Santé Coronavirus : l’essai clinique piloté à Lyon a démarré

L’essai clinique sera piloté par un médecin du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON
L’essai clinique sera piloté par un médecin du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Croix-Rousse. Photo Progrès /Joël PHILIPPON

Le recrutement a été lancé dimanche. Piloté par les Hospices civils de Lyon, cet essai va évaluer plusieurs antiviraux, déjà utilisés dans la lutte contre Sras ou Ebola, mais aussi la chloroquine qui a montré des résultats prometteurs sur des patients atteints du Covid-19 dans un essai au CHU de Marseille.

Baptisé Discovery, l’essai clinique portant sur les traitements contre le Covid-19 et piloté aux Hospices civils de Lyon a démarré dimanche avec le recrutement des premiers patients, selon un communiqué de l’Inserm, qui coordonne cette étude dans le cadre du consortium Reacting.

Dirigé par Florence Ader, infectiologue dans le service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Croix-Rousse et chercheuse au Centre international de recherche en infectiologie CIRI (Inserm/CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1), ce projet européen portera sur 3.200 patients au total dont au moins 800 en France.

L’objectif est d’évaluer l’efficacité et la sécurité de quatre stratégies thérapeutiques incluant trois anti-viraux, le remdesivir et la combinaison lopinavir-ritonavir, seuls ou en association avec l’interféron bêta mais aussi la chloroquine. Cet antipaludéen n’était pas prévu au départ dans cet essai mais a été rajouté après l’obtention de résultats prometteurs sur 24 patients atteints du Covid-19 lors d’un essai mené dans le service du Pr Raoult au CHU de Marseille.

Les autres médicaments ont déjà été utilisés contre le Sras, Ebola mais également contre le Covid-19 dans des essais étrangers.

Un essai adaptatif qui pourra inclure d’autres médicaments

« La grande force de cet essai est son caractère « adaptatif ». Cela signifie que très rapidement les traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés et remplacés par d’autres molécules qui émergeront de la recherche. Nous pourrons donc réagir en temps réel, en cohérence avec les données scientifiques les plus récentes, afin de mettre en évidence le meilleur traitement pour nos malades », explique Florence Ader, dans le communiqué.

Pourraient ainsi être inclus des médicaments identifiés comme prometteurs par le laboratoire lyonnais VirPath, qui travaille sur une stratégie de repositionnement de médicaments existants mais n’étant pas des anti-viraux.

Cinq hôpitaux français participeront au départ (Lyon Croix-Rousse, Paris - hôpital Bichat-AP-HP, Lille, Nantes, Strasbourg). D’autres centres seront ensuite inclus pour arriver à au moins une vingtaine d’établissements participants. Priorité sera donnée aux hôpitaux « sous forte pression » épidémique.

S.M.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?