Littérature «Être adaptée en série ce serait le Graal !»

Pétronille Rostagnat : «Je ne supporte pas les incohérences, les fins trop faciles.»  Photo Astrid di Crollalanza
Pétronille Rostagnat : «Je ne supporte pas les incohérences, les fins trop faciles.»  Photo Astrid di Crollalanza

Pétronille Rostagnat aurait dû participer au Festival Quais du Polar. Mais elle est confinée chez elle, à Lyon, où elle se consacre à l’écriture. Nous l’avons interrogée sur son parcours et son dernier roman, «Un jour tu paieras».

Quel a été votre parcours avant de vous mettre à écrire des polars ?

Rien ne me destinait à l’écriture de romans policiers. J’ai fait une école de commerce et j’ai ensuite bossé à l’étranger. J’ai suivi mon mari à Shanghai. J’ai travaillé en Chine dans le marketing, puis à Dubaï.

Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

Je lisais énormément de polars. Un jour, je me suis dit : mais pourquoi n’essaies-tu pas d’écrire ton propre roman. C’était un défi. J’ai commencé «La fée noire», qui est resté longtemps dans mon ordi. Mais plus tard, après avoir démissionné de mon emploi à Dubaï, j’ai voulu me faire éditer. J’ai essayé auprès de grandes maisons d’édition, sans succès. Ça ne m’a pas découragée. Je me suis autoéditée sur internet, sur Chapitre.com. Le livre s’est bien vendu. J’ai fait ensuite deux autres romans dans une petite maison d’édition, avec un vrai contrat. Le troisième, «On a tous une bonne raison de tuer», a été repris par France Loisirs. C’est comme cela que j’ai commencé à me faire un nom. J’ai décidé d’être écrivain à plein temps. J’ai même signé un contrat avec un agent littéraire parisien. Mon nouveau livre, «Un jour tu paieras», est sorti chez Marabout, qui fait partie du groupe Hachette.

L’art de l’intrigue, vous l’avez eu tout de suite ?

J’ai une idée de base. Et une fois que j’ai un bon premier chapitre, je me laisse emporter. Il faut que l’écriture reste un plaisir. Mais ce n’est pas juste du feeling, il y a du travail. Je me relis, je corrige. Je ne supporte pas les incohérences, les fins trop faciles. Je passe aussi beaucoup de temps en recherches. Dans mon dernier livre, mon héroïne est une avocate pénaliste. Je me suis beaucoup documentée sur le milieu judiciaire, les procès en Cour d’Assises, la vie d’un cabinet d’avocats etc.

Vous aimeriez que votre roman devienne une série ?

Ce serait le Graal ! Dans mes trois premiers romans, j’ai une héroïne récurrente qui pourrait être le sujet d’une mini-série. J’aime beaucoup «Engrenages», et l’héroïne de mon dernier roman doit beaucoup au personnage d’avocate incarné par Audrey Fleurot…

La déception à l’annulation de Quais du Polar a dû être rude…

Il y a bien sûr une frustration mais je sais que c’est nécessaire. Je me suis dit qu’il était hors de question que je ne fasse rien durant cette période. Je me suis fixée cinq pages par jour, en plus des corrections de mon cinquième roman, la suite d’«Un jour tu paieras» qui sortira en janvier 2021.

« Un jour tu paieras », Pétronille Rostagnat, éditions Black Lab, 288 p. 19,90 €

L’addition s’il vous plaît !

« Un jour tu paieras», dernier roman de Pétronille Rostagnat est un polar au suspense ébouriffant. L’héroïne est une séduisante avocate à l’ambition dévorante. Elle voit dans la mystérieuse affaire qui lui est confiée une occasion inespérée de faire la une des journaux. Mais c’est aussi un défi presque impossible : elle doit prouver l’innocence d’un jeune homme retrouvé à proximité de deux cadavres, tenant à la main le pistolet encore fumant qui a servi à les descendre… Elle va pourtant s’y employer, mettant en œuvre des procédés pas toujours légaux. Tout en soldant les comptes d’un passé qui ne passe pas. D’une construction impeccable, alternant passé et présent, psychologie et action, le roman nous tient en haleine des heures durant.

Pétronille Rostagnat était l’une des invitées du Festival Quai du Polar, à défaut de la rencontrer, profitez du confinement pour la lire !

Propos recueillis par Nicolas Blondeau

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