Villeurbanne «J’attends les livraisons avec impatience pour m’aérer»

Nassim « demande aux clients de descendre. Je sors la commande, ils ne touchent pas mon sac. »  Photo Progrès /Jérôme MORIN
Nassim « demande aux clients de descendre. Je sors la commande, ils ne touchent pas mon sac. »  Photo Progrès /Jérôme MORIN

À 22 ans, Nassim a un job étudiant compatible avec le confinement. Il est livreur de repas pour plusieurs plateformes et peut continuer son activité. Mais elle est réduite.

« Il n’y a pas plus de considération. C’est à peine un bonjour et un merci de la part des clients. » Nassim, un étudiant villeurbannais de 22 ans, continue la livraison de repas à domicile pour Uber eats, Deliveroo et Stuart, malgré la crise sanitaire liée au Covid-19. Un travail qu’il exerce depuis deux ans, qui est actuellement « moins vu par les gens comme une activité vitale qu’être caissier ou éboueur », selon lui.

Un chiffre d’affaires en nette baisse

Cet habitant de Croix-Luizet a observé « le volume de commandes énormément diminuer » depuis le début du confinement. « Plein de restaurants, comme les McDonald’s, sont fermés. » Alors, le livreur, qui a fabriqué lui-même son vélo, travaille deux fois moins que d’ordinaire. Sept heures par semaine en moyenne, pour quelque 75 - 100 euros. Un chiffre d’affaires en nette baisse pour l’autoentrepreneur, même si les commandes sont un peu mieux rémunérées.

« Je ne touche plus aucune porte »

« Je ne porte pas de masque mais des gants. Le gel hydroalcoolique, c’est la base. J’ai trois bouteilles chez moi car j’avais l’habitude d’en acheter » avant la pandémie. « Je ne touche plus aucune porte ni digicode. Je demande aux clients de descendre. Je sors la commande, ils ne touchent pas mon sac. Les restaurateurs aussi prennent énormément de précautions. On reste dehors et à plus de deux mètres d’eux pour récupérer les repas. »

« Acheter des gants et des masques dans le commerce, c’est quasiment impossible»

Et d’ajouter : « Les applications de livraison sont à cheval sur les gestes barrières, nous proposent de payer une partie de nos équipements. Mais acheter des gants et des masques dans le commerce, c’est quasiment impossible. Les plateformes devraient nous en distribuer. »

Nassim s’aperçoit que « peu de jeunes commandent » depuis le début de la crise sanitaire, mais « énormément d’adultes et de personnes âgées. Je vois toujours beaucoup de livreurs dehors même si une partie de ceux que j’avais l’habitude de croiser a arrêté.  »

Ce n’est pas son cas. Son job étudiant a l’avantage de lui permettre « de s’aérer. J’attends les livraisons avec impatience, surtout avec le temps qu’il fait. La nuit, il fait super bon dehors. C’est un peu déprimant de rester enfermé. Mes cours ont pris un certain temps à reprendre. Maintenant, ça m’occupe une bonne partie voire toute la journée. »

Jérôme MORIN

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