Politique Lyon : que font les maires d’arrondissement qui rempilent au moins jusqu’en juin?

Pas de deuxième tour, les maires d’arrondissement reprennent du service.  Photo Progrès /Frédéric CHAMBERT
Pas de deuxième tour, les maires d’arrondissement reprennent du service. Photo Progrès /Frédéric CHAMBERT

Étonnante situation tout de même. En campagne il y a quelques jours pour les municipales, les maires d’arrondissement, élus en 2014, étaient sur le point de faire leurs cartons dans la perspective de l’élection d’un nouveau maire. Mais le second tour n’a pas eu lieu et désormais tout tourne au ralenti.

Tout s’est-il vraiment arrêté ? Pas le mandat des maires d’arrondissement qui est prolongé, aussi longtemps que durera la maladie. Vendredi 27 mars, ils ont reçu un courrier leur indiquant qu’ils devront exercer leur fonction jusqu’en juin. Du coup ils rempilent, dans des conditions exceptionnelles, confinement oblige, et ce n’était pas prévu. Enfin pas tout à fait, précise la maire du 7e, Myriam Picot, « nous étions de toute façon en poste jusqu’à début avril, jusqu’au premier conseil d’arrondissement qui suit l’élection du maire de Lyon ».

Certains de ces élus ont encore à l’esprit un 1er tour des élections municipales qui leur est resté en travers de la gorge, des moments pénibles, disent-ils, s’accompagnant de conséquences presque inévitables. On évoque des malades chez les présidents de bureaux de vote et les assesseurs. Un dimanche 15 mars « désagréable », « ubuesque », dont le maintien fut « une erreur », estime Catherine Panassier, maire du 3e, qui évoque « une succession de moments bien étranges ». Alors que font nos élus, qui ont dû reprendre du service ? Eh bien ils gèrent les affaires courantes.

Une seule visite et cinq coups de téléphone

On télé travaille beaucoup dans les mairies, mais tout tourne plutôt « au ralenti », le rythme est « décousu ». Certains parlent de « service minimum ». L’essentiel est assuré. Des permanences pour l’état civil… Et puis c’est à peu près tout. Rue Servient, une permanence se tient le matin. Mais sans ouvrir les portes en grand. Les gens sonnent et on vient leur ouvrir. On y parle que de mariage, de naissance, de décès, de délivrance de passeport ou de carte d’identité (on ne prend pas les nouvelles demandes). Ce mardi, un cadre, trois agents et le gardien logé sur place sont présents, ils ont enregistré une seule visite et cinq coups de téléphone.

La mairie de la place Jean-Macé, est elle, à côté d’une grosse maternité. À raison de 10 à 15 nouvelles naissances par jour à l’hôpital Saint-Luc/Saint-Joseph, il faut gérer les déclarations des nouveau-nés. Cela se fait par rendez-vous pour diminuer le risque. « Les employés viennent toujours avec un peu d’angoisse, ils n’habitent pas forcément l’arrondissement ».

Un employé de mairie dépêché au centre funéraire

Avenue Jean-Mermoz on parle d’un fonctionnement « très dégradé ». Un employé de mairie a dû rejoindre le service administratif funéraire basé avenue Berthelot afin de renforcer l’équipe. Un autre a été dépêché à l’hôpital Natecia pour enregistrer sur place les naissances. Afin d’éviter les erreurs.

« Le principe est de protéger les gens et d’assurer les fonctions essentielles qui ne sont pas en mairie d’arrondissement, sauf pour l’état civil ». Et les urgences. Il faut gérer les troubles à l’ordre public, les rassemblements qui ne respectent pas les consignes, les demandes d’aides, être présent pour les personnes qui ne peuvent pas sortir… Les mairies ont dû s’organiser pour accueillir dans certaines de leurs écoles, les enfants des personnels de santé.

Aline DURET

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?