Mobilité Trottinettes : Dott souhaite poursuivre l’aventure lyonnaise

Manon Pagniez est responsable Dott en Rhône-Alpes. Photo David TAPISSIER
Manon Pagniez est responsable Dott en Rhône-Alpes. Photo David TAPISSIER

À l’occasion du déploiement de la nouvelle trottinette électrique de l’opérateur européen, Manon Pagniez, responsable Dott en Rhône-Alpes, revient sur les dix premiers mois de l’opérateur à Lyon. Elle évoque également les perspectives… qui passeront par l’appel d’offres de la Ville de Lyon lancé depuis quelques jours.

Dott a débarqué à Lyon en avril 2019. Où en êtes-vous 10 mois plus tard ?

« Nous sommes les derniers arrivés sur le marché lyonnais. Au départ, nous étions une vingtaine, aujourd’hui l’équipe a doublé : composée pour moitié de CDI, tous actionnaires et pour moitié d’intérim ou en insertion. Notre objectif, c’est que l’employé soit opérationnel : deux jours avec un équipier pour comprendre, puis en intégration. Ils suivent également une formation incendie ainsi que gestes et postures. Évidemment, tous sont équipés de gilets et de chaussures de sécurité ».

L’actionnariat, ça marche ?

« Ça permet l’implication et la fidélisation. Notre volonté est de conserver nos employés et de les faire évoluer en interne. Il y a également des primes de performance en fonction du succès de nos trottinettes. C’est l’affaire de tous ! »

Mars correspond à l’arrivée d’une nouvelle trottinette…

« Nous essayons de progresser tout en prenant en compte les choix des utilisateurs. Cette 3e  trottinette, en test aujourd’hui, va être déployée courant mars. Elle est plus lourde, mais surtout plus solide, plus agréable à conduire et plus sécuritaire. De plus, la batterie est amovible… une première à Lyon. Depuis le départ, notre équipe de développement technique et design est basée à Amsterdam, mais elle est présente en Chine pour suivre la fabrication. Mais notre objectif, c’est que la prochaine, ainsi que le vélo électrique, soit 100 % fabriqués en Europe ».

La batterie, amovible est située sous le plateau. Une arrivée qui va révolutionner le chargement des trottinettes… Photo David TAPISSIER
La batterie, amovible est située sous le plateau. Une arrivée qui va révolutionner le chargement des trottinettes… Photo David TAPISSIER
Justement, les vélos électriques, où en êtes-vous ?

« Ils seront également avec batterie amovible ! Ils devraient arriver avant la fin de l’année. Nous souhaitons faire là-bas comme Jump à Paris : y installer les vélos puisque nous avons déjà des trottinettes. La France, ce devrait être dans un second temps ».

Lime a lancé un premier abonnement. Allez-vous également lancer une politique tarifaire attractive ?

« Déjà, à 0.15 cts la minute d’utilisation, nous sommes attractifs par rapport aux autres ! Notre souhait, c’est de baisser ce tarif. Aussi, nous travaillons sur des packages. Ce ne sont pas des abonnements mais des montants quotidien ou hebdomadaire pour un nombre de trajets… quelle qu’en soit la durée ! Cela ouvre des perspectives… jusqu’à l’illimité ! »

Que va changer l’arrivée des batteries amovibles ?

« Énormément de choses ! Déjà, nous n’aurons plus à ramener systématiquement les engins à l’entrepôt pour les recharger… Cela va nous permettre de nous équiper dans l’année d’une flotte de véhicules électriques de 4 m² destinée au rechargement. Reste le véhicule de 12 m³ diesel utilisé pour les véhicules à réparer. Il va être remplacé par un 10m3 également électrique. Nous sommes en test depuis une quinzaine de jours car l’arrivée de ces batteries va également bouleverser le fonctionnement de notre atelier ».

La loi LOM est passée, êtes-vous prêts à vous adapter à ses changements ?

« Nous avons déjà commencé. Nous savons déterminer l’âge de l’utilisateur via l’inscription et nous allons proposer, dans les jours qui viennent, des casques pliables. Ils pourront être achetés sur notre site internet ».

Et l’appel d’offres lyonnais ?

« Il vient d’être lancé (lire par ailleurs) et évidemment nous allons y participer. On espère que celui-ci entraînera d’autres communes dans son sillage. Notre force, c’est que depuis le départ, nous sommes un opérateur responsable et nous ne cherchons pas à le devenir pour l’appel d’offres. C’est dans notre ADN et nous mettons en place ce que nous avions dit comme le passage de notre flotte au tout électrique ».

Appel d’offres : il faudra répondre avant le 20 avril

« Appel à projet pour l’activité de location de trottinettes électriques en libre-service, sans station et sans attache » : évoqué depuis l’arrivée de la loi LOM en début d’année par Jean-Yves Sécheresse , adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon, l’appel d’offres, en ligne depuis le 27 février , a pour but de clarifier et surtout de cadrer au mieux l’utilisation des trottinettes en free-floating à Lyon.

Qu’apprend-on ? Déjà que la Ville de Lyon souhaite s’inscrire dans la durée puisque le contrat s’étalera sur 24 mois. De plus, de quatre, les opérateurs ne seront désormais plus que deux. Dans le même sens, le parc comprend 5 000 trottinettes aujourd’hui : à l’avenir, elles seront limitées à 2000 par société. Enfin, la ville choisira des partenaires qui travaillent « en cohérence avec les objectifs de développement durable, de partage de l’espace public et de sécurité des usagers ».

À noter que les offres ne sont pas limitées aux acteurs présents sur le territoire. D’autres comme Jump ou Spin pourraient très bien postuler. Les candidats ont jusqu’au 20 avril pour rendre leurs dossiers.

Propos recueillis par David TAPISSIER

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