Confinement Coiffeurs à l’arrêt: de quoi s’arracher les cheveux

Aurélie, coiffeuse place Saint-Jean à Lyon. Photo DR
Aurélie, coiffeuse place Saint-Jean à Lyon. Photo DR

Le 17 mars à midi, les coiffeurs de France ont reçu leur interdiction d’exercer. Au grand désespoir de tous ceux qui détestent les mèches folles, les racines trop visibles, la coupe mulet… Difficile aussi pour la profession.

Si nos libertés (d’aller venir… etc.) raccourcissent, nos cheveux, eux, s’allongent. Coiffeur. Encore une profession qu’on ne regarde plus de la même façon. La crise du coronavirus, révélatrice de beaucoup de choses, l’est aussi de notre dépendance capillaire.

« Je découvrirai l’étendue des dégâts à la fin ! »

« J’ai pour habitude d’aller chez le coiffeur toutes les trois semaines. Or, pile lorsque le confinement a commencé, cela faisait trois semaines… ». Assez désespéré, Cédric, 23 ans, étudiant en Droit à Lyon 3, n’a cependant pas de plan B. « Je laisse pousser et je découvrirai l’étendue des dégâts à la fin du confinement. Hors de question de laisser mes parents les couper, pour pleurer en voyant le résultat ».

Dans son malheur, l’étudiant lyonnais n’est pas le plus mal loti. « Mon cousin est coiffeur. Je n’aurai donc pas à patienter. Je serai prioritaire à l’heure de retrouver une apparence digne ».

« Pour les brushings, ça va. J’ai une brosse chauffante. Restent les racines. Au supermarché, j’ai trouvé une retouche couleur juste pour camoufler. ça évite de tout gâcher et ça part au shampoing », détaille Gisèle, auto-entrepreneur, qui se languit, cependant, de retrouver des mains expertes.

Version Australopithèques

Paul, étudiant à l’Iscom Lyon, craque lui aussi. « J’hésite entre le tuto coupe ou le rasage complet. Mais bon, si mon stage reprend, je dois être présentable… ».

Rester présentable, c’est ce que défend Mireille Popelin qui a écrit au Progrès, considérant qu'« avoir accès à un coiffeur est un service d’utilité et de salubrité publiques, à maintenir absolument, si nous ne voulons pas ressembler à des Australopithèques sortant de leurs cavernes pour aller chasser Il est important de se maintenir propres, soignés, pour résister mieux aux virus et garder une image de soi la plus positive possible », ajoute cette Villeurbannaise.

« J’attends le feu vert ! »

N’en déplaise aux addicts des coupes impeccables, la profession ne fait pas partie des activités essentielles en période de confinement. « C’est compréhensible puisqu’on ne peut pas respecter la distanciation », admet Carole B., coiffeuse à domicile dans l’Ouest lyonnais, tout en reconnaissant que « la période n’est pas simple ».

« Les aides qu’on nous propose, ne sont pas folichonnes. Personnellement, je peux tenir jusqu’à fin avril, mais après ce sera difficile. J’avais pas mal de mariages à assurer. Seront-ils maintenus ou annulés ? Je ne sais pas. J’attends le feu vert ! », détaille celle qui n’ignore pas le désarroi généré par la dépose des ciseaux. « Des gens qui ne font pas partie de ma clientèle, m’appellent. Ils tentent. Mais ce n’est pas possible ». Des contrevenants ont d’ailleurs été verbalisés.

Une fois par an

Carole a eu le temps de réfléchir à la reprise. « Je vais privilégier ma clientèle. Je vais privilégier aussi les couleurs. Je pense également, non pas faire de plus longues journées, car je termine souvent à 21 heures, mais travailler plus de jours, pourquoi pas le dimanche matin ? ». Carole n’est pas sereine pour autant.  Le confinement risque de durer. Un espoir cependant. « Le domicile reprendra peut-être plus vite que les salons où davantage de monde est concentré ».

En attendant, tout le monde n’a pas le même rapport détendu à sa chevelure qu’Alexandra. La jeune femme qui travaille dans les Ressources humaines à Lyon, ne franchit la porte d’un salon qu’une fois par an. « J’y vais après l’été pour couper les pointes abîmées par l’eau de mer ». Énervant, on dirait qu’elle sort de chez le coiffeur !

Dominique MENVIELLE

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