Sortir Audrey Fleurot aux Célestins: «Le théâtre, c’est mes premières amours»

Audrey Fleurot, à l’affiche de « Bug » aux Célestins. Photo Progrès/Olivier MARTY
Audrey Fleurot, à l’affiche de « Bug » aux Célestins. Photo Progrès/Olivier MARTY

Comédienne devenue incontournable sur les planches comme à l’écran, Audrey Fleurot revient à Lyon, aux Célestins, pour incarner une danseuse éprise d’un vétéran de la guerre du Golfe, rongé par la folie, dans «Bug», la pièce de Tracy Letts, dramaturge américain contemporain. Entretien.

Revenir à Lyon doit avoir une saveur particulière pour vous?

« Oui, c’est aux Célestins que j’ai eu mon premier engagement professionnel. C’est à Lyon que j’ai été formée, à l’Ensatt (École des Arts et Techniques du Théâtre). J’avais passé le concours parce que je voulais quitter Paris, pour venir ici. J’adore cette ville. Je n’y étais pas revenue depuis quelques années, j’ai l’impression que tout est plus beau. »

À l’Ensatt, vous avez aussi côtoyé Emmanuel Daumas, qui met en scène « Bug »…

«Oui, et je retrouve Anne Suarez qui était également à l’Ensatt. Avec Emmanuel Daumas, nous sommes restés très proches. C’est mon meilleur ami. C’est d’ailleurs ensemble que nous avons vu « Bug » à sa sortie, le film de William Friedkin tiré du texte de Tracy Letts. On s’était dit que ça ferait une pièce formidable. Quelques années plus tard, on s’est replongé dans le projet, on s’est rendu compte qu’à l’origine il s’agissait d’une pièce de théâtre. Une pièce jamais montée en France ! Du coup, on a acheté les droits. »

Audrey Fleurot, bio express

Naissance le 6 juillet 1977 à Mantes-la-Jolie, d’un père pompier à la Comédie Française et d’une mère puéricultrice.

De 1997 à 2000 , elle suit la formation de l’Ensatt à Lyon.

Elle se consacre ensuite au théâtre :

2001: « Don Juan revient de guerre », d’Ödön von Horváth, mis en scène par Richard Brunel.

2002: « Turcaret », d’Alain-René Lesage, mis en scène par Gérard Desarthe, joué aux Célestins.

2004: « L’Échange », de Paul Claudel, mis en scène par Emmanuel Daumas, création aux Nuits de Fourvière.

Puis dans des séries :

2004-2009: « Kaamelott » (31 épisodes).

2005-2019: « Engrenages » (80 épisodes).

2015 et 2018: « Dix pour cent » (2 épisodes).

2019: « Le bazar de la Charité » d’Alexandre Laurent.

Ce qui ne l’empêche pas de tenir des rôles importants au cinéma. Elle apparaît dans « Mais qui a retué Pamela Rose ? » (2012) de Kad et Olivier, « L’Idéal » (2016) de Frédéric Beigbeder ou encore « Divorce Club » (2020) de Michaël Youn.

Et de continuer sa carrière théâtrale avec des pièces telles « Le Tartuffe » de Molière, mis en scène par Luc Bondy, créé en 2016 et « Bug » de Tracy Letts, mis en scène par Emmanuel Daumas, aux Célestins.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le rôle que vous interprétez?

« C’est l’histoire qui m’a emballée. C’est une sorte de métaphore qui montre jusqu’où l’on peut aller par amour. Je joue une femme qui s’est coupé du monde, danseuse dans un bar paumé au fond de l’Oklahoma. On apprend que son mari, qui vient de sortir de taule, est violent. Quand survient un autre homme, ancien GI, parano, persuadé qu’on s’est livré sur lui à des expériences douteuses, que des insectes dévorent son corps… Elle le suit dans sa folie destructrice… ».

Comment avez-vous travaillé le rôle?

« Les répétitions ont été les plus joyeuses de ma vie ! La pièce est une sorte de tragédie grecque mais contemporaine. Comme ce sont des personnages qui se droguent énormément, il n’y a pas de continuité logique. Il y a du trash, du gore, des situations extrêmes mais aussi de l’humour. C’est ce qu’on veut mettre en avant. »

Le grand public vous connaît par le cinéma, les séries, quelle place occupe le théâtre pour vous?

« Ce sont mes premières amours ! J’y reviens régulièrement. Mais il faut que j’aie un vrai coup de foudre. J’ai beaucoup d’engagements et le tournage des séries prend beaucoup de temps. « Engrenages » c’est 8 saisons, « Un village français », 7… Mais ce sont de très beaux rôles. »

Des rôles de femmes vénéneuses…

« Oui, mais c’est que j’aime ça. »

Du 11 au 21 mars à 20 heures (sauf dimanche à 16 heures, relâche le lundi). Tarifs de 9 à 40 €. Les Célestins, théâtre de Lyon, 4, rue Charles-Dullin, Lyon 2e. Tél. 04.72.77.40.00. www.celestins-lyon.org

Un «Bug» qui va faire le buzz

Du 11 au 21 mars, les Célestins proposent une création qui s’annonce comme un événement majeur. Emmanuel Daumas, metteur en scène iconoclaste au talent provocateur, a embauché Audrey Fleurot pour tenir l’un des rôles principaux de « Bug », une pièce du dramaturge américain contemporain Tracy Letts.

La sculpturale Audrey Fleurot (inoubliable dans les séries comme « Engrenages », « Un Village Français », « Le bazar de la Charité ») interprète une jeune danseuse à la dérive qui tombe follement amoureuse d’un vétéran de la guerre du Golfe. Un ex GI torturé par son passé, persuadé qu’on lui a introduit des larves d’insectes (« bugs » en anglais) sous la peau. Il entraîne la jeune femme dans son délire paranoïaque, complotiste, nourri par un usage immodéré de substances illicites. Le couple affronte un monde réel hostile, peuplé de leurs plus horribles fantasmes.

Propos recueillis par Nicolas BLONDEAU

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