Solidarité Son imprimante 3D produit des visières de protection

Clément Anglesio produit des visières de protection grâce à son imprimante 3D. Photo DR
Clément Anglesio produit des visières de protection grâce à son imprimante 3D. Photo DR

Dans son appartement du 7e arrondissement lyonnais, Clément Anglesio produit depuis quelques jours des visières de protection pour le personnel soignant, en passant par une plateforme nationale organisée via les réseaux sociaux.

Entre la naissance de sa fille et l’imminence d’un déménagement, son imprimante 3D avait un peu pris la poussière ces derniers mois. Quand il a appris qu’elle pouvait servir à fabriquer des visières de protection pour les soignants et autre corps de métiers exposés au virus, Clément Anglesio n’a pas hésité une seconde : « Il m’a fallu deux ou trois jours pour la régler et depuis elle tourne à plein régime » explique ce responsable d’accueil péri-scolaire à l’école Montbrillant, dans le 3e.

Déjà 4 000 commandes

Ils sont des centaines de particuliers, et le chiffre grimpe d’heure en heure, à avoir rejoint cette plateforme créée dans l’Essonne. « Nous sommes plus de 400 dans la Région, dont la moitié sont des producteurs. La plateforme permet de les mettre en relation avec des soignants ou des structures intéressées par ces visières. L’avantage de cette fabrication, c’est qu’il n’y a pas, contrairement aux masques, de modèles validés par les autorités de santé. Ces visières sont toutefois utiles et nous en avons déjà 4 000 à produire, dont une grande majorité pour les hôpitaux lyonnais » explique Stephen Droque, administrateur régional du groupe « Visières solidaires ».

Clément Anglesio est l’une de ces petites mains qui contribue à cet élan. « Étant actuellement au chômage partiel, je cherchais un moyen de me rendre utile ». Il a honoré jeudi, sa première commande de 25 visières destinées au Medipôle de Villeurbanne : « Soit on livre, soit une personne de l’établissement vient chercher la commande. Tout est évidemment gratuit ».

Il en a également apporté à son médecin traitant avant d’embrayer, avec d’autres producteurs, sur une commande de 300 modèles pour le Samu de Lyon : « Notre capacité de production est limitée car il faut une bonne heure pour fabriquer une visière. Et même 1 h 30 pour des modèles un peu plus sophistiqués. Des idées et des améliorations arrivent chaque jour car tout est partagé. Tout l’enjeu est de parvenir à trouver le meilleur compromis entre l’efficacité de la protection, et la rapidité de production » poursuit ce Lyonnais.

Motivé, Clément Anglesio va aussi se muer en VRP afin de proposer ses modèles aux Ehpad et à d’autres corps de métier exposés, comme le personnel des supermarchés. La seule crainte est de manquer de matières premières. « Si des administrations disposent notamment de stocks de feuilles plastiques, les dons seront les bienvenus car je risque, comme beaucoup, d’être à court ».

Des besoins en matières premières

Que faut-il pour fabriquer une visière de protection ? Du filament (qui est à l’imprimante 3D ce que l’encre est au modèle classique), de l’élastique de couturière et une feuille de plastique de format A4 que l’on utilise généralement pour mettre en tête d’un dossier relié (celles utilisées pour les rétroprojecteurs sont trop fines).

Clément Anglesio a la chance d’avoir un stock de filament assez important mais voit son nombre de feuilles plastiques fondre assez rapidement. « Cela devient même compliqué d’en trouver sur internet » avoue-t-il.

Le réseau a donc décidé de faire appel à des dons pour pouvoir subvenir aux besoins en matières premières de ses fabricants. Une cagnotte a été ouverte sur Leetchi.

Si par ailleurs vous avez des stocks de feuilles plastiques, vous pouvez prendre contact avec le réseau via cette adresse mail : initiative.rhone.alpes@gmail.com

Xavier BREUIL

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