Consommation A Villeurbanne, le marché de Grandclément craint le Covid-19

Le marché alimentaire de Grandclément a attiré de nombreux acheteurs, ce mardi 17 mars. Malgré leurs précautions, des commerçants non sédentaires craignent sa disparition: difficile de concilier foule et respect de tous les gestes barrages.

« J’ai aussi pris des carottes pour les cochons d’Inde. Il faut bien qu’ils mangent eux aussi. » Sans prévoir de réserves, Abdou est l’un des nombreux Villeurbannais à avoir procédé à des achats ce mardi matin sur le marché de Grandclément, le long de l’avenue Général-Leclerc. Il porte alors un gant chirurgical à la main droite, s’interroge sur la qualité d’un gel hydroalcoolique proposé par un vendeur à la sauvette.

Abdou essaie de respecter une distance minimale avec ses voisins, ne serre pas les mains. Cette règle semble plutôt bien suivie. Celle de la distance entre badauds, nettement moins. « Nous sommes bien obligés de faire les courses, de côtoyer les gens », explique Nadia, habitante du quartier.

 Masqués ou pas, les clients sont venus pour acheter ce mardi matin. Plus que d’habitude. Par peur du confinement, expliquent les vendeurs, mais aussi pour éviter les files d’attente devant les supermarchés et supérettes.   Photo Progrès /Yannick PONNET
Masqués ou pas, les clients sont venus pour acheter ce mardi matin. Plus que d’habitude. Par peur du confinement, expliquent les vendeurs, mais aussi pour éviter les files d’attente devant les supermarchés et supérettes.   Photo Progrès /Yannick PONNET
 La charcuterie a du succès. Il faut faire la queue. Mais pas plus que devant nombre de magasins alimentaires.   Photo Progrès /Yannick PONNET
La charcuterie a du succès. Il faut faire la queue. Mais pas plus que devant nombre de magasins alimentaires.   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Abdeslam Benaziz interdit, en les informant de la situation, à ses clients de toucher les tomates. "C’est pour le coronavirus, l’hygiène et tout le reste. Vous avez envie d’acheter des tomates qui ont été touchées par trente mains ?", explique-t-il. Sur son stand, gants obligatoires et précautions de rigueur. "On avait même des masques. On les a jetés parce qu’ils duraient quatre heures et on a un bidon avec de la javel dans le camion."   Photo Progrès /Yannick PONNET
Abdeslam Benaziz interdit, en les informant de la situation, à ses clients de toucher les tomates. "C’est pour le coronavirus, l’hygiène et tout le reste. Vous avez envie d’acheter des tomates qui ont été touchées par trente mains ?", explique-t-il. Sur son stand, gants obligatoires et précautions de rigueur. "On avait même des masques. On les a jetés parce qu’ils duraient quatre heures et on a un bidon avec de la javel dans le camion."   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Une partie de la clientèle porte des masques. Mais la distance d’un mètre avec les voisins n’est pas respectée.   Photo Progrès /Yannick PONNET
Une partie de la clientèle porte des masques. Mais la distance d’un mètre avec les voisins n’est pas respectée.   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Mohamed Bena exploite quatre magasins de prêt-à-porter sur Lyon et Saint-Etienne. Commençant non sédentaire en produits manufacturés, il n’a pu exposer ce mardi et a donné un coup de main à un collègue du marché alimentaire.   Photo Progrès /Yannick PONNET
Mohamed Bena exploite quatre magasins de prêt-à-porter sur Lyon et Saint-Etienne. Commençant non sédentaire en produits manufacturés, il n’a pu exposer ce mardi et a donné un coup de main à un collègue du marché alimentaire.   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Mickaël Crozier s’est lancé il y a deux mois. Aujourd’hui, il craint une interdiction des marchés alimentaires qui viserait à combattre le Covid-19."Je suis sur les rotules", lâche-t-il mardi midi : d’habitude, sa femme travaille avec lui, mais, là, elle est restée garder leurs deux enfants.   Photo Progrès /Yannick PONNET
Mickaël Crozier s’est lancé il y a deux mois. Aujourd’hui, il craint une interdiction des marchés alimentaires qui viserait à combattre le Covid-19."Je suis sur les rotules", lâche-t-il mardi midi : d’habitude, sa femme travaille avec lui, mais, là, elle est restée garder leurs deux enfants.   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Horticulteur, Jean-Luc Gagneux vend sur le marché alimentaire de Grandclément. Il a eu l’autorisation de déballer ce mardi. "Moi, j’ai mon gel. Avant de manger quelque chose ou de remballer, je me désinfecte les mains avant de monter dans le camion. Il a eu de bons clients le matin : "Les gens qui m’ont acheté des fleurs voulaient se changer les idées. Certaines personnes m’ont dit qu’elles étaient au bord de la dépression."   Photo Progrès /Yannick PONNET
Horticulteur, Jean-Luc Gagneux vend sur le marché alimentaire de Grandclément. Il a eu l’autorisation de déballer ce mardi. "Moi, j’ai mon gel. Avant de manger quelque chose ou de remballer, je me désinfecte les mains avant de monter dans le camion. Il a eu de bons clients le matin : "Les gens qui m’ont acheté des fleurs voulaient se changer les idées. Certaines personnes m’ont dit qu’elles étaient au bord de la dépression."   Photo Progrès /Yannick PONNET
 Masqués ou pas, les clients sont venus pour acheter ce mardi matin. Plus que d’habitude. Par peur du confinement, expliquent les vendeurs, mais aussi pour éviter les files d’attente devant les supermarchés et supérettes.   Photo Progrès /Yannick PONNET  La charcuterie a du succès. Il faut faire la queue. Mais pas plus que devant nombre de magasins alimentaires.   Photo Progrès /Yannick PONNET  Abdeslam Benaziz interdit, en les informant de la situation, à ses clients de toucher les tomates. "C’est pour le coronavirus, l’hygiène et tout le reste. Vous avez envie d’acheter des tomates qui ont été touchées par trente mains ?", explique-t-il. Sur son stand, gants obligatoires et précautions de rigueur. "On avait même des masques. On les a jetés parce qu’ils duraient quatre heures et on a un bidon avec de la javel dans le camion."   Photo Progrès /Yannick PONNET  Une partie de la clientèle porte des masques. Mais la distance d’un mètre avec les voisins n’est pas respectée.   Photo Progrès /Yannick PONNET  Mohamed Bena exploite quatre magasins de prêt-à-porter sur Lyon et Saint-Etienne. Commençant non sédentaire en produits manufacturés, il n’a pu exposer ce mardi et a donné un coup de main à un collègue du marché alimentaire.   Photo Progrès /Yannick PONNET  Mickaël Crozier s’est lancé il y a deux mois. Aujourd’hui, il craint une interdiction des marchés alimentaires qui viserait à combattre le Covid-19."Je suis sur les rotules", lâche-t-il mardi midi : d’habitude, sa femme travaille avec lui, mais, là, elle est restée garder leurs deux enfants.   Photo Progrès /Yannick PONNET  Horticulteur, Jean-Luc Gagneux vend sur le marché alimentaire de Grandclément. Il a eu l’autorisation de déballer ce mardi. "Moi, j’ai mon gel. Avant de manger quelque chose ou de remballer, je me désinfecte les mains avant de monter dans le camion. Il a eu de bons clients le matin : "Les gens qui m’ont acheté des fleurs voulaient se changer les idées. Certaines personnes m’ont dit qu’elles étaient au bord de la dépression."   Photo Progrès /Yannick PONNET

« On ne touche pas ! »

Des passants se pressent devant le camion de la charcuterie. Les uns contre les autres, certains portent des masques. Assez peu. L’usage est plus fréquent chez les commerçants non sédentaires, pour lesquels les gants sont de rigueur.

« On ne touche pas ! », avertit Abdeslam Benaziz, quand un client s’apprête à tâter une tomate. Le vendeur explique pourquoi : coronavirus, hygiène, etc... Abdeslam Benaziz ne porte plus de masque, « on les a jetés parce qu’on nous a dit qu’ils duraient quatre heures », mais il veut faire barrage au Covid-19. « On est en guerre. Le Président l’a dit », précise l’un de ses vendeurs.

Tension sur les prix

Autre stand, autres porteurs de gants et de masque. Une attitude commerciale destinée à rassurer les clients ? Non. Ici, on salue un visiteur d’un coup de coude. La guerre, encore, est évoquée. Elle a ses conséquences économiques. Comme une tension sur les prix, qui n’échappe pas à Abdou. « Un forain vendait un sac de pommes de terre à 6 euros en disant que c’était le dernier ! », dénonce-t-il. Explication d’un commerçant en primeurs : « La volaille de Belgique, il n’y en a pas. La pomme de terre, il n’y en a pas. Beaucoup de produits viennent d’Espagne et d’Italie. Les transporteurs espagnols ne veulent plus travailler. Nous, nous avons une clientèle populaire et les produits français sont généralement très chers. »

Des fleurs, pour changer

Il lui reste un peu de stock. Mais ce professionnel craint de ne pouvoir l’écouler sur les marchés, qu’il juge menacés par la lutte contre le virus. « C’est vraiment inquiétant », considère lui aussi Mickaël Crozier, qui a lancé son affaire il y a deux mois. Ce mardi, il ne cesse de courir derrière son étal : sa femme, qui l’aide habituellement, est restée à leur domicile pour garder leurs enfants. Une fermeture des marchés alimentaires serait, pour lui, une catastrophe. Mais pour l’heure, il garde le sourire. Comme Jean-Luc Gagneux, horticulteur, qui vend sur le marché alimentaire de Grandclément. Ce mardi, il a réalisé de bonnes ventes : « Les gens qui m’ont acheté des fleurs voulaient se changer les idées. »

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