Economie Cours Lafayette: les commerçants touchés, mais pas coulés

Les commerçants du cours Lafayette souffrent des modifications des conditions de circulation.  Photo Progrès /Matthieu ANGOSTO
Les commerçants du cours Lafayette souffrent des modifications des conditions de circulation.  Photo Progrès /Matthieu ANGOSTO
Les conditions de circulation ont changé pendant les travaux. Photo d'archives Progrès/David TAPISSIER
Les conditions de circulation ont changé pendant les travaux. Photo d'archives Progrès/David TAPISSIER
Les commerçants du cours Lafayette souffrent des modifications des conditions de circulation.  Photo Progrès /Matthieu ANGOSTO Les conditions de circulation ont changé pendant les travaux. Photo d'archives Progrès/David TAPISSIER

Environ un an après les modifications des conditions de circulation du cours Lafayette, les commerçants tirent un bilan mitigé.

« Le cours Lafayette se meurt. Les commerces ferment. » Léonard Serra, 74 ans, gérant d’une horlogerie-bijouterie, est fataliste. Pour les commerçants du cours Lafayette, les temps ont bien changé. Depuis un an, le début de la voie, entre les quais du Rhône et le cours de la Liberté, est interdit aux voitures. Un changement majeur pour les boutiques : « c’est devenu une autoroute, regrette Serra. Autour de moi, une boutique de vêtement a tenu un an avant de vendre. Il y avait aussi un salon de massage, qui n’a tenu que six mois ».

Principales victimes : les bureaux de tabac presse, qui perdent une clientèle bien précise : « les gens ne peuvent plus s’arrêter et passer en coup de vent, acheter leur paquet de cigarette ou le journal, et repartir, explique Christophe Alegre, gérant d’un bureau de tabac presse. Ça ne m’empêche pas de tourner, mais je suis le dernier bureau. On était six, les autres ont tous fermé ou coulé ».

« Aujourd'hui, je ne suis pas menacé »

Car malgré les fermetures constatées, les commerçants interrogés ne s’inquiètent pas pour leur avenir. « Je suis là depuis 20 ans, c’est un vieux commerce, ça peut tenir », assure Léonard Serra. Même son de cloche du côté de Lazhar Hammedi, 60 ans, gérant de la Boucherie Lafayette : « Pendant deux ans, on a souffert. J’ai injecté de l’argent, j’en ai emprunté aussi. Maintenant ça va mieux. J’espère ne pas être menacé de fermeture ».

La période de travaux, lancée en février 2019, est venue compliquer la vie des boutiques du cours Lafayette. Pire, selon Léonard Serra, les mesures voulues par le Sytral ne sont pas totalement respectées : « les voitures circulent toujours, malgré le sens interdit. Elles prennent le risque de rouler, mais plus de s’arrêter. »

Xavier M. est l'un des rares a profiter des changements du cours Lafayette. Photo Progrès /Matthieu ANGOSTO
Xavier M. est l'un des rares a profiter des changements du cours Lafayette. Photo Progrès /Matthieu ANGOSTO

La solution de l'électrique

Toutefois, les nouvelles règles sur le cours Lafayette n’ont pas fait que des malheureux chez les commerçants. Xavier M., responsable du magasin K-Wheels, n’a pas à se plaindre. « Les changements ne m’ont pas affecté, au contraire. »

Vendeur de trottinettes et autres véhicules électriques urbains, K-Wheels profite pleinement d’un passage plus limité sur le cours Lafayette. Sans fermer les yeux sur les problèmes de leurs voisins, mais sans s’inquiéter outre mesure. « Je suis là depuis 30 ans, je connais le quartier. Il va bien finir par repartir un jour ou l’autre ».

La pollution, enjeu majeur du cours Lafayette?

Si le but des travaux entrepris en 2019 était de fluidifier la circulation et de favoriser les performances de la ligne C3, tout n’est pas parfait.

Christophe Alegre, responsable du dernier bureau de presse du cours Lafayette, déplore : « Je me demande quel est l’impact de la pollution chez moi. Ma porte est ouverte du matin au soir, et maintenant j’ai les bus qui s’arrêtent d’abord au feu rouge, puis à l’arrêt (Charmettes, ndlr) ». Il ne s’agit pas de la seule nuisance constatée par Alegre : « on nous avait promis un beau cours avec beaucoup de verdure. On a un beau cours avec beaucoup de béton ».

Jointe au téléphone, Sandie Sinapayel, chef du projet du C3, a balayé ce constat : « Avant, il y avait une soixantaine d’arbres. Aujourd’hui, avec le projet C3, on a des arbres tout le long du cours Lafayette, depuis le pont du Rhône jusqu’au pôle d’échange multimodal de la rue Léon-Blum. On a multiplié par trois le nombre d’arbre qu’il y avait sur l’axe. Ils sont simplement mieux répartis tout au long de l’itinéraire. »

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?