Solidarité Coronavirus: «Les sans-abri ont encore plus besoin d’être protégés»

Comme chaque mercredi soir, l’équipe a préparé des soupes et distribué des produits.    Photo Progrès   /DR
Comme chaque mercredi soir, l’équipe a préparé des soupes et distribué des produits. Photo Progrès /DR

Même si elle doit adapter ses maraudes, l’association humanitaire « Donner la main-don de soi » était sur le pont mercredi soir au profit d’une population très exposée à l'épidémie de coronavirus et très inquiète selon son président Jean-Marc Roffat.

Ils ont eu un moment de doute après l’allocution du président Macron. Mais l’association « Donner la main-don de soi » a été vite rassurée par les autorités : pas question de stopper la maraude du mercredi soir dans la Presqu’Île de Lyon.

« C’est encore plus important de le faire actuellement. Les sans-abri sont très vulnérables. Leur état de santé et leur difficulté d’accès aux soins les exposent encore plus à des formes graves du Covid-19. La seule contrainte qui nous est imposée, est de ne pas distribuer de vêtements. Juste de la nourriture », explique le président de l’association Jean-Marc Roffat.

Comme ils le font depuis onze ans, les bénévoles n’ont donc pas changé leurs habitudes mercredi soir : « Nous visitons à chaque fois une cinquantaine de personnes qui dorment dehors. Elles sont inquiètes et se sentent abandonnées en cette période. Il n’y a presque plus personne dans la rue et faire la manche pour survivre est encore plus compliqué. Sur le plan sanitaire, le simple fait de se laver les mains est une vraie difficulté pour eux. Les fontaines à eau publiques sont désormais très rares à Lyon et celle qui se trouve par exemple derrière l’église Saint-Nizier ne fonctionne plus », illustre Jean-Marc Roffat.

Du savon et du gel en plus de la nourriture

Comme chaque mercredi soir, l’équipe a préparé des soupes et distribué des produits, essentiellement des denrées non périssables, que chacun des bénévoles est allé lui-même acheter dans un supermarché. L’association a également distribué des savons et du gel hydroalcoolique.

Le fonctionnement de la maraude a dû, en revanche, être adapté : « Nous effectuons la distribution par binôme plutôt que d’être en groupe et nous maintenons une distance et des gestes barrière. Nous devons évidemment limiter les contacts d’autant plus que nous risquons très rapidement d’être en manque de masques ».

Rassurée sur la poursuite de son activité, l’association se réserve désormais la possibilité d’augmenter la fréquence hebdomadaire de ses maraudes : « Nous avons l’habitude de le faire dans les périodes de grand froid. C’est important, non seulement pour apporter une aide aux sans-abri, mais aussi parce que notre rôle est de repérer les personnes en difficultés et d’alerter les pouvoirs publics ».

À ce sujet, Jean-Marc Roffat ne cache pas son amertume sur une mesure en faveur de laquelle plusieurs associations avaient milité au début de l’hiver  : « Nous souhaitions que des lieux fermés comme la Clinique du Tonkin soient réquisitionnés pour accueillir des sans-abri. Si cela avait été fait, nous aurions un lieu d’accueil d’urgence très utile à l’heure actuelle ».

Xavier BREUIL

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