Santé Réquisitionné par le préfet, JCDecaux rouvre les toilettes publiques

JCDecaux gère près d’une cinquantaine de sanitaires publics pour le compte de la ville de Lyon.  Photo archives Progrès /Jean-Marc Manificat
JCDecaux gère près d’une cinquantaine de sanitaires publics pour le compte de la ville de Lyon. Photo archives Progrès /Jean-Marc Manificat

JCDecaux avait fermé les toilettes dès le début du confinement le 17 mars. La société a été contrainte par la préfecture du Rhône d’assurer un service minimum dès ce mardi. Sous peine de sanction.

« La situation épidémique impose la mise en place de mesures barrières parmi lesquelles le renforcement de l’hygiène quotidienne et notamment le lavage régulier des mains » avait alerté le directeur de l’Agence régionale de santé ce 5 avril. « Il y a urgence à mettre à disposition les équipements publics permettant de respecter ces règles, en particulier pour les personnes ne disposant pas d’un domicile équipé de sanitaires ».

Seul point d’eau pour les personnes sans-abri

Le préfet du Rhône a suivi son avis. Dans un arrêté ce 6 avril , il a réquisitionné la société JCDecaux pour « la réouverture et l’entretien de dix sanitaires publics à entretien automatique et à accès gratuit » dès ce mardi. Cette réquisition court jusqu’au 15 avril. Si elle ne respecte pas l’arrêté, la société s’expose à des sanctions.

Pour la préfecture, il s’agit d’une question de salubrité publique : « Les sanitaires constituent pour la population sans domicile fixe de la ville de Lyon l’une des seules possibilités d’accéder à un point d’eau pour les gestes d’hygiène élémentaire, et ce d’autant que de nombreux équipements, commerces et locaux associatifs sont fermés en raison de l’épidémie de covid-19 ».

JCDecaux ne trouve pas de combinaison pour équiper ses agents

De son côté, JCDecaux met en avant un problème d’approvisionnement. Elle nous a indiqué ce mardi ne pas réussir à se fournir en combinaisons de norme européenne EN14126, nécessaires pour protéger ses agents. Des équipements aussi utilisés par les soignants. « Le 17 mars, les sanitaires ont été fermés à la fois pour ne pas mettre en danger la santé de nos agents, mais aussi celle du public. Si ce n’est pas bien entretenu, il y a un risque que le virus se propage » insiste JCDecaux. La situation était identique à Paris. « Dès que la ville nous a fourni les équipements nécessaires, on a rouvert. »

La société, qui gère son stock au compte-gouttes, dit avoir réussi à acheminer quelques combinaisons à Lyon. Elle assure avoir pu rouvrir les dix sanitaires, comme demandé par la préfecture, ce mardi. Mais pour combien de temps ? « Si on ne nous donne rien et si nos commandes sont toujours bloquées, on ne pourra pas faire travailler nos agents. » L’appel aux collectivités est donc lancé.

A.-L. Wynar

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?