Éducation Médiateur scolaire, une mission pour apaiser les tensions

Mathieu Maillefert profite des récréations pour aller à la rencontre des élèves, ici dans la cour du collège Longchambon.  Photo Progrès /Arnélia SIMIER
Mathieu Maillefert profite des récréations pour aller à la rencontre des élèves, ici dans la cour du collège Longchambon.  Photo Progrès /Arnélia SIMIER

Lutter contre les violences et le harcèlement, développer les comportements citoyens et prévenir le décrochage scolaire. Telles sont les principales missions du médiateur social en milieu scolaire. Immersion dans cette profession avec Mathieu Maillefert, médiateur dans le 8e arrondissement.

« Il a insulté ma grand-mère. Ça m’a énervé alors je lui ai mis un coup. » Mardi matin, dans une classe de 6e  du collège Longchambon, un élève partage un souvenir. Souvenir d’une violence physique en réponse à une provocation verbale. Souvenir d’une émotion de colère face à un manque de respect.

Sa prise de parole entre dans le cadre d’un atelier sur la gestion des émotions, animé par Mathieu Maillefert. Âgé de 30 ans et titulaire d’un master en relations internationales, il est depuis 2019 médiateur à l’école, dans plusieurs établissements du 8e  . « Je ne suis ni une figure d’autorité, ni dans le rôle du grand frère. Le médiateur est un tiers impartial, dans l’écoute et le non-jugement. »

Ses missions : prévenir les violences, aider à gérer les conflits, développer les comportements citoyens, éviter le décrochage scolaire. Le médiateur facilite le dialogue entre les élèves, entre les familles et l’établissement, avec les équipes pédagogiques et entre l’établissement et son environnement.

Jeux de bagarres et jeux dangereux, disputes, agressions physiques ou verbales, cyberharcèlement… les problématiques rencontrées sont variées. Mais certains conflits sont d’une telle violence qu’ils relèvent d’autres acteurs pour les gérer, à l’instar de cette surveillante qui s’est fait gifler par un élève devant le portail du collège en décembre.

« Créer du lien social »

Mathieu Maillefert participe parfois à des activités organisées par les professeurs (séance de boxe, atelier slam…) dans l’objectif de « créer du lien social ».

Même objectif dans le cadre de sa mission de présence de proximité dans la cour de récréation ou aux heures de sortie et d’entrée scolaires. Une présence qui se veut également dissuasive ou qui lui permet d’agir en temps réel en cas de microconflits. «  Aucune sanction de ma part, juste un rappel à l’ordre si nécessaire », précise-t-il. 

La gestion de conflits peut aussi se faire en temps différé, comme lors de tables rondes. « Lorsque j’organise une médiation entre élèves, ou même entre élève et professeur, je ne suis pas là pour régler le problème mais pour accompagner à la résolution du problème […] L  a médiation est basée sur le libre consentement de chacun. »

« Les tensions entre élèves sont habituelles »

Les actions de Mathieu Maillefert peuvent autant être une réponse à la demande d’un élève qu’à celle d’un membre du personnel éducatif. « Les tensions entre élèves sont habituelles, raconte Charlotte Maillet, professeur d’anglais au collège Longchambon. Ce matin, un élève a insulté une fille en classe. Elle a répondu. Le ton est monté entre eux. J’ai arrêté le conflit et annoncé qu’on en parlerait après le cours pour éviter l’escalade de tension. En marge du rapport disciplinaire que je dois faire, je pense qu’un accompagnement avec Mathieu serait opportun. » Nouvelle mission pour le médiateur, pour qui « favoriser la volonté de vivre ensemble » résonne comme un leitmotiv.

Arnélia SIMIER

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?