effectuées par le biais d'arborescences de choix ou par une capacité à traiter le langage naturel.

A l'origine, le chatbot utilise des bibliothèques de questions et réponses. Aujourd'hui, les progrès de l'intelligence artificielle lui permettent de plus en plus "d'analyser" et "comprendre" les messages par le biais des technologies de traitement du langage naturel.

David TAPISSIER

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